Leila Shahid: "C'est une reconnaissance de l'humanité des Palestiniens"

Leila Shahid, déléguée générale de l'Autorité palestinienne auprès de l'Union européenne, et désormais cheffe de mission de Palestine à Bruxelles

© STEPHAN AGOSTINI - Belga-AFP

30 nov. 2012 à 08:10 - mise à jour 30 nov. 2012 à 09:11Temps de lecture2 min
Par Wahoub Fayoumi

"C’était une émotion immense, des larmes que je ne cache pas ", dit-elle d’emblée. "J’étais très émue de voir l’accueil qu’on a réservé au président Abbas". Leila Shahid ne cache pas sa satisfaction de voir la Palestine admise au statut d‘État observateur aux Nations Unies, lors d’un vote intervenu jeudi.

Un changement de statut de statut pour le peuple qu’elle représente, accompagné d’une modification du titre que la représentante de l’Autorité palestinienne portera désormais en Belgique. Leila Shahid sera désormais "cheffe de mission de de la Nation palestinienne", cette dernière étant appelée "Mission de Palestine".  "Je vous le dis en exclusivité parce que le ministre (Didier Reynders, MR – ndlr) a annoncé ça aux ambassadeurs arabes il y a quelques jours". Ambassadrice, désormais ? "Oui", déclare-t-elle.

"Une reconnaissance de l’humanité des Palestiniens"

"Sur le plan symbolique c’est une immense victoire", que a Palestine vient de remporter, estime Leila Shahid. "Comme s’il y avait de nouveau une reconnaissance de l’humanité des Palestiniens, de leur droit à l’égalité, à l’équité avec tous les peuples du monde", ajoute-t-elle. Ça ne va pas changer la réalité, admet-elle cependant.  Mais "sur le plan de la dignité nationale, sur le plan de la suprématie du droit (…) c’est un très grand pas en avant".

Le reproche fait aux Palestiniens de saboter les négociations par une annonce unilatérale est balayé d'un revers de la main par la cheffe de mission palestinienne. "Il y a 65 ans l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu deux États : un État palestinien et un État israélien", souhaite-t-elle rappeler. Et d’insister aussi sur le fait qu’à peine "quelques semaines après", Ben Gourion avait déjà utilisé la même méthode, en proclamant de façon unilatérale la création de l’Etat israélien.

Aller devant la justice internationale, "si c’est nécessaire"

Ce qui s’est passé jeudi est, au contraire, une grande victoire du droit international, affirme la  désormais "ambassadrice" de la Palestine. "Ça veut dire que les plus de 400 résolutions du Conseil de sécurité et de l‘assemblée générale (…) ce n’est pas du blabla".  Et ce sont les termes de référence de négociations qui devront reprendre, ajoute-t-elle.

Des négociations protégées par le droit, en effet, et donc "notre droit à aller à la Cour de justice de La Haye ou à la Cour pénale internationale est un droit inaliénable lui aussi (…) et si c’est nécessaire nous irons".  

La position des États-Unis et d’Israël démontre une alliance sans faille, mais les critiques israéliennes sont une forme de "dépit", estime Leila Shahid, après le résultat presque nul des pressions diplomatiques cherchant à ce que les États ne votent pas positivement à l’Assemblée générale. Mahmoud Abbas a-t-il qualifié de "raciste" l’attitude du gouvernement israélien ? Leila Shahid persiste : "Lorsqu’on parle de racisme c’est que Monsieur Lieberman est le nouveau partenaire de Monsieur Netanyahou, et je pense que le monde entier considère qu’il est raciste, et d’ailleurs il est fier de l’être".

 

W. F.

Sur le même sujet

Leïla Shahid quitte son poste d'ambassadrice de la Palestine à l'UE

Monde

La Palestine devient Etat observateur à l'ONU, lors d'un vote historique

Monde