Le Jardin extraordinaire

Les ânes de Pontisse

ânes de Pontisse

© Isabelle Masson-Loodts

23 févr. 2014 à 19:45Temps de lecture2 min
Par Michel Gretry

Le destin des lieux de guerre est parfois surprenant. En août 1914, le fort de Pontisse, sur les hauteurs de Liège, subit d'intenses bombardements... Le calme qui règne aujourd'hui à l'abri de ses murs épais contraste avec l'enfer de l'époque.

Comme de nombreux autres animaux, les ânes ont payé un lourd tribut lors de la première guerre mondiale. Presque 100 ans plus tard, quelques ânes ont trouvé refuge dans l'ancien fort de Pontisse, près de Liège.

L'équipe du Jardin Extraordinaire tient particulièrement à remercier :

- le Musée royal de l'Armée et d'Histoire mililtaire de Bruxelles, son Directeur général, Monsieur Dominique Hanson et Madame Sandrine Spmets, Attachée Première Guerre mondiale, pour ses précieuses recherches d'images d'archives concernant des animaux et pour leur mise à disposition dans le cadre de l'émission.

- Monsieur et Madame Houzeau de Lehaie pour la mise à disposition de leurs archives familiales

- la ville de Mons pour la mise à disposition de photos d'archive du cimetière de Saint Symphorien et de documentation au sujet de ce lieu de mémoire.

- Monsieur Christophe Beck, pour les images de mulets issues de sa collection personnelle.

 

Texte : Isabelle Masson-Loodts

âne de Pontisse
âne de pontisse

Les hôtes actuels du fort nous rappellent que des milliers d'animaux ont payé un lourd tribut lors de la première guerre mondiale.

Avec les chevaux, les chiens, les pigeons, les ânes et les mulets ont été mobilisés dès le début des hostilités. Ils ont acheminé sur leur dos du matériel, des munitions et de la nourriture jusque sur la première ligne du front. Ils en repartaient parfois chargés de blessés.

Grâce à leur petite taille et leur agilité, ils trottaient sur les terrains bouleversés par les bombardements, et parvenaient à se faufiler dans les boyaux...

On raconte qu'on leur tranchait la lèvre supérieure pour les empêcher de braire, et garantir leur discrétion face à l'ennemi. Ces agents très spéciaux n'ont pas seulement souffert de ces mutilations. Nombre d'entre eux sont tombés sur les champs de bataille.

Près de cent ans plus tard, les ânes de Pontisse vivent des heures plus paisibles. L'association Anim'ânerie s'est installée dans le fort et les pâtures alentours. Les anciens casernements font office d'étable. Des bénévoles attentionnés veillent au bien-être d'une dizaine d'ânes qui ont trouvé refuge ici après avoir été abandonnés ou maltraités... Selon un dicton, "l'âne garde longtemps un coup de pied à son maître". Ceux de Pontisse nous démontrent pourtant que l'animal n'est ni rancunier, ni têtu, et encore moins égoïste... Ici les ânes rendent encore service aux hommes, permettant aux plus jeunes et à ceux qui n'ont pas été gâtés par la vie de trouver la sérénité à leur contact. Curieux et intelligents, les ânes sont des animaux très sociables. Leur vie collective se caractérise par une grande tolérance. Quand deux ânes ne s'entendent pas, il arrive au pire qu'ils se poursuivent ou s'élancent l'un vers l'autre. Mais la plupart de leurs conflits se règlent d'un discret balancement de tête, d'une menace de morçure ou d'un coup de sabot par terre. Si seulement on pouvait en dire autant de l'espèce humaine...

l'Anim'Anerie organise des activités avec des ânes durant toute l'année, entre autres destinées aux personnes handicapées.

sujet : ânes de Pontisse

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