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Léa Bayekula: "quand je suis sur la piste, je ne me vois pas courir en fauteuil, je me vois courir avec mes  jambes".

26 août 2021 à 08:14Temps de lecture1 min
Par Olivier Gaspard

La Bruxelloise Léa Bayekula a remporté la médaille de bronze sur 100m aux derniers championnats d’Europe de para-athlétisme en Pologne. Léa aime la piste, la course… rencontre avec cette jeune femme pleine d’énergie et dont le sourire est communicatif.

"Je m'appelle Léa Bayekula, j'ai 26 ans et j'ai le Spina Bifida, une paralysie de la moelle épinière, on peut dire un développement incomplet de la colonne vertébrale. Aujourd'hui, je fais de l'athlétisme et je suis étudiante en éducateur spécialisé. J'ai commencé par le basket en fauteuil, j'ai vraiment aimé et puis j'ai été à une journée détection organisée par la Ligue Handisport francophone et de là j'ai fait la rencontre de l'athlétisme.

Ma discipline, c'est le 100, 200 et 400 mètres. Avec l'athlétisme, je me vois sur la piste en train de rouler au-dessus de mes problèmes, de toutes mes difficultés, de tout ce que j'ai pu vivre, de toutes ces personnes qui m'ont dit que je n'arriverai pas, que je n'étais pas capable. En étant dans mon fauteuil, je me dis que je suis capable de tout".

© Tous droits réservés

"La chose que j'aime le plus dans mon sport, c'est de souffrir sur la piste parce que je sais que le fait de souffrir, ça va payer. Le plaisir que j'ai, c'est de sentir le stress monter, l'adrénaline, c'est un stress positif qui donne envie de se battre, d'aller encore plus vite, de tout défoncer. Au 100 mètres, je ne sens rien du tout en terme de sensations, on n'a pas le temps. Sur le 400 mètres par contre, on ressent la douleur aux bras à partir du 200 mètres. A l'arrivée, c'est la libération, c'est fini quoi".

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"Le regard des autres, je le vis très très bien. Auparavant, j'avais vraiment du mal. J'ai vécu des discriminations, des moqueries. Avant j'étais complexée, que ce soit pour mettre une jupe ou sortir dehors. Quand les gens me regardaient c'était horrible pour moi, c'était le feu à l'intérieur de moi. Aujourd'hui tout ça a disparu, j'ai confiance en moi, j'avance. Quand je suis sur la piste, je ne me vois pas courir en fauteuil, je me vois courir avec mes  jambes, pour moi c'est une belle image. Le sport me donne la pêche".

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