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Santé & Bien-être

Les Belges sont plutôt en bonne santé, mais des disparités régionales et socio-économiques existent

16 févr. 2022 à 05:10Temps de lecture5 min
Par Anthony Roberfroid

Espérance de vie, santé mentale, maladies tel que le diabète, consommation d’alcool ou de tabac… Depuis 2019, Sciensano évalue l’état de santé des Belges. Dans un rapport reprenant les données de 2021 et publié ce lundi, l’Institut scientifique de santé publique constate que les Belges sont plutôt en bonne santé même si cela reste à nuancer. Il en ressort notamment des inégalités sur le plan régional et socio-économique.

Pour la majorité des indicateurs de santé examinés, la Flandre enregistre un meilleur résultat que Bruxelles et la Wallonie.

Les personnes ayant un niveau d’instruction élevé ont généralement une meilleure santé et vivent plus longtemps en bonne santé que les personnes ayant un niveau d’instruction moins élevé.

Une espérance de vie minée par le Covid-19

Alors que l’espérance de vie des Belges avait augmenté au cours de la dernière décennie pour atteindre 81,8 ans en 2019, celle-ci est redescendue à 80,8 ans en 2020 en raison de la crise du coronavirus.

Le rapport précise qu’en 2020, les femmes ont une espérance de vie plus élevée (83,1 ans) que les hommes (78,5 ans).

Des disparités entre les différentes régions ont également été constatées. L’espérance de vie est plus élevée en Flandre (82 ans) qu’à Bruxelles (79,6 ans) et en Wallonie (79 ans).

D’un point de vue socio-économique, les personnes ayant un statut plus élevé vivent plus longtemps. L’écart d’espérance de vie entre le groupe socio-économique le plus élevé et le moins élevé est de 9,3 ans pour les hommes et de 6,3 ans pour les femmes.

L’espérance de vie en bonne santé à 65 ans est en moyenne de 12,5 ans chez les hommes et les femmes. Cela signifie que les Belges vivent en bonne santé et sans incapacité jusqu’à environ 77 ans et demi.

Les maladies cardiaques dans le top 3 des causes de décès

Selon des chiffres de 2018, les trois principales causes de décès chez les hommes étaient :

  • Les cardiopathies ischémiques (manque d’apport d’oxygène au cœur, provoquant infarctus ou angine de poitrine)
  • Le cancer du poumon
  • Les maladies cérébrovasculaires

Pour les femmes, les trois principales causes de décès étaient :

  • Les démences
  • Les maladies cérébrovasculaires
  • Les cardiopathies ischémiques (manque d’apport d’oxygène au cœur, provoquant infarctus ou angine de poitrine)

Les maladies cardiaques et cérébrovasculaires semblent donc être les causes les plus courantes de décès autant chez les femmes que chez les hommes.

En 2020, le nombre de décès a atteint un pic de 127.000 décès, soit une augmentation de 17% par rapport aux dix dernières années. Un effet causé ici par la pandémie de Covid-19.

Les cancers du sein et de la prostate sont les plus fréquents

Les experts de la santé remarquent que le nombre de cancers a augmenté depuis 2006, ce qui s’explique notamment par le vieillissement de la population. Néanmoins, une fois la correction sur l’âge établie, la proportion de cancer dans la population n’a augmenté que chez les femmes.

En 2019, le cancer le plus fréquent chez les femmes était le cancer du sein. Du côté des hommes, le cancer de la prostate est le plus commun. Viennent ensuite le cancer du poumon et colorectal dans les deux groupes.

Un Belge sur quatre souffre d’une maladie chronique

Plus d’un Belge sur quatre (29%), âgé de 15 ans et plus, indique souffrir d’au moins une maladie chronique d’après des chiffres de 2018. Ce pourcentage tend également à s’accentuer avec l’âge puisqu’au-delà de 75 ans, cette proportion atteint 44%.

L’étude monte également que les femmes sont plus fréquemment touchées que les hommes (31% contre 27%).

Les 6 maladies chroniques les plus rapportées sont les problèmes au bas du dos, l’hypercholestérolémie, l’hypertension, les allergies, l’arthrose et les problèmes au niveau du cou.

La santé mentale fortement impactée par la pandémie

La crise du coronavirus, l’isolement et les différents confinements ont eu un impact important sur la santé mentale des Belges. Une augmentation de l’anxiété, de la dépression ainsi que des pensées et tentatives suicidaires a été observée et ce, principalement chez les jeunes.

En juin 2021, une jeune sur six, âgé de 18 à 29 ans, a déclaré avoir sérieusement envisagé le suicide au cours de l’année écoulée.

Les Belges fument et boivent moins qu’auparavant

Selon des chiffres de 2018, seuls 15% des Belges ont indiqué fumer tous les jours. Un chiffre en nette baisse alors qu’en 1997, les fumeurs quotidiens représentaient environ 25% de la population.

Les hommes sont plus enclins à fumer quotidiennement (18%) que les femmes (12%). La proportion de fumeurs quotidiens est aussi plus élevée en Wallonie (18%) qu’à Bruxelles (16%) et en Flandre (13%). L’étude montre également que les personnes les moins diplômées ont plus tendance à être des fumeurs quotidiens que les personnes les plus diplômées.

Les experts notent aussi que les jeunes sont de moins en moins attirés par la cigarette. La proportion de fumeurs quotidiens chez les jeunes (15-24 ans) est passée de 17% en 2013 à 11% en 2018.

Du côté de la consommation d’alcool, le Belge boit moins qu’auparavant mais sa consommation reste toujours élevée. En 2019, la consommation moyenne dans notre pays était estimée à 10,8 litres d’alcool pur par an.

La proportion de personnes déclarant avoir une surconsommation d’alcool (plus de 21 verres par semaine pour les hommes ou plus de 14 verres pour les femmes) diminue avec le temps. 7,4% des hommes et 4,3% des femmes de plus de 15 ans ont indiqué avoir une consommation excessive.

Du côté des consommations excessives occasionnelles, 7,6% des Belges de 15 ans et plus ont indiqué avoir une consommation à risque de manière hebdomadaire (au moins six boissons alcoolisées en une seule occasion). Ce chiffre est plus élevé chez les jeunes : il atteint 10% chez les 15 - 24 ans.

Plus de la moitié de la population Belge est en surpoids

Selon des chiffres de 2018, 55% de la population belge âgée de 18 ans et plus était en surpoids (IMC ≥ 25), et 21% était obèse (IMC ≥ 30). Une caractéristique plus fréquente en Wallonie et chez les personnes avec un faible niveau d’instruction.

Parmi les adolescents, ils sont 15% à être en surpoids (obésité incluse).

D’après l’étude de Sciensano, les Belges consomment trop de viande rouge, de viande transformée ainsi que trop de boissons sucrées. Ils ne mangent pas assez de fruits, de légumes, de noix et de graines, de lait, d’œufs et de poisson.

D’après des chiffres de 2018, seulement 12,7% de la population de 6 ans et plus consommait quotidiennement cinq portions de fruits et légumes.

Les femmes sont celles qui respectent le plus la consommation conseillée de fruits et légumes. À Bruxelles, elles sont 19,2% contre 13,3% pour les hommes. En Wallonie, elles sont 18% contre 12,5% des hommes et en Flandre, elles sont 14,7% contre 8,7% des hommes.

L’Etude indique également que 20,4% de la population boit chaque jour des boissons sucrées, avec même 4,1% de la population qui a une consommation de plus d’un litre par jour.

Les personnes ayant l’alimentation la plus saine sont principalement les femmes et les personnes âgées. Les personnes avec un niveau d’enseignement supérieur et habitants à Bruxelles ont aussi tendance à avoir des habitudes alimentaires plus saines.

Seulement 30% de la population fait 150 minutes d’activité physique par semaine

D’après des chiffres de 2018, moins d’un adulte Belge sur trois (30%) respectait les recommandations de l’OMS en ce qui concerne l’activité physique (pratiquer au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine).

Selon l’étude, 36% des hommes respectent les recommandations, contre 25% des femmes.

Pour ce qui est des jeunes de 11 à 17 ans, seulement 20% des garçons et 17% des filles respectaient les recommandations de l’OMS (qui préconise dans ce cas de pratiquer au moins 60 minutes d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse par jour).

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