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Open d'Australie

Le visa de Novak Djokovic à nouveau annulé, le Serbe en justice pour bloquer son expulsion d'Australie

Le visa de Novak Djokovic à nouveau annulé, le Serbe en justice pour bloquer son expulsion d'Australie
14 janv. 2022 à 06:06 - mise à jour 14 janv. 2022 à 10:173 min
Par AFP

Le visa australien du numéro un mondial de tennis Novak Djokovic, qui voulait entrer dans le pays sans être vacciné contre le Covid-19, a été annulé pour la deuxième fois, a annoncé ce vendredi le ministre de l'Immigration Alex Hawke.

Cette décision a été prise "sur des bases sanitaires et d'ordre public", a précisé le ministre dans un communiqué. Le gouvernement australien "est fermement engagé à protéger les frontières australiennes, tout particulièrement dans le contexte de la pandémie de Covid-19", a-t-il ajouté.

Dans la foulée, Novak Djokovic a demandé à la justice d'empêcher son expulsion d'Australie. Les autorités australiennes ont accepté d'y surseoir jusqu'à ce que la justice ait statué sur son cas, a annoncé un avocat du gouvernement.

Le N.1 mondial de tennis ne sera pas placé en rétention avant un interrogatoire prévu samedi matin devant les services d'immigration, et ne sera pas expulsé avant que la justice n'ait statué sur son recours contre l'annulation de son visa, a indiqué cet avocat, Stephen Lloyd, au cours d'une audience en référé devant un juge à Melbourne.

Cette deuxième annulation du visa implique que le joueur serbe, qui visait un 21ème titre record du Grand Chelem à l'Open d'Australie qui débute lundi, sera interdit d'entrée dans le pays pendant trois ans, sauf dans certaines circonstances.

Le visa du joueur de 34 ans avait déjà été annulé une première fois le 5 janvier lors de son arrivée à Melbourne, et Djokovic avait alors été placé dans un centre de rétention en vue de son expulsion.

Les avocats du tennisman avaient toutefois remporté une éclatante victoire le 10 janvier, en obtenant d'un juge qu'il rétablisse son visa et ordonne sa libération immédiate. Depuis, Djokovic s'entraînait en vue du tournoi, et devait affronter lors du premier tour son compatriote Miomir Kecmanovic, 78ème joueur mondial.

Mais le ministre de l'Immigration conservait la possibilité d'annuler à nouveau le visa en vertu de son pouvoir discrétionnaire.

Djokovic a admis avoir rempli incorrectement sa déclaration d'entrée en Australie, et n'avoir pas respecté les règles d'isolement après avoir été testé positif au Covid-19 en décembre.

"Farce"

Cette saga autour du champion de tennis comporte une charge politique très forte en Australie, dont les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-Covid parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d'ici mai.

Le ministre de l'Immigration "doit décider maintenant si Djokovic part ou non", a tweeté la sénatrice travailliste Kristina Keneally, en faisant remarquer que le Serbe avait obtenu son visa 58 jours plus tôt. "Le gouvernement Morrison est tout simplement incompétent. C'est une farce".

Certains joueurs de tennis ont plaidé pour que Djokovic puisse participer à l'Open, mais d'autres se montrent beaucoup plus critiques.

Novak Djokovic "a joué selon ses propres règles" en choisissant de ne pas se faire vacciner avant l'Open d'Australie et "fait passer la majorité des joueurs pour des idiots", a estimé jeudi le Grec Stefanos Tsitsipas, numéro quatre mondial, dans une interview au média indien WION.

"Ça demande beaucoup de culot de le faire et ça met tout le tournoi en danger... Je ne pense pas que beaucoup de joueurs feraient cela", a-t-il ajouté.

Alors que le variant Omicron se propage en Australie, le comportement de Djokovic après qu'il eut été testé positif au coronavirus en Serbie le 16 décembre est scruté de près.

Le joueur a notamment participé à des événements publics, sans masque, les 16 et 17 décembre à Belgrade, mais a affirmé qu'il ne se savait pas encore positif à ce moment-là.

Dans un long message publié mercredi sur Instagram, il a en revanche reconnu une "erreur de jugement" pour avoir reçu, se sachant malade asymptomatique, le quotidien français L'Equipe pour une interview le 18 décembre.

Djokovic a plaidé aussi "l'erreur humaine" pour expliquer comment une mauvaise case dans son formulaire d'entrée en Australie a été cochée.

Ce document montre qu'il a attesté ne pas avoir voyagé dans les 14 jours précédant son arrivée. Or, il était en Serbie puis en Espagne.

Open d'Australie : Djokovic au tirage malgré l'incertitude du visa

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