RTBFPasser au contenu

Semaine du livre

Les 4 coups de cœur littéraires belges de quelques chroniqueurs de La Première

Les 4 coups de cœur littéraires belges de quelques chroniqueurs de La Première

A l'occasion de la Semaine du Livre, les animatrices et animateurs de La Première partagent sur les ondes et sur les réseaux sociaux leurs coups de coeur littéraires : des romans, des essais, des livres pour enfants qui sont parfois récents et parfois vieux de quelques décennies.

Parmi les ouvrages sélectionnés, 4 livres dévoilent le riche foisonnement littéraire de la Belgique. Voici donc les coups de coeur belges de Cindya Izzarelli, Thierry Bellefroid, Charlotte Dekoker et Jean-Pol Hecq.

Le choix de Cindya Izzarelli : "Le Rempart des Béguines" de Françoise Mallet-Joris

Un roman fort, que Cindya Izzarelli présente avec ces mots:

"Françoise Mallet-Joris c'est cette immense autrice belge, membre de l'Académie Goncourt et membre de l'académie littéraire belge. "Le Rempart des Béguines" est son tout premier roman qu'elle écrit à l'âge de 19 ans, une prouesse quand on connaît le sujet qui est assez sulfureux pour l'époque. C'est l'histoire d'Hélène, 15 ans, qui s'ennuie dans sa petite ville de campagne à l'aube de l'été, et qui va tomber profondément amoureuse de Tamara, la maîtresse de son propre père. Elles vont vivre ensemble une histoire passionnelle, très compliquée, adultère et secrète - une histoire pour laquelle la petite ville bourgeoise de campagne n'est absolument pas prête. C'est un roman qui a fait scandale à l'époque, qu'elle a du publier sous un nom de plume. C'est un roman qui reste incroyablement moderne, très sensible, très précis dans la description des tourments de l'âme d'une jeune adolescente. C'est un roman que je vous recommande parce qu'il fait écho aux thématiques féministes d'aujourd'hui." 

Le choix de Thierry Bellefroid : "Une ascension" de Stefan Hertmans

Un roman très personnel, traduit du néerlandais par Isabelle Rosselini, et défendu par Thierry Bellefroid : 

"J'ai envie de vous parler d'un livre extraordinaire, d'un auteur flamand, Stefan Hertmans, qui est un poète, dramaturge et essayiste et romancier. On avait adoré il y a quelques années "Guerre et Térébenthine", où il racontait l'histoire de son grand-père. Eh bien cette fois, il raconte l'histoire de sa maison, une maison qu'il a acheté en 1979, à Gand, dans un quartier assez populaire, et qui s'avère être une maison hantée. Hantée par quoi ? Par le souvenir d'un collaborateur. Mais Stefan Hertmans ne veut pas le voir lorsqu'il habite cette maison. Il faut qu'en 2001, le fils de ce collaborateur, son ancien prof d'histoire, publie lui-même un livre sur le fait qu'il est né dans cette maison et qu'il a eu un père collabo. Et là, Hertmans se dit "Moi aussi je dois raconter cette histoire". Il se lance à la poursuite de tous les témoignages, à la quête de tous les documents, et il va nous proposer un roman total. C'est un roman sur l'ascension d'un homme quin après une blessure narcissique dans l'enfance va se retrouver propulser dans un appareil de pouvoir et en profiter. C'est aussi un roman sur cette famille, puisque la femme de cet homme, elle, est pacifiste et oblige son mari à enlever son uniforme nazi en rentrant dans la maison. C'est le roman d'une famille, c'est le roman du mouvement nationaliste flamand, c'est le roman d'un pays : la Belgique. Magnifique."

Le choix de Charlotte Dekoker : "L'apparence du vivant" de Charlotte Bourlard

C'est un roman paru aux éditions inculte qu'a choisi Charlotte Dekoker :

"Il y a un livre qui récemment m'a retourné, par sa folie, par son suspense, par son humour, c'est "L'apparence du vivant" de Charlotte Bourlar. Un premier roman, punk, écrit par une Belge, l'histoire d'une jeune photographie qui prend des photos de nu de personnes âgées et qui va s'installer chez un couple de très vieilles personnes, qui vivent dans un funérarium. Avec Madame, elles vont faire les 400 coups. La vieille va notamment l'initier à la taxidermie. Et si je vous dis que c'est un polar, vous vous imaginez que ces histoires de taxidermie ont un vrai potentiel sanglant. Mais je ne vous en dit pas plus ! C'est à un livre à la fois beau et dérangeant, sur une relation hors du commun qui à quelque chose à voir avec l'amour. 

Le choix de Jean-Pol Hecq : "Le père que tu n'auras pas" de Luc Leens

Ce n'est pas un roman, mais une série de nouvelles que défend Jean-Pol Hecq :

" "Le père que tu n'auras pas", c'est le titre de ce recueil de nouvelles due à la plume alerte de Luc Leens, dont c'est la première publication. En une douzaine de petits textes joliment troussés s'y déploie presque toute la gamme imaginable des relations entre père et fils ou entre mère et fille, qui comme on le sait ne sont pas toujours les plus apaisés. On est ici dans un naturalisme contemporain. De l'émotion à la pelle, un zeste d'humour, un bouquet garni de nostalgie, et voilà sans doute l'un des recueils les plus frais du moment. "

Sur le même sujet

17 mars 2022 à 10:23
6 min

Articles recommandés pour vous