Belgique

L’énergie coûte trop cher : les acteurs culturels et les étudiants des écoles d’art se mobilisent

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28 nov. 2022 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Jean-François Noulet

Le collectif citoyen Trop is te veel organisera début décembre une manifestation nationale à Bruxelles pour dénoncer les difficultés auxquelles les acteurs de la culture font face à cause de la hausse des prix de l’énergie. En attendant cette manifestation ce sont les membres bruxellois de ce collectif qui vont attirer l’attention sur leur situation ce lundi 28 novembre. Etudiants des écoles d’art et représentants du secteur culturel se rassembleront au Mont des Arts ce lundi soir.

Des acteurs culturels au ralenti ou paralysés à cause de la flambée des prix de l’énergie

Nombre de lieux culturels et d’Écoles Supérieures des Arts ne pourront survire à la crise énergétique sans blocage des prix de l’énergie. Le secteur, déjà affecté par la crise sanitaire, doit affronter celle qu’il appelle "la crise de trop".

Dans son communiqué, le collectif Trop is te veel explique que des lieux culturels ont dû annoncer la fermeture de leurs portes, d’autres se voient obligés de faire des économies sur d’autres enveloppes : personnel, déplacements, bureaux et ateliers sous-chauffés car les factures d’énergie deviennent impayables. "On a rassemblé des témoignages assez édifiants", explique Antoine Giet, comédien et membre du collectif Trop is te veel à Bruxelles. Et de donner l’exemple des peintres et artistes plasticiens. "Cela leur demande déjà d’avoir un atelier à eux. Cela demande déjà un surcoût. Ces gens se retrouvent à devoir chauffer. On a des témoignages de plasticiens qui travaillent dans le froid le plus total", explique Antoine Giet. "On n’imagine un peintre qui tient un pinceau avec des gants", ajoute-t-il.

La situation est aussi compliquée pour les institutions telles que les théâtres. Les plus grands ont à présent des factures d’énergie qui ont augmenté de plusieurs centaines de milliers d’euros. "Plein d’autres petites structures nous parlent d’augmentations de 30.000 euros ou de pas loin de 100.000 euros, cela varie selon la taille des institutions", explique Antoine Giet. Cet argent n’ira pas dans la création artistique. "30.000 euros, dans un petit théâtre, c’est le prix d’un grand spectacle qui va se jouer pendant un mois, qui va être répété pendant un mois, avec une dizaine de personnes qui vont travailler dessus pendant presque deux mois, avec une scénographie, avec des centaines de personnes qui vont le voir", explique Antoine Giet.

Les étudiants des écoles d’Art se joignent au mouvement

Représentés par la FEF, la Fédération des Etudiants francophones, les étudiants des écoles d’Art se joignent au mouvement. Là aussi, l’augmentation des factures d’énergie se répercute sur les conditions d’études. Dans des bâtiments scolaires déjà souvent mal en point, humides et mal isolés, les économies de chauffage sont difficiles à encaisser. "En fait, les étudiants ont beaucoup trop froid et ne peuvent pas étudier dans de bonnes conditions", explique Emila Hoxhaj, présidente de la FEF. "Avant la crise énergétique, ils étaient déjà dans une situation très compliquée. Maintenant, avec la crise énergétique, cela devient encore plus difficile", ajoute la présidente de la FEF.

La FEF rappelle au passage le sous-financement des écoles d’Art. "Cela fait des années, par exemple que le Conservatoire Royal de Bruxelles dénonce l’état de ses infrastructures", explique Emila Hoxhaj. "Comment va-t-on jouer du piano avec des gants ? Comment va-t-on pouvoir peindre ?", se demande la présidente de la FEF.

Autant de raisons pour lesquelles le collectif Trop is te veel demande un plafonnement des prix de l’énergie.

Sur le même thème : Extrait JT (16/11/2022)

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