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Le vrai danger n’est pas seulement le tour de vis sanitaire, mais c’est de voir les vaccinés et les non vaccinés se regarder en coupables mutuels

Dans une tribune récente dans le Figaro, un médecin et un économiste nous rappellent que nous sommes entourés de virus : il y en a 10 milliards dans chaque litre d’eau de mer. Mais ces deux intellectuels ont aussi le bon goût de rappeler que nous savons les combattre de mieux en mieux.

Pourquoi ce rappel de bon sens ? Parce que l’ambiance actuelle est plombée par les mauvais chiffres de la 4e vague. Bien sûr que ce n’est pas réjouissant, surtout lorsque des représentants d’associations patronales évoquent le danger d’une révolution sociale, notamment de la part des victimes de ces nouvelles mesures restrictives sur le plan économique.

A défaut d’être optimiste, est-il possible de nuancer l’ambiance morose actuelle ? D’abord, en rappelant que la situation 2021 n’est pas celle de 2020. A l’époque, nous étions face à un danger nouveau dont nous ne connaissions rien. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Rappelons aussi, comme me l’a fait remarquer un analyste financier qui suit de près le secteur immobilier, que c’était l’hécatombe, pour ne pas dire la honte, dans les maisons de repos en Belgique. Grâce au ciel, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Et puis, la grosse différence, c’est qu’une bonne partie de la population est vaccinée et que la 3e dose pourrait améliorer fortement la situation actuelle. Le commissaire européen à l’économie ne dit pas autre chose. Interrogé récemment par mes confrères des Echos, il reconnaît la difficulté actuelle et son message est très simple : nous avons beau être l’épicentre mondial de l’épidémie, en ce moment, "nos économies se sont aussi davantage adaptées à la pandémie". Ce commissaire européen se refuse d’ailleurs aussi au pessimisme. Bien sûr, l’économie sera ralentie par cette nouvelle vague mais l’impact ne sera pas comparable au choc de 2020.

Et n’oublions pas que tous ces plans de relance, votés par l’Europe, vont arriver en 2022 et 2023. Autrement dit, l’investissement public va fortement augmenter dans nos pays. Je rappelle que quand la crise de 2008 avait éclaté, des pays rigoristes comme l’Allemagne avaient refusé d’ouvrir les vannes budgétaires. C’est d’ailleurs à cause de cet entêtement budgétaire que l’économie européenne a plongé en récession. Mais en 2020, lors de la crise sanitaire, les gouvernements et les autorités monétaires ont tiré les leçons de la crise financière de 2008 et ont fait exactement l’inverse. Souvenez-vous aussi qu’il y a 6 mois, le souci principal, c’était de rouvrir les commerces pour permettre aux citoyens de consommer et doper l’économie. Aujourd’hui, la demande n’est plus un souci, c’est plutôt l’offre qu’il faut rétablir car notre économie souffre de pénuries de produits de toutes sortes, d’où le retour de l’inflation.

Les deux périodes de 2020 et 2021 sont donc différentes sur le plan économique et même sanitaire. A court terme, le vrai danger, ce n’est pas seulement le tour de vis sanitaire, qui va être annoncé ce vendredi, mais c’est aussi de voir les vaccinés et les non vaccinés se regarder en coupables mutuels.

Chronique Economique

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