Le vaste accord UE-Mercosur préoccupe le milieu agricole wallon: "C'est une grande catastrophe"

Le vaste accord UE-Mercosur préoccupe le monde agricole

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02 juil. 2019 à 08:24 - mise à jour 02 juil. 2019 à 08:24Temps de lecture2 min
Par F.H.

Le vaste accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) a finalement été conclu vendredi dernier. Il s'agit de la plus grande zone de libre-échange jamais mise en place par l’Europe. Elle prévoit de fortes baisses de droits de douane sur les produits que l’Europe exporte vers ces pays, comme les voitures et les médicaments. Mais en contrepartie, l’Europe ouvre son marché aux produits de ces pays du Mercosur, notamment la viande. Cette ouverture préoccupe beaucoup le monde agricole. Invitée par La Première ce matin, la présidente de la Fédération wallonne de l'Agriculture Marianne Streel expose son point de vue. 


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Pourquoi considérez-vous que cet accord est une catastrophe pour les agriculteurs wallons?

Marianne Streel: "C'est une grande catastrophe parce que ça concerne non seulement la viande bovine, mais également la volaille et le sucre, l’éthanol aussi. Ca concerne toutes des productions qui sont des productions principales en Wallonie et des productions où nous sommes autosuffisants au niveau de notre consommation locale."

Ça veut dire qu’on va avoir trop de viande sur le marché ?

"On va avoir encore plus de viande sur le marché, qui ne sera pas produite aux mêmes conditions que les nôtres. Si vous produisez plus vert avec des normes environnementales de respect de la biodiversité et des normes sociales supérieures, ça coûte plus cher. A partir de ce moment, il y a une discordance au niveau des prix et de la concurrence sur la qualité des produits. On va importer chez nous l’agriculture qu’on ne veut pas chez nous."

La différence de prix représente quel montant ?

"Si je prends l’entrecôte, les contre-filets, on parle de 5 euros de différence pour la viande qui viendra de là-bas, qui aura traversé la planète et qui viendra aussi de fermes-usines". 

Quels sont les problèmes en Amérique Latine ?

"Ce sont des grands élevages industriels avec des parcs d’animaux qui n’ont absolument pas d’herbe, qui sont collés les uns aux autres et qui contiennent des milliers d’animaux. Ce n’est pas le cas chez nous. Nos exploitations agricoles en viande bovine représentent 47 vaches en moyenne en Wallonie, en vaches laitières on est à 53-54 vaches. Donc on ne parle pas du tout de la même agriculture".

Certains parlent d’un arrêt de mort pour la race blanc bleu belge, c’est aussi votre avis ?

"On est déjà tellement économiquement serré dans nos exploitations, que si on a en plus de la viande qui arrive moins cher sur le marché, le consommateur sera tenté. Pour le consommateur, ce n’est pas si simple parce qu’il y a toute une partie qui va aller dans des plats préparés."

Est-il trop tard?

"On communique vers les instances qui, aujourd’hui, ont encore un pouvoir décisionnaire. Il reste encore un vote au niveau des États membres et certains sont contre cet accord. Il y a aussi le nouveau Parlement européen qui devra lui aussi se prononcer."


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