RTBFPasser au contenu

Le troisième jeudi de novembre c'est Beaujolais nouveau, depuis 70 ans !

Le vin le plus jeune de l'année débarque dans nos magasins le troisième jeudi de novembre
18 nov. 2021 à 16:062 min
Par Jean-Christophe Willems

Vous n'y échapperez pas. Pendant quelques semaines, les bouteilles de Beaujolais nouveau vont à nouveau garnir les rayons des grandes surfaces et de nombreux cavistes. Comme chaque année, ce vin primeur sera fruité avec un léger goût de banane. Et cela fait pile 70 ans que ça dure.

Les origines de la tradition

En 1951, alors que les vins français ne pouvaient être commercialisés qu'à partir du 15 décembre de l'année de leur vendange, l'Union viticole du Beaujolais obtient d'avancer cette date. Celle-ci sera d'abord fixée au 13, puis au 15 novembre jusqu'en 1985. Ensuite, c'est le troisième jeudi du mois de novembre qui verra la sortie du Beaujolais nouveau.

Il s'agit donc d'un vin très jeune dont la macération est particulière. Elle est dite carbonique et consiste à mettre les raisins entiers (non éraflés) dans une cuve saturée de dioxyde de carbone. La fermentation a donc lieu à l'intérieur du raisin, sans mélange avec la peau. Il y a ainsi moins de tanin, un goût de fruits frais et une légèreté toute relative. C'est un vin jeune à boire rapidement.

Au fil du temps et des campagnes de promotion, la production a explosé et le nombre de bouteilles vendues multiplié par vingt. Si le soufflé est légèrement retombé, il n'en reste pas moins vrai qu'entre un quart et un tiers de la production globale du Beaujolais est constitué de vin primeur. En 2019, près de dix millions de bouteilles ont été exportées dans plus de 100 pays, avec comme chaque année le Japon s'octroyant la plus haute marche du podium.

Mais d'où vient ce goût de banane ?

C'est immuable d'année en année : on trouve toujours au Beaujolais nouveau "un petit goût de banane". Et bien ce n'est pas faux et cela provient du procédé même de fermentation décrit plus haut. Pour gagner du temps lors de la macération carbonique, le vigneron a coutume d'ajouter une levure naturelle, la 71B, qui libère de l'acétate d'isoamyle ayant une forte odeur de banane. A noter que cette odeur est donc présente dans la plupart des vins nouveaux, car oui, il existe d'autres vins primeurs à boire jeunes. Sur la photo d'illustration de l'article, prise en supermarché ce 18 novembre, on peut distinguer du Côte du Rhône nouveau perdu dans le rayon de Beaujolais. 

Nouveau et bio : le Beaujolais aussi suit la tendance
Nouveau et bio : le Beaujolais aussi suit la tendance Jean-Christophe Willems

A côté du Beaujolais nouveau, dix crus de qualité

Soyons de bon compte, l'image des vins du Beaujolais a souvent souffert de la réputation "variable" des Beaujolais nouveaux. Et pourtant, cette région située au sud de la Bourgogne, entre Macon et Lyon, propose aussi des vins bien plus ronds et charpentés, au potentiel de garde élevé. Si c'est moins le cas des appellations Beaujolais et Beaujolais-villages, ça l'est certainement avec les dix crus correspondant à des appellations communales ou locales Brouilly, Côte de Brouilly, Morgon, Régnié, Chiroubles, Fleurie, Moulin à Vent, Chénas, Juliénas et Saint Amour. 

Alors que leurs bourguignons de voisins du nord reposent sur le cépage Pinot noir, les Beaujolais rouges sont quasi exclusivement composés de Gamay. Par contre, le cépage est commun pour les blancs : du Chardonnay.

Autre motif de satisfaction : alors que les prix s'envolent pour les vins de Bourgogne, les Beaujolais restent très abordables. Les primeurs tournant aux alentours de 4 à 8 euros en moyenne alors que les crus s'échangent contre 7 à 12 euros. Bien sûr, cela peut dépasser cette fourchette dans le cadre de cuvées spéciales, mais il y a tout de même moyen de se faire plaisir avec modération pour un budget assez raisonnable.

Sur le même sujet

19 nov. 2021 à 16:53
1 min

Articles recommandés pour vous