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Belgique

Les centres de contrôle technique belges pas à la pointe pour quantifier les émissions de particules fines

Les centres de contrôle technique belges pas à la pointe pour quantifier les émissions de particules fines
27 févr. 2020 à 17:56 - mise à jour 27 févr. 2020 à 17:562 min
Par A.Gonzalez

Une matinée dans un centre de contrôle technique en région namuroise, c’est un afflux continu de voitures. Parmi celles qui passent le contrôle, il est difficile de savoir si certaines sont polluantes et répondent aux normes actuelles recommandées, notamment dans les zones de basses émissions.

Pour le savoir, en entrant dans le centre, les propriétaires des véhicules sont soumis à un premier test d’opacité des fumées d’échappement. Le contrôleur place un long tuyau sur le pot d’échappement : "L’opacité, cela veut dire qu’on mesure les suies rejetées par les gaz d’échappement. Plus les suies sont noires, plus le test est mauvais. Il faut que la combustion soit bonne", explique Thibault Ninane, Chef adjoint du centre de contrôle technique.

Le premier contrôle est pour Jérôme et son diesel euro 6. Pour que les suies s’échappent, le contrôleur appuie sur la pédale de vitesse pour obtenir le résultat sur un tableau d’affichage. La voiture de Jérôme ne pollue pas, le taux de fumée qu’elle dégage n’est pas élevé et répond aux normes en vigueur. "C’est important pour moi de ne pas polluer et de circuler dans les grandes villes belges et européennes en respectant les normes", explique l’utilisateur.

Deuxième contrôle, cette fois-ci le diesel Euro 5 d’Eliane. Même procédé, mais le résultat est différent. "Malheureusement, le tableau affiche un résultat inscrit en rouge car l’opacité est trop élevée. Pour une Euro 5, on aurait dû avoir une valeur d’1,5, or ici on est à plus de 2. La cliente va devoir faire réviser son véhicule", indique le contrôleur. Eliane ne s’inquiète pas, elle repassera le test "Je vais aller chez le garagiste pour voir ce que je peux faire pour polluer moins, c’est sûr", réagit-elle.

Des tests insuffisants

Avec les filtres à particules actuels, les véhicules devraient être moins polluants. Cependant, cela dépend de l’utilisation du véhicule. Ceux qui effectuent uniquement des petits trajets sont plus polluants, car le pot d’échappement s’encrasse plus vite. Pour ceux qui roulent plus, il y a moins de risques, car les moteurs rejettent moins de suies.

Malgré les résultats, ces tests d’opacités, sont-ils suffisants pour évaluer le taux de pollution émis par un véhicule diesel ? Pour Thibault Ninane, c’est un premier indicateur. "Ici, nous ne vérifions que la suie rejetée par le pot d’échappement. Normalement, on devrait disposer d’un matériel plus performant et de moyens qui nous permettent de calculer plus précisément le nombre de particules émises par le véhicule. Pour l’instant, malheureusement, nous ne disposons pas de l’appareillage", précise le chef adjoint du centre de contrôle technique.

En 2021, les centres de contrôle technique seront tenus de s’équiper d’appareils plus performants. Si votre véhicule est trop polluant, il faudra repasser le contrôle technique belge, mais rien ne garantit réellement que le véhicule diesel n’est pas réellement polluant. Pour les diesels Euros V et 6, les interdictions dans les zones de basses émissions du pays sont prévues pour 2028 et 2030. Les véhicules devront répondre à certains critères. Les plaques d’immatriculations permettront de connaître les voitures habilitées à circuler ou non dans la zone.

Aujourd'hui, il existe une seule façon pour les centres de contrôle technique de mesurer le taux de pollution de certain moteur Diesel.

Particules fines : Contrôles techniques non équipés

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