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"L’échelle de Jacob": un classique des films d'horreur méconnu du public

"L’échelle de Jacob": un classique des films d'horreur méconnu du public
25 mai 2022 à 06:31 - mise à jour 25 mai 2022 à 06:543 min
Par Sara Dumont

Ce thriller d’horreur a la réputation d’œuvre hors norme, risque de vous mettre très mal à l’aise… Il peut vous hanter pour le restant de vos jours… Comme le dit si bien Arte.

Jacob Singer, un employé des postes new-yorkaises, est assailli par de nombreux cauchemars durant ses journées. Il voit des hommes aux visages déformés et se retrouve dans des lieux qu’il ne connaît pas. Jacob est victime des flash-back incessants de son premier mariage, de la mort de son fils et de son service au Vietnam. Jour après jour, Jacob s’enfonce dans la folie en essayant de comprendre ce qui lui arrive avec l’aide de Jezebel, son épouse. Est-ce vraiment des hallucinations ou voit-il réellement des démons ?

"L'échelle de Jacob" à voir le 25 mai à 20h35 sur La Trois.

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Un film singulier

Contrairement aux films d’horreur, " L’échelle de Jacob " ne s’appuie pas du tout sur le "jump scare" pour faire peur aux spectateurs. Le jump scare consiste à sursauter à chaque fois que quelque chose se passe soudainement à l’écran. Il est très souvent accompagné de bruits ou d’une musique très forte.

Le film se contente d’images effrayantes et d’une atmosphère pesante pour faire peur à son public. Plusieurs films ont déjà abordé la guerre du Vietnam, la violence de la guerre, le retour très délicat des soldats après celle-ci, mais personne ne l’a fait comme Adriane Lyne et Bruce Joel Rubin.

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Un film influencé par l’art et qui influence les jeux vidéo

Le film a puisé ses sources dans les peintures de Francis Bacon (un peintre irlandais). Dans l’une de ses chroniques, Le fossoyeur de films explique : " Ses peintures sont des représentations saisissantes des tourments humains. Le film leur a donné une mise en mouvement inspiré. Mais il a surtout puisé un traitement très original des figures monstrueuses. " A la suite de cela, neuf ans plus tard, le jeu vidéo " Sillent Hill " a vu le jour. Il s’est inspiré de l’ambiance plus que glauque du film pour réaliser son jeu, les décors, son histoire.

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Bacon Triptych (est $35/45m) And Highlights From The &#39 ; Collections&#39 ; And Old Master Online

Le film n’a pas eu le succès attendu…

La cause principale ? Une mauvaise campagne marketing ! Arte raconte : " Il passa inaperçu, victime d’une campagne publicitaire incapable de rendre compte de son étrangeté. Il a depuis été découvert grâce à la vidéo et a acquis une solide réputation d’œuvre hors norme. "

Nociné constate : " Parfaitement ignoré par le marketing et la critique qui n’a pas compris à quoi elle avait à faire. " Mais ce n’est pas la seule cause de ce manque d’intérêt. Le réalisateur a aussi joué un rôle, le film a eu du mal à être vendu auprès du public car Adrian Lyne n’a jamais été perçu comme un réalisateur de films d’horreur, il est en général aux antipodes de ce genre de film. Le public le connait surtout pour des titres comme Flash Dance ou Liaison fatale. A cela, on peut ajouter qu’il n’y a pas de grosses têtes d’affiche au casting.

Nociné explique qu’à cette époque-là, l’acteur principal, Tim Robbin, n’était pas encore connu. On peut ajouter une affiche du film qui n’est pas très claire, sans oublier le titre : très peu de personnes savent que " L’échelle de Jacob " a un lien avec la religion. Tous ces éléments ont fait que le film  a surtout eu l’effet d’un pétard mouillé…

3 choses à savoir sur "L'échelle de Jacob"

  • IMDb explique que tous les effets spéciaux  étaient filmés en live, sans aucune postproduction. Par exemple, pour réaliser la fameuse scène de la " tête qui se secoue ", Adrian Lyne a simplement filmé l’acteur qui agitait la tête dans tous les sens (et en gardant ses épaules et le reste de son corps complètement immobiles) à 4 images par seconde, ce qui donne un mouvement incroyablement rapide et profondément perturbant lorsqu’il est lu à la fréquence normale de 24 images par seconde.
  • La station de métro du film, The Bergen street, était en fait une partie abandonnée du niveau inférieur de la station, qui a dû être recarrelée et réparée pour donner l’impression qu’elle était encore en état de marche.
  • Adrian Lyne a refusé de réaliser "Le bûcher des vanités" (1990) pour pouvoir réaliser "L’échelle de Jacob". Son premier choix pour le rôle de Jacob Singer était Tom Hanks, mais coïncidence intéressante : ce dernier a refusé le film pour pouvoir réaliser "Le bûcher des vanités".

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