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Belgique

Le travailleur humanitaire belge Olivier Vandecasteele emprisonné en Iran : ses proches se mobilisent pour sa libération

05 juil. 2022 à 10:39Temps de lecture3 min
Par Daphné Fanon

Le 24 février dernier, le travailleur humanitaire belge Olivier Vandecasteele a été arrêté en Iran. Depuis lors, il est incarcéré à la prison d’Evin à Téhéran, dans des conditions de vie très difficiles. Ses proches appellent à l’aide. Ils se mobilisent et militent pour sa libération et son retour en Belgique.

Un citoyen belge de 41 ans, Olivier Vandecasteele, est incarcéré dans une prison à Téhéran, en Iran, depuis le 24 février. "Les autorités iraniennes n’ont donné aucune raison valable qui tienne juridiquement", affirme la diplomatie belge. Il aurait été incarcéré pour un présumé "délit d’espionnage", annonce le ministre belge de la Justice Vincent Van Quickenborne, qui dénonce par ailleurs "une privation illégale de liberté". Selon des informations récentes, reçues par sa famille, Olivier Vandecasteele est à l’isolement complet.

Il était dans une cellule sans mobilier, sans lit… Avec uniquement des patates, des lentilles, du sucre et de l’eau pour se nourrir.

Ses proches n’ont pu entrer en contact avec lui qu’une seule fois depuis le 24 février. "Via le ministère, nous savons que durant les trois premiers mois de sa détention, il était dans une cellule sans mobilier et sans lit… Avec uniquement des patates, des lentilles, du sucre et de l’eau pour se nourrir. Sans accès aux soins, avec la lumière allumée 24 heures sur 24" déplore Olivier Van Steirtegem, proche ami du détenu. La qualité de son alimentation lui a fait perdre beaucoup de poids et il souffre de problèmes de santé, consécutifs à son arrestation. Il n’a par ailleurs aucun contact avec ses avocats iraniens.

© Tous droits réservés

Le Tournaisien Olivier Vandecasteele n’a pas la double nationalité. Il se rendait régulièrement dans la République islamique, où il a longtemps travaillé pour différentes ONG. Il ne se sentait pas en danger, selon ses proches. En 2015, il est devenu directeur de missions pour plusieurs ONG sur le sol iranien, notamment le Conseil norvégien pour les réfugiés, ou Releive International.
Il s’est spécialisé dans l’accueil des réfugiés Afghans sur le territoire iranien.

Mais après y avoir vécu cinq années, il a été contraint de rentrer en Belgique en mars 2021, parce qu'il n'avait plus de travail. En février de cette année, les Affaires étrangères l’avaient mis en garde, lui déconseillant fermement de s’y rendre. Mais il tenait à récupérer ses affaires. "Olivier aimait ce pays, et l’aime toujours. Il avait sa vie là-bas : un appartement, des affaires, des hobbys… Pour clôturer ses affaires, il a voulu aller les récupérer et à ce titre-là, il a obtenu un visa." ajoute Olivier Van Steirtegem. Quelques jours après son arrivée sur le territoire, le 24 février, le Belge s'est fait arrêté. 

Olivier Vandecasteele
Olivier Vandecasteele © Tous droits réservés

Réputé pour son intégrité et sa connaissance de la région, il a œuvré pour l’augmentation des échanges entre les autorités iraniennes et les grands bailleurs de fonds internationaux tels que l’Union européenne, les Nations unies et d’autres organisations internationales. Olivier a mis en œuvre divers projets pour répondre aux nombreux besoins humanitaires, travaillant pour un accès à l’éducation pour les enfants, à la formation professionnelle pour les adultes, à l’eau potable, à l’hébergement et aux services légaux.

A ce jour, ni les autorités belges, ni ses proches n’ont reçu de motif pour cette arrestation arbitraire. Ils sont en contact avec les autorités iraniennes, et le maintien de ces rapports diplomatiques est essentiel. Les proches d’Olivier Vandecasteele échangent de façon régulière et en confiance avec les autorités belges compétentes. Des sources au sein des services de sécurité craignent qu’il ait été arrêté par l’Iran pour servir de monnaie d’échange contre Assadollah Assadi, qui a été condamné à vingt ans de prison à Anvers l’année dernière, en tant que principal instigateur du projet d’attentat de Villepinte, près de Paris.

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