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Belgique

"Les autorités devraient pouvoir fournir des autotests" estime Leîla Belkhir, infectiologue aux cliniques Saint-Luc

20 déc. 2021 à 21:31 - mise à jour 20 déc. 2021 à 21:37Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Un nouveau Comité de concertation se réunira ce mercredi 22 décembre pour examiner l’évolution de la pandémie de Covid-19 en Belgique. Si les principaux indicateurs poursuivent leurs baisses, des inquiétudes planent avec le variant Omicron. Pour faire le point sur la situation sanitaire, QR l’actu a reçu Leïla Belkhir, infectiologue aux cliniques universitaires Saint-Luc et Marius Gilbert, épidémiologiste à l’ULB.

Variant Omicron dangereux ?

Leïla Belkhir refuse de céder à la panique face à ce variant mais se dit en tout cas inquiète parce qu’il est particulièrement contagieux :"On observe dans certains pays que le nombre de cas augmente très fortement mais on ne connaît pas encore sa sévérité". Pour l’infectiologue, il faut rester vigilant car on ne connaît pas encore l’impact que pourra avoir ce variant sur notre système de soins.

Marius Gilbert précise pour sa part qu’il nous manque des données pouvoir tirer des conclusions épidémiologiques précises : "Par rapport aux autres variants (alpha et delta), l’omicron se propage beaucoup plus rapidement, ce qui nous a empêchés d’avoir des données précises avant qu’il se propage chez nous. Les données préliminaires concernant la mortalité en Afrique du Sud sont plutôt encourageantes mais à l’inverse on ne sait pas si ces données vont se confirmer dans une population où la moyenne d’âge est sensiblement différente. Et puis même si la mortalité de ce variant est plus faible, il faudra voir si cela va réellement compenser la transmissibilité qui est beaucoup plus forte".

Quid des fêtes ?

L’infectiologue de Saint-Luc ne veut pas présager de ce qui se décidera au codeco de mercredi et ajouter de la confusion. Pour elle, il est essentiel que chacun prenne ses responsabilités en aérant, en se testant avant de se voir :"L’autotest est un outil intéressant mais qui a un frein, c’est son coût. Le test PCR coûte 40 euros mais vous êtes remboursés, l’autotest coûte moins cher mais n’est pas remboursé. Le gouvernement devrait faire un geste et tout mettre en place pour que la population prenne ses responsabilités et puisse se tester" Leïla Belkhir ajoute qu’un détecteur de CO2 est également un outil intéressant et là encore elle estime que les autorités devraient pouvoir en fournir à tous les foyers.

Qui doit décider ?

Pour certains, le fait que les conseils ou recommandations des experts scientifiques ne sont pas toujours suivis par les décideurs politiques, est un problème. Alors faut-il que les scientifiques décident à la place des responsables politiques ? Pour Marius Gilbert, les scientifiques n’ont pas la légitimité de prendre ce genre de décision. Ils n’ont pas été élus par la population. "Le fait que les décideurs politiques s’écartent parfois des recommandations des scientifiques s’explique par le fait qu’ils ont des équilibrages à faire avec de multiples enjeux sociétaux. Personnellement, je trouve ça normal dans le fonctionnement d’une démocratie. Et l’inverse serait de basculer dans une forme de technocratie. Ce qui est essentiel, c’est un rapport suffisant de confiance entre les scientifiques et les responsables politiques".

 

 

 

 

 

 

 

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