Le vaccin contre la grippe est disponible dans les pharmacies : craint-on une épidémie ?

01 oct. 2021 à 09:34Temps de lecture4 min
Par Aline Goncalves, Estelle De Houck

A partir de ce vendredi 1er octobre, le vaccin contre la grippe est disponible en pharmacie, pour tous et sans prescription. Pourquoi une telle mesure ? L’épidémie de grippe est-elle une vraie menace ? Et pourquoi recommande-t-on de se faire vacciner ?

Cette mesure n’est pas nouvelle : elle avait déjà été mise en place l’an dernier, en pleine crise du coronavirus. "Pour essayer de soulager les médecins et les cabinets de médecine générale", détaille Alain Chaspierre, porte-parole de l’Association pharmaceutique belge. L’action est donc prolongée cette année.

Qui est remboursé ?

"Tout le monde peut aller chercher le vaccin", se réjouit Alain Chaspierre. Quant aux catégories à risques, elles continueront à bénéficier du remboursement. Cela concerne les personnes âgées de plus de cinquante ans, mais pas que.

"Il y a des gens qui ont de grands risques de complications, et là, il faut vraiment recommander la vaccination et ils bénéficient du remboursement. Il y a également toutes les femmes enceintes, quel que soit le stade de la grossesse, et tous les gens qui ont des pathologies chroniques, de type cardiaques, pulmonaires, diabète, des immunités diminuées, etc."


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"Il est très important aussi de faire vacciner les gens qui vivent en institution. On recommande également la vaccination, et c’est remboursé, pour le personnel soignant et pour les personnes qui vivent sous le même toit que des personnes très à risques ou d’enfants en dessous de six mois", complète Alain Chaspierre.

En dehors des cas mentionnés ci-dessus, le vaccin "est bien remboursé", insiste le porte-parole de l’Association pharmaceutique belge. "Le ticket modérateur est vraiment très accessible. Il a d’ailleurs été plus remboursé l’an dernier, et ça continue cette année-ci."

Faciliter les trajets

L’idée, c’est d’éviter les allers-retours chez le médecin : prendre un premier rendez-vous pour obtenir une ordonnance, aller chercher le vaccin à la pharmacie, et devoir retourner une deuxième fois chez son médecin. "C’est une mesure qui facilite le trajet des gens et qui pourrait aussi permettre d’avoir un meilleur accès à la vaccination", explique Alain Chaspierre.

Une fois le vaccin en votre possession, "vous rentrez chez vous, vous le mettez bien au frigo et vous prenez rendez-vous avec votre médecin qui vous fera l’injection. "


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A noter que les autorités recommandent la vaccination à partir du 15 octobre. Pourquoi ? "Parce que le pic de la grippe se produit en général en janvier/février. Il faut savoir qu’une fois qu’on est vacciné, il faut ensuite 10 à 15 jours pour que l’immunité commence et elle est maximale après quatre semaines et dure six mois."

Une épidémie de grippe cette année ?

Cette mesure est-elle mise en place par crainte d’une épidémie de grippe ? "C’est vrai que l’année dernière, avec les mesures de protection, telles que le masque, les gels hydroalcooliques, le lavage des mains ou la distanciation sociale, il n’y a pas eu de grippe."

Parce qu’il n’y a pas eu beaucoup de grippes l’an dernier, il n’y a pas d’immunité induite cette année-ci. Et c’est ce que craignent les experts. "On a donc une crainte, d’autant plus que les mesures de protection vont sans doute être de plus en plus levées, que la grippe soit plus virulente, que le virus se transmette plus facilement et atteigne les groupes à risques."

"On sait par exemple que quelqu’un qui est vacciné chaque année a une immunité bien plus importante que quelqu’un qui le fait de manière sporadique ou pas du tout", explique Alain Chaspierre.

On regrette qu’il y ait 10% de décès, soit environ 2000 personnes qui décèdent de la grippe chaque année, surtout dans les groupes à risques

Après la crise sanitaire que nous avons connue, il ne faut tout de même pas négliger les dommages que peut provoquer le virus de la grippe.

"On sait qu’entre 2 et 8% de la population contracte la grippe chaque année. Parmi ces 2 à 8% de la population, ce qui représente quand même pas mal de gens, il y en a 10% qui sont admis à l’hôpital pour des complications. Et on regrette qu’il y ait 10% de décès, soit environ 2000 personnes qui décèdent de la grippe chaque année, surtout dans les groupes à risques, bien entendu."

Cumuler les doses de vaccin

Au sein des groupes à risques, on retrouve notamment les personnes concernées par la troisième dose de vaccin contre le coronavirus. Cumuler les doses pourrait-il poser problème ?

"Les recommandations montrent aujourd’hui qu’il n’y a aucun problème à avoir une injection, même simultanée. Il ne faut bien sûr pas injecter dans le même bras, mais il n’y a aucun problème", rassure Alain Chaspierre.


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Mais comme le souligne le porte-parole de l’Association pharmaceutique belge, mieux vaut toujours demander l’avis à son médecin. Par contre, si vous avez de la fièvre ou une infection respiratoire, "il vaut mieux reporter la vaccination, quelle qu’elle soit", précise-t-il.

Assez de vaccins en stock ?

Le nombre de vaccins disponibles est élevé. "La Belgique a reçu 3,78 millions de doses qui vont progressivement être distribuées dans les pharmacies. C’est pratiquement 900.000 doses de plus que l’année dernière."

Mais notre pays n’est sûrement pas le seul. "Je crois que beaucoup de pays qui craignaient une épidémie de grippe plus importante ont pris ces précautions. Heureusement, notre pays et les autorités sanitaires l’ont fait", conclut le porte-parole de l’Association pharmaceutique belge.

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