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Législatives en France : le duel Nupes – Ensemble! a déjà commencé en vue du second tour

12 juin 2022 à 05:54 - mise à jour 12 juin 2022 à 20:32Temps de lecture4 min
Par Belga édité par Adeline Louvigny

La majorité sortante d’Emmanuel Macron et la coalition de gauche (Nupes) emmenée par Jean-Luc Mélenchon ont entamé sans attendre leur duel d’entre-deux tours des élections législatives, après avoir largement dominé le premier tour dimanche devant le Rassemblement national et la droite. Un premier tour marqué par une abstention record.

La majorité présidentielle sortante Ensemble ! et l’alliance de gauche Nupes se trouvent au coude à coude au premier tour des élections législatives avec autour de 25% des voix, selon les estimations de cinq instituts de sondage.

La confédération qui soutient le président Emmanuel Macron obtiendrait entre 25 et 25,8% des voix, devant la coalition menée par l’insoumis Jean-Luc Mélenchon (25 à 26,2%). Les deux formations devancent le Rassemblement national 18,5-19,7% des voix, suivi par les Républicains (11,1-14%), selon les instituts Ipsos/Sopra Steria pour FranceTV/RadioFrance/France24/RFI/LCP/MCD, Ifop pour TF1/LCI, Harris pour M6/RTL et OpinionWay pour CNews/Europe1 et Elabe pour BFMTV/LEXPRESS/RMC.

Avantage à la majorité présidentielle sortante

Les premières projections des 577 sièges donnent un avantage à la majorité sortante réunie sous l’étiquette Ensemble !, avec une fourchette de 260 à 300 sièges, devant la gauche (LFI, PCF, PS et EELV) rassemblée sous la bannière Nupes (150 à 208), selon l’institut Harris, et une fourchette de 275 à 310 pour Ensemble ! et 190 à 210 pour la Nupes, selon Ifop-Fiducial.

Comme prévu, les candidats du Rassemblement national (18,5% à 19,8%) n’ont pas réussi à capitaliser sur la dynamique de Marine Le Pen à la présidentielle, qui avait engrangé plus de 40% des voix au deuxième tour. Cantonné à huit élus en 2017, le contingent de députés RN devrait cependant être nettement plus étoffé cette fois, et compter encore dans ses rangs Mme Le Pen, donnée largement en tête dans sa circonscription du Pas-de-Calais (autour de 55%).

À l’inverse, dans le sillage de la lourde chute de sa candidate Valérie Pécresse à la présidentielle, LR (11,6% à 14%) devrait perdre sa place de premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale.

 

Dès 20H00, les représentants de la Nupes, au coude-à-coude en voix devant la majorité sortante d’après les instituts de sondage, ont contesté les projections prévoyant une majorité de sièges pour les soutiens d’Emmanuel Macron à l’issue du second tour, dimanche 19 juin.

Mais pour la Première ministre Élisabeth Borne, la coalition présidentielle est "la seule force politique en mesure d’obtenir la majorité" à l’Assemblée. En tête dans sa circonscription du Pas-de-Calais, Marine Le Pen a de son côté jugé "possible d’envoyer un groupe très important" du parti d’extrême droite au Palais-Bourbon.

De nombreux responsables politiques ont également déploré le fort taux d’abstention, un "fait majeur qui doit tous nous interroger" selon la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire.

La Première ministre Élisabeth Borne a lancé les hostilités pour le second tour, estimant qu’Ensemble ! était "la seule force politique en mesure d’obtenir la majorité" à l’Assemblée. "Face aux extrêmes, nous seuls portons un projet de cohérence, de clarté et de responsabilité. J’appelle donc toutes les forces républicaines à se rassembler autour de ce projet et de nos candidats", a poursuivi la cheffe du gouvernement.

Le ministre des Comptes publics Gabriel Attal a lui aussi prédit un "second tour de clarification" entre la macronie et la Nupes. "La réalité, c’est qu’il y a un projet, le nôtre, qui est européen, et puis un projet, le leur, qui s’éloigne de l’Union européenne. Un projet, le nôtre, qui est républicain, et un projet, le leur, qui s’éloigne à bien des égards de la République", a attaqué l’ancien porte-parole du gouvernement.

La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire s’est, quant à elle, dite "contente de voir que la majorité est présente dans une écrasante majorité de circonscriptions".

Un parti présidentiel "défait" selon Mélenchon

"La vérité est que le parti présidentiel est battu et défait", a réagi le leader de la Nupes, Jean-Luc Mélenchon, pour qui sa coalition "sera présente dans plus de 500 circonscriptions au deuxième tour".

"Nous avons déjoué tous les pronostics et nous sommes en tête au premier tour" et dimanche prochain "la victoire est possible", a abondé la députée LFI sortante de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain.

Le 19 juin, "ce sera Mélenchon contre Borne", a résumé un autre député LFI sortant, Bastien Lachaud.

Largement en tête dans sa circonscription mais contrainte à un second tour, Marine Le Pen a jugé possible d’envoyer "un groupe très important" du Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale.

En cas de duel entre la majorité présidentielle et la Nupes, elle a appelé ses électeurs à "ne pas choisir entre les destructeurs d’en haut et les destructeurs d’en bas". "La France n’est ni une salle de marché, ni une Zad", a lancé la responsable d’extrême droite.

Le président de LR Christian Jacob ne veut, lui, donner "aucune voix pour les extrêmes, que ce soit l’extrême droite ou l’extrême gauche", a-t-il déclaré dimanche sur France 2.

Interrogé sur les indications de vote que donnera LR en ce cas, "on le définira demain car on a un conseil stratégique, mais il y a une ligne qui a toujours été claire : c’est aucune voix pour les extrêmes, que ce soit l’extrême droite ou l’extrême gauche", a-t-il précisé, en annonçant que les députés LR seront "constructifs" dans l’opposition

Abstention record

La participation au premier tour des élections législatives atteignait 39,42% dimanche à 17H00 selon le ministère de l’Intérieur, un chiffre en baisse de 1,3 point par rapport à 2017 où elle s’établissait à 40,75%.

Elle est aussi largement inférieure, à la même heure, à celle des législatives de 2012 (48,31%), ainsi qu’à celle du premier tour de la présidentielle de 2022 (65%).

L’abstention doit atteindre dimanche un nouveau record pour un premier tour d’élections législatives, entre 52,5% et 53% selon les estimations de cinq instituts de sondage, plus d’un point de plus que le précédent record de 2017 (51,3%).

Le taux d’abstention devrait être de 52,5% selon Harris interactive pour M6/RTL et OpinionWay pour Cnews et Europe 1, 52,8% selon Elabe pour BFMTV/L’Express/RMC et 53% selon Ipsos/Sopra Steria pour FranceTV/RadioFrance/France24/RFI/LCP et Ifop pour TF1/LCI.

La clé du second tour résidera une nouvelle fois dans la participation, historiquement basse ce dimanche pour un premier tour d’élections législatives, entre 47 et 47,5% selon les instituts, et touchant jeunes et classes populaires en priorité.

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