Le terrorisme d’extrême droite au cœur des préoccupations de la Sûreté de l’Etat

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01 juil. 2020 à 17:03 - mise à jour 02 juil. 2020 à 03:59Temps de lecture2 min
Par Fabrice Gerard

Depuis les attentats de Paris en novembre 2015, et ceux de Bruxelles en mars 2016, l’essentiel des efforts de la Sûreté de l’Etat se concentrait sur la lutte contre le terrorisme djihadiste. Comme le note le rapport 2019 que nous avons pu lire en primeur, notre pays a été épargné par les attentats l’année dernière. Cela s’explique notamment par la perte d’influence de l’Etat Islamique en Syrie et en Irak, mais pas seulement. "Cet état de fait résulte également de la coopération fructueuse entre les services de sécurité et de renseignement belge, qui a sûrement permis de déjouer différentes actions hostiles".

Des individus isolés qui glorifient la violence

Toujours est-il que cette baisse d’intensité sur le front du terrorisme islamiste a permis à nos services de renseignement de prêter davantage d’attention à d’autres types d’actions violentes potentielles, et notamment le terrorisme d’extrême droite. Le rapport note que si "une partie plus policée de l’extrême droite a réussi à s’afficher comme un mouvement "présentable" à différents endroits de l’UE… De nouveaux groupuscules marginalisés ne cessent de voir le jour". En Belgique, la principale menace provient d’individus connus sous le nom de "lone actors". Il s’agit de personnes isolées qui entament leur processus de radicalisation de manière individuelle et qui "planifient seuls des actions violentes".

Cercles néo-nazis et activisme anti-islam

Ces individus isolés se rassemblent parfois à l’occasion de manifestations d’extrême droite ou de concerts néo-nazis. Les concerts organisés en Belgique brassent de plus en plus de monde et les manifestations contre notre démocratie représentative s’expriment en rue avec de moins en moins de retenue. "Le ton se durcit également sur le plan de l’activisme anti-islam et anti-asile" indique le rapport de la Sûreté. En toile de fond, il y a l’idée selon laquelle il faudra un jour prendre les armes pour sauver la civilisation européenne contre ce que ce que l’extrême droite considère être des envahisseurs. A ce titre, "La Sûreté de l’Etat constate que certains cercles d’extrême droite menacent de se livrer à des actions violentes ou envisagent la possibilité de mener de telles actions".

La tentation de l’armement

Depuis plusieurs années, la Sûreté de l’Etat porte son attention sur la tendance à se fournir des armes dans le chef de certains membres de groupes d’extrême droite. "Cette tendance à l’armement s’inscrit dans le cadre de la préparation des soi-disant inévitables conflits entre religions, races ou peuples, qui selon les idéologues d’extrême droite, sont imminents".

Pascal Petry était l'invité de Thomas Gadisseux dans "matin Prem1ère" ce 2 juillet