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Les Belges sont en bonne santé, mais suicide et cancers sont des points d'attention

Les Belges sont en bonne santé, mais suicide et cancers sont des points d'attention
23 févr. 2019 à 14:02 - mise à jour 27 févr. 2019 à 11:033 min
Par RTBF avec Belga

Globalement, les Belges sont en bonne santé. Si l'espérance de vie augmente régulièrement en Belgique depuis des décennies, plusieurs indicateurs sont toutefois préoccupants, notamment ceux relatifs au suicide, au cancer du poumon et aux maladies cardiaques chez les hommes alors que les femmes sont principalement affectées par le cancer du sein, le cancer du poumon et le suicide. Le Belge pourrait avoir un mode de vie plus sain s'il fumait moins et réduisait sa consommation d'alcool, s'il avait une meilleure alimentation et s'il pratiquait plus d'activité physique, selon "Health Status Report", le rapport à grande échelle de Sciensano, l'Institut belge pour la santé, publié vendredi.

C'est la première fois que Sciensano propose un rapport d'aussi grande envergure. "La particularité de ce dernier est qu'il regroupe les résultats d'autres études", a expliqué Daisy Tysmans de Sciensano. Le rapport combine des données différentes, ce qui permet d'évaluer la santé des Belges sur différents aspects. Les chiffres de 2018, pas encore connus, n'ont pas été inclus.

"Les Belges sont relativement en bonne santé mais avec des points d'attention", a indiqué Brecht Devleesschauwer, épidémiologiste chez Sciensano. "On est en meilleure santé de manière générale que la moyenne européenne mais en ce qui concerne l'espérance de vie, c'est assez mauvais."

Causes de mortalité prématurée

Si l'Institut Sciensano a particulièrement détaillé les causes de mortalité prématurée, c'est parce que des politiques de santé publique pourraient être mises en place pour éviter que les gens ne meurent trop tôt. Les trois causes de décès les plus fréquentes 'avant 75 ans' chez les hommes sont – dans l'ordre- le cancer du poumon, les cardiopathies ischémiques(maladies coronariennes) et le suicide. Mais c'est le suicide qui cause le plus grand nombre d'années de vie perdues, parce que " le suicide arrive en moyenne plus tôt, et qu'il a donc davantage d'impact sur les années de vie perdues avant 75 ans, et ce, même s'il touche moins de gens que le cancer du poumon", explique Françoise Renard, épidémiologiste chez Sciensano.

Chez les femmes, c'est le cancer du poumon, suivi par le cancer du sein et les cardiopathies ischémiques.

Causes de mortalité générale

Elles ne sont pas détaillées dans le rapport, mais Sciensano nous les a listées. "Les deux premières causes de décès " tous âge confondus " chez les hommes sont les cardiopathies ischémiques et le cancer du poumon. Chez les femmes, les deux premières causes de décès " tous âge confondus " sont les maladies cérébro-vasculaires et la démence", détaille Françoise Renard.

La Flandre en meilleure santé

Il existe des différences assez nettes en fonction des régions. La Flandre est un meilleur élève que la Wallonie et Bruxelles. Des disparités apparaissent également en fonction du statut économique et social. Par exemple, la différence d'espérance de vie en bonne santé entre les personnes très scolarisées et peu scolarisées atteint 10 ans chez les hommes et 13 ans chez les femmes.

Comment expliquer ces différences entre le Nord et le Sud du pays? Le rapport ne l'explique pas. "Le rapport que nous avons publié n’a pas essayé d’expliquer la raison de ces différences. Des études plus approfondies sont en effet nécessaires pour répondre à cette question : il n’est pas possible d’expliquer des différences entre régions sur la seule base de quelques variations des styles de vie. Il faut savoir en effet qu’il y a beaucoup d’autres facteurs qui sont susceptibles d’influencer l’état de santé au niveau d’une population. Il y a notamment les différences macro-économiques (bien présentes) mais aussi d’autres facteurs qui nous n’avons pas étudié dans le présent rapport (par exemple, pollution atmosphérique, des différences socio-économiques individuelles, les politiques de santé, etc….)", explique Françoise Renard.

Health Status Report met en lumière cinq thèmes: l'espérance de vie et sa qualité, la mortalité et les causes de décès, les maladies non transmissibles, les déterminants de santé et les inégalités de santé. Il a été créé à la demande de la ministre fédérale de la Santé. Maggie De Block s'est réjouie de cet outil grâce auquel "nous avons maintenant une idée de l'état de santé des Belges. Ce suivi permanent nous permettra de définir des politiques de santé adaptées aux besoins actuels".

Health Status Report a collecté les données notamment de l'Enquête de santé, de Statbel, de la Fondation Registre du Cancer et de l'Enquête nationale de consommation alimentaire.

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