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'L’ennemi' de Stephan Streker, toute ressemblance avec des faits réels…

'L’ennemi' de Stephan Streker, toute ressemblance avec des faits réels…

Stephan Streker prend son temps. Quatre longs métrages depuis 2004. Le temps de la réflexion, pour serrer au plus près l’âme de ses personnages. Son précédent film ‘Noces’ a reçu un excellent accueil international, distribué dans vingt-cinq pays. ‘L’ennemi ’ sort sur les écrans ce mercredi, avec Alma Jodorowski et Jérémie Rénier pour incarner à l’écran un couple passionnel qui connaîtra une issue dramatique.

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Inspiré par l’affaire Wesphael

Le scénario est librement inspiré de l’affaire Wesphael survenue en 2013. Pour rappel, Bernard Wesphael a été soupçonné de l’assassinat de son épouse Véronique Pirotton dans un hôtel à Ostende. Immédiatement placé sous mandat d’arrêt par un juge d’instruction de Bruges, il restera en détention préventive, jusqu’au procès en 2016. Bernard Wesphael est alors acquitté au bénéfice du doute.

Jérémie Rénier incarne un homme politique installé, Alma Jodorowski la femme dont il est follement amoureux, les deux s’enfoncent dans une relation extrême. Avec un troisième personnage : l’alcool. La jeune femme perd la vie dans des circonstances troubles.

Dans la réalité, le doute justifie l’acquittement. Stephan Streker le place au centre de sa fiction. Il choisit de ne pas visualiser les circonstances de la mort de son héroïne. ‘L’art cinématographique est l’art du hors champ et de l’ellipse’. Le jugement moral est laissé au spectateur. Il l’explique à Jérôme Colin dans l’émission ‘Entrez sans frapper’ :

Mon ambition dans les films que je fais c’est de porter un regard, et de laisser le jugement moral au spectateur. Il faut à mes yeux laisser le spectateur intelligent et libre."

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Le cinéma de la solitude

Il poursuit en décrivant comment il a orienté la trame du film : " J’étais plus intéressé par son rapport avec lui-même […] Il y a tout un pan du cinéma qui s’intéresse aux rapports entre les gens, mais il y a aussi un pan qui s’intéresse au rapport de soi à soi, le cinéma de la solitude. ‘Taxi driver’, ‘Macadam cowboy’ par exemple. Je m’intéresse à comment il vivait cette situation, entouré par un magma qui lui tombe dessus, mais c’est plus lui qui m’intéresse que le magma. "

Alma Jodorowsky, l’âme de la victime

Alma Jodorowsky n’avait pas connaissance de l’affaire avant de recevoir le scénario de Stephan Streker. Il a demandé à ses deux acteurs principaux de ne pas se documenter. Elle a donc abordé l’histoire comme une fiction : " Le film est construit de telle manière qu’il embrouille le spectateur, notre point de vue change tout le temps, avec tous les flash-back, avec cette temporalité labyrinthique, on est assez perdu. Le film n’apporte pas de réponse sur la culpabilité, il dessine plusieurs pistes et nous sommes plus ou moins sensibles à une piste ou une autre. "

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‘Même si je n’ai rien fait dans cette chambre, je ne suis pas sûr que cela fasse de moi un innocent’

Coupable ou non coupable, là n’est pas la question. Le drame psychologique est abordé avec subtilité et nuance. Le réalisateur explique : " Je pense que c’est la responsabilité du cinéma de ne pas tomber dans la polarisation. Avec les réseaux sociaux, c’est #coupable, #innocent. #Pour, #contre. #oui, #non. Si le cinéma, en une heure quarante-cinq, avec tout ce que l’on convoque : l’image, le son, le temps, ne respecte pas la complexité, le mystère, les articulations, c’est vraiment désespérant.

Tous les films qui m’ont intéressé sont des films qui ont érigé le doute et le questionnement en valeurs. Même dans la vie, la question est plus intéressante que la réponse, pour une raison simple : la question ouvre là où la réponse ferme"

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The Intrigue, 1890. Found in the collection of the Royal Museum of Fine Arts, Antwerp. Artist Ensor, James (1860-1949). (Photo by Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images)

‘L’ennemi’ c’est aussi un film très belge. Stephan Streker magnifie la ville d’Ostende, et avec une mise en image onirique, il rend un bel hommage à son artiste préféré, James Ensor.

Stephan Streker et Alma Jodorowsky pour le film "L'ennemi"

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Stephan Streker s’empare de l’affaire Wesphael

Extrait c'est du belge du 21.01.22

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