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Les applications santé : danger ou révolution ?

Les applications santé : danger ou révolution ?
19 juil. 2018 à 15:21 - mise à jour 19 juil. 2018 à 15:212 min
Par RTBF La Première

Les téléphones sont transformés en appareil de mesure en puissance. Il y a des applications pour tout: les pas effectués en une journée, le temps passé assis, les calories de nos différents repas ou encore la fréquence des cycles menstruels. La collecte de ces données peut se transformer en vrai jeu. Des usagers se fixent des objectifs à atteindre tandis que pour d'autres, ça leur permet de se rassurer sur leur état de santé.

Mais que deviennent ces données ?

Si ces données intéressent les usagers, elles sont aussi utiles pour d'autres organismes. Qu'ils soient privés ou publics, ils sont tous friands de ce genre d'informations privées. Pour la recherche et la santé publique d'abord, c'est une opportunité de faire avancer les recherches scientifiques. Cela pourrait révolutionner la compréhension de certaines maladies grâce au big data. 

Mieux vaut prévenir que guérir

En ayant une meilleure vision de son état de santé général, les usagers pourraient plus facilement s'auto-réguler. On pourrait s'améliorer sois même, améliorer son mode de vie. Ce serait la meilleure prévention qui soit pour la santé publique, et qui dit prévention dit économie de soins de santé ! De plus, les questionnaires que l'on doit remplir avant une consultation pourraient être supprimées pour laisser place aux données que l'on aura recueillies au fur et à mesure. Des informations plus précises pour un meilleur diagnostic.

Quels revers ?

Le problème, s'il en est un, c'est que ces applications sont créées par des fabricants privés. Ils peuvent établir des partenariats avec des universités pour la recherche. C'est le cas par exemple de "Clue", une application sur les cycles menstruels créée par une start-up berlinoise. Pour être exploitées, ces données sont également acquises par les groupes pharmaceutiques. Leur but est de faire évoluer la recherche certes, mais on connait également les problématiques liées à l'industrie pharmaceutique : le fameux lien entre recherche médicale et profit.

Quel revers pour la santé publique ?

Si on se projette dans une dystopie à la "Black Mirror", on pourrait imaginer qu'en quantifiant nos données et en les liant avec notre identité, on pourrait avoir des pénalités si on ne fait pas attention à notre hygiène de vie, voire un non remboursement des soins. On en est pas encore là. Les calculs ne sont pas encore sûrs. Les entreprises pharmaceutiques ont collecté de nombreuses données, mais elles en sont pas encore capables de les faire parler. Ce n'est pas tout d'avoir des données, il faut pouvoir les croiser, les analyser de la bonne manière. Les algorithmes faits sont encore en cours de création. Une question se pose alors, veut-on faire confiance aux acteurs du secteur ? De leur fournir plus de renseignements possibles pour faire progresser la médecine, sans savoir si nos données vont être utiles voir fiables ?

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