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Les alertes météo sont de plus en plus fréquentes, mais pas toujours confirmées : un excès de prudence de la part de l’IRM ?

© Getty Images

Ce mercredi matin, l’Institut royal météorologique (IRM) décidait de placer la Belgique en alerte jaune pour les fortes pluies, et même orange pour la majorité du territoire wallon, dès 8 heures ce mercredi et jusqu’à 2 heures du matin jeudi.

En prenant cette décision, l’IRM "a clairement choisi la prudence en activant les alertes en se basant sur les modèles les plus pessimistes", soulignait dans la foulée Denis Collard sur le site Info de la RTBF. Ceci alors que les plus fortes précipitations ne touchaient que le nord du pays.

L’IRM se veut-elle davantage prudente depuis les inondations de l’été 2021 ?

Pour notre monsieur Météo, "vu de l’extérieur, j’ai l’impression que dans ce cas-ci on active plus vite l’alerte, dans un souci de bien faire." Reste qu'il ne faudrait pas que le public s'en lasse et n'en tienne plus compte.

Mais il précise : "Maintenant, cela reste un sentiment parce que l’on peut répondre à ça que les phénomènes météorologiques deviennent de plus en plus extrêmes, et donc forcément les seuils d’alerte sont rencontrés plus fréquemment".

Du côté de l’IRM, David Dehenauw, responsable du bureau du Temps, interrogé par Thierry Vangulick, rappelle que ces alertes sont lancées sur base de critères bien précis : "On a des critères de précipitations qui sont établis par couleur et les critères doivent être rencontrés sur au moins un quart des provinces avec une probabilité de 65%. Donc si les critères sont rencontrés, on lance la couleur par province.".

Mais évidemment, ce n’est pas toujours facile (comme pour ce mercredi) et il reconnaît qu’il peut y avoir des erreurs : "On peut se tromper de province, par exemple. Dans ce cas, ce sera peut-être celle d’à côté. Mais en général, on a toujours quand même des statistiques sur les avertissements, et dans 80 à 90% des cas, ils sont justifiés".

Comment expliquer ce manque de précision ?

Cela s’explique selon David Dehenauw par le fait que les modèles ne sont pas toujours d’accord entre eux. Il faut donc les comparer et quand bien même, les précipitations les plus intenses, comme les orages sont plus difficiles à localiser. Et cela, malgré les radars de précipitations et les pluviomètres.

"Aujourd’hui, par exemple, c’est un front qui ondule sur le pays. Donc, cela bouge un peu vers le nord et ça bouge un peu vers le sud. Cela complique les choses", explique-t-il. D’autant que "la Belgique n’est pas un pays très large", ce qui complique aussi parfois les choses.

Denis Collard précise également que les prévisions météorologiques sont encore plus compliquées à prévoir quand la variabilité augmente et que des phénomènes un peu plus extrêmes se produisent de plus en plus fréquemment : "Les inondations en 2021, c’est un phénomène de goutte froide. Ici, on a des remontées du sud de l’Europe parce qu’il y a des restes de l'ouragan Daniel, qui était au large du Portugal ; et on va composer dans trois jours avec des températures froides parce que, tout d’un coup, on va se retrouver dans un courant de nord-ouest. Donc cela reste assez compliqué. Dans des situations pareilles on navigue un peu à vue. On observe et on réajuste en fonction."

Cela va s’améliorer

Si dans l’immédiat, il ne faut pas s’attendre à de grands changements, le système de prévision étant un système européen, "les prévisions vont encore s’améliorer et les modèles de prévision aussi", affirme le responsable au bureau du Temps de l’IRM.

Pour David Dehenauw, d’ici la fin de la décennie, il sera possible de lancer des alertes communales : "On le fait déjà, mais ce ne sont pas vraiment des alertes, mais des notifications sur notre application smartphone 10 à 20 minutes avant l’arrivée d’un fort orage, par exemple. Mais ce n’est pas vraiment une alerte du bureau du Temps, c’est sur base de nos systèmes radars (radar foudre, radar précipitations) et qui fonctionnent assez bien. Mais nous ne sommes pas en mesure aujourd’hui de lancer une alerte communale 2 heures ou 3 heures à l’avance."

Cela devrait être le cas à l’avenir. Aujourd’hui, l’IRM a, dit-il, déjà amélioré sa communication en collaborant quotidiennement avec le service hydrologie, les régions et les différentes personnes sur le terrain.

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