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Le vice-président de l’ESMA veut interdire le minage de bitcoins en Europe

Bitcoin Investment stock photo

Le minage de bitcoins devrait être interdit sur le sol de l'Union européenne, a déclaré mercredi le vice-président de l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), Erik Thedéen, lors d'une interview donnée au journal britannique Financial Times. Le régulateur craint que le minage de cryptomonnaies ne mette à mal la réalisation des objectifs climatiques de Paris.

Comment fonctionne le bitcoin ?

Le bitcoin, comme les autres cryptomonnaies, fonctionne sur le principe de la blockchain (littéralement la "chaîne de blocs"), qui est une sorte de carnet de comptes partagé entre tous ses utilisateurs, de manière décentralisée. Toutes les 10 minutes environ, un bloc, qu'on peut apparenter à une nouvelle page du carnet, est ajouté au système, indiquant ainsi les dernières transactions effectuées. Pour ce faire, une formule mathématique complexe doit être résolue afin de garantir l'inviolabilité des données inscrites.

Ainsi, des ordinateurs du monde entier sont attelés au calcul de ces formules afin de valider les nouveaux blocs, ce qui crée par la même occasion des jetons - en l'occurrence des bitcoins - , qui servent de monnaie et qui sont attribués à l'utilisateur ayant validé le nouveau bloc en guise de récompense pour le travail effectué. Cette opération, appelée minage, consomme une quantité d'énergie toujours plus importante au fur et à mesure que de nouveaux bitcoins sont créés.

Vers des techniques nécessitant moins d'énergie ?

Selon M. Thedéen, les cryptomonnaies devraient utiliser des techniques qui nécessitent moins d'énergie. Il s'agit là de la différence entre la méthode de "preuve de travail" (Proof of work ou PoW), utilisée par les plus grandes blockchains Bitcoin et Ethereum, et la "preuve d'enjeu" (Proof of stake ou PoS), moins gourmande en énergie mais aussi moins sécurisante.

La première méthode est en effet basée sur la puissance de calcul détenue par un utilisateur: celui disposant de la plus grande puissance de calcul (dans la pratique: du plus grand nombre d'ordinateurs) aura plus de chances de trouver le résultat des calculs imposés pour la sécurité du système et donc d'empocher les nouveaux bitcoins créés, ce qui implique la consommation d'une énorme quantité d'énergie. Tandis que la deuxième méthode est basée sur le nombre de jetons déjà détenus par un utilisateur, ce qui implique donc que moins d'énergie est nécessaire pour déterminer l'utilisateur qui validera le nouveau bloc. Ethereum a précédemment annoncé qu'il passerait à cette dernière méthode en juin.

M. Thedéen, qui a été nommé vice-président de l'ESMA, avait déjà plaidé pour une interdiction du minage de bitcoins lorsqu'il était directeur de l'Autorité des services financiers de Suède, déclarant que cette opération était devenue une "question nationale" en raison de la grande quantité d'énergie renouvelable qu'elle nécessite.

L'énorme consommation des transactions en bitcoins est un sujet de controverse grandissant depuis un certain temps. L'année dernière, le constructeur automobile Tesla a cessé d'accepter les bitcoins comme moyen de paiement deux mois après avoir commencé. En Chine, le minage est interdit depuis mai dernier.

 

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