Economie

Les bourses européennes réduisent légèrement les pertes

Affichage des changes le 18 mai mai 2012 à Tokyo

© Toshifumi Kitamura

18 mai 2012 à 03:50 - mise à jour 18 mai 2012 à 09:19Temps de lecture4 min
Par AFP

"Les agences de notation nous ont habitués à ce genre d'annonces. Elles ne surprennent plus le marché et on voit bien qu'il n'y a aucun effet panique ce matin à l'ouverture", notait Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities.

Jeudi, le couperet des agences est tombé après la fermeture des marchés en Europe: Fitch a abaissé d'un cran la note à long terme de la dette souveraine de la Grèce, à "CCC", et Moody's a sanctionné 16 banques et quatre régions espagnoles.

Vers 10H30 (08H30 GMT), au lendemain d'une séance difficile, la Bourse de Paris reculait de 0,99%, celle de Londres de 0,82%, tandis que Francfort perdait 0,77%. Madrid était en légère baisse de 0,15%.

Selon les analystes, l'attention des investisseurs devrait être davantage retenue par le sommet du G8, hébergé vendredi et samedi par le président américain Barack Obama.

L'ordre du jour sera dominé par la crise de la dette en zone euro, face à laquelle Washington préconise, à l'unisson de certains dirigeants du vieux continent, une politique davantage orientée vers la croissance.

Si les annonces des agences de notation épargnaient les marchés européens, les Bourses asiatiques en ont en revanche fait les frais, plongeant pour certaines de quelque 3% en fin de séance, comme Tokyo (-2,99%) et Séoul (-3,40%). Hong Kong a fini en baisse de 1,30% et Shanghai de 1,44%.

Alors que l'éventualité d'une sortie de la Grèce de la zone euro est envisagée de plus en plus ouvertement ces dernières semaines, Fitch a estimé qu'il existait un "risque accru que la Grèce ne soit pas en mesure de maintenir sa participation à l'Union économique et monétaire".

Le maintien du pays au sein de la zone euro est compromis par la montée en puissance des partis anti-austérité qui pourraient accèder au pouvoir après les prochaines législatives prévues le 17 juin.

Le FMI, bailleur de fond d'Athènes, a annoncé qu'il suspendait ses contacts avec le pays jusqu'aux élections, et qu'il ne travaillerait pas avec le nouveau gouvernement provisoire, nommé jeudi à Athènes pour expédier les affaires courantes.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a de son côté réaffirmé vendredi son souhait de voir la Grèce rester dans la zone euro, ajoutant que "cela présupposait que la Grèce fasse de son côté ce qui est nécessaire" pour connaître "un développement économique plus sain".

En Espagne, Moody's a abaissé jeudi la note des banques d'un à trois crans, avec trois crans pour Santander et BBVA, les deux plus grandes banques du pays, justifiant sa décision par les difficultés de l'économie du pays et du secteur financier en général.

Le taux de créances douteuses des banques espagnoles, principalement des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés, a atteint en mars un nouveau record depuis 1994, représentant 8,37% du total de leurs créances, selon les chiffres publiés vendredi par la Banque d'Espagne.

Moody's a par ailleurs dégradé la note de quatre régions espagnoles, dont la Catalogne alors que Madrid vient d'approuver les plans d'austérité présentés par 16 des 17 régions du pays. Ces plans prévoient 18 milliards d'euros d'économies afin de réduire leur déficit de moitié cette année.

Ces mauvaises nouvelles pénalisaient l'euro qui valait 1,2685 dollar vers 10H30 (08H30 GMT), les investisseurs lui préférant des valeurs jugées plus sûres comme le yen ou le dollar.

Un rejet par la Grèce de ses engagements serait "désastreux"

Les dernières élections en Grèce ont vu la montée en puissance des partis anti-austérité. Leur possible accession au pouvoir après le prochain scrutin prévu le 17 juin pourrait remettre en cause le maintien du pays au sein de la zone euro, perspective qui inquiète les investisseurs. Le Premier ministre sortant Lucas Papademos a prévenu que le rejet des engagements de la Grèce vis-à-vis de ses créanciers, UE et FMI, serait "désastreux".

Le FMI a lui annoncé qu'il suspendait ses contacts avec le pays jusqu'aux élections législatives, et qu'il ne travaillerait pas avec le nouveau gouvernement provisoire, nommé jeudi à Athènes pour expédier les affaires courantes.

En Espagne, Moody's a abaissé jeudi la note de crédit de long terme de 16 banques du pays, à cause des difficultés de l'économie et du secteur financier en général, de son déficit public et d'un "accès restreint aux financements". Les abaissements vont d'un à trois crans, avec trois crans pour Santander et BBVA, les deux plus grandes banques du pays, qui tombent à "A3".

Le pays suscite l'inquiétude des investisseurs qui doutent de sa capacité à réduire son déficit public alors qu'il doit venir en aide à ses régions et à son secteur bancaire, tous deux fragilisés depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. L'Espagne est entrée en récession au premier trimestre 2012.

L'Allemagne ne doute pas de la capacité de l'Espagne à aider ses banques

Une porte-parole du ministère allemand des Finances a toutefois déclaré vendredi qu'il n'y avait "pour le moment pas de raison de douter" de la capacité de Madrid à venir en aide à ses banques sans avoir recours au fonds de secours européen, le FESF.

"Le ministre (espagnol des Finances) a présenté de manière convaincante ses projets" de redressement du secteur bancaire à ses confrères de la zone euro lundi, et "il n'y a pour le moment aucune raison de douter" de la réalisation de ceux-ci, a expliqué cette porte-parole lors d'une conférence de presse régulière du gouvernement.

La déprime n'épargnait pas le marché pétrolier à Singapour, où le baril de "light sweet crude" (WTI) cédait 8 cents à 92,48 dollars dans les échanges matinaux tandis que le baril de Brent de la mer du Nord perdait 53 cents à 106,96 dollars. "Un vent de déprime a pesé lourdement sur les prix du pétrole (...). Les craintes liées aux dettes souveraines (en Europe) expliquent largement une érosion de la confiance dans les perspectives économiques, et donc dans la demande" de pétrole, signalent les analystes de Barclays dans une note.

RTBF avec agences

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