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Belgique

Le suicide d’une adolescente après son viol et la diffusion d’images par ses agresseurs présumés choque et interpelle les députés

Le cimetière de Westerbegraafplaats, à Gand, où une adolescente de 14 ans avait été violée.
03 juin 2021 à 14:133 min
Par Jean-François Noulet

La séance des questions orales à la Chambre s’est ouverte par de nombreuses questions posées au Premier ministre et au ministre de la Justice après le suicide d’une adolescente de 14 ans. Le 15 mai, cette adolescente avait été violée dans un cimetière de Gand. Elle avait rendez-vous avec un ami, mais quatre autres jeunes les avaient rejoints. Ils sont suspectés d’avoir violé la victime tout en se prenant en photo et d’avoir ensuite diffusé les images sur les réseaux sociaux.

Près d’une dizaine de députés ont interpellé le Premier ministre et le ministre de la Justice à ce sujet. "Nous ne protégeons pas assez nos jeunes", "les victimes qui osent se défendre ne devraient pas être abandonnées par le système", a estimé la députée NV-A Valérie Van Peel. Pour la députée MR Marie-Christine Marghem, face aux viols, "nous ne pouvons que constater que la Justice a peu de moyens". Le MR souhaite que la lutte contre le viol, les agressions sexuelles et le harcèlement soient la priorité du gouvernement. Et de citer le cas d’une personne qui a déposé plainte pour harcèlement au printemps 2020 et dont les auteurs restent non identifiés à ce jour. "Il faut que les procédures soient traitées rapidement", demande la députée MR. Il faut que les auteurs soient "gravement sanctionnés".

"Durcir les sanctions", c’est aussi le souhait la députée Open-Vld Gabriëls. "Comment durcir les peines ? " et "que peuvent faire Facebook et Google pour bloquer les vidéos", se demande-t-elle.

Pour la députée PVDA-PTB Maria Vindevoghel, il faut "faciliter le dépôt de plainte", car les plaintes ne reflètent qu’une partie des viols et des agressions commis.

Pour la Députée PS Laurence Zanchetta, "notre arsenal juridique est insuffisant. Le lien de confiance entre les victimes et la Justice doit être réparé". Et de se demander quelles mesures seront prises contre le harcèlement en ligne.
 

Le Premier ministre et le ministre de la Justice condamnent et annoncent des mesures

"Nous sommes tous touchés par ce qui s’est passé et par la fréquence de ce type de cas", déclare le Premier ministre. Devant les chiffres, 10 déclarations de viol par jour, le fait qu’une femme sur trois sera un jour confrontée à la violence sexuelle, qu’un quart des victimes sont des mineurs, "c’est une pandémie qu’on doit combattre avec vigueur et énergie", estime Alexander De Croo.

Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne a aussi fait le constat qu’il n’y avait "pas suffisamment de condamnations" et des "peines pas suffisamment lourdes".

Pour lui, "les victimes doivent pouvoir témoigner". Raison pour laquelle, confirme le ministre de la Justice, le gouvernement a dégagé les budgets pour la création de "centres pour les violences sexuelles". Trois centres existent déjà et d’autres suivront pour qu’il y en ait un par province. Selon le ministre de la Justice, près de 70% des personnes qui se rendent dans ces centres "vont faire une déclaration".

Le ministre de la Justice a aussi mis en avant le "projet Code 37", mené expérimentalement à Anvers. C’est une "nouvelle stratégie" qui permet de "doubler le nombre de preuves de viol". L’idée est d’étendre cette stratégie aux autres Parquets.

Quant aux sanctions, le ministre de la Justice remarque qu’une effraction peut encore aujourd’hui être plus sanctionnée qu’un viol. Raison pour laquelle le code pénal est en cours d’adaptation. "La peine maximale pour viol est doublée, 28 ans d’emprisonnement pour le viol d’un mineur de moins de 14 ans", souligne Vincent Van Quickenborne.

Pour le ministre de la Justice, il serait bon "que le parlement vote cette nouvelle législation avant la période estivale".

Le ministre de la Justice rappelle aussi qu’enregistrer des images d’agression sexuelle est punissable. Celui qui les diffuse commet aussi une infraction.

Enfin, le ministre de la Justice espère trouver des solutions avec des sociétés comme Facebook et Google pour empêcher la diffusion d’images de viols sur les réseaux sociaux. "On doit pouvoir utiliser la technique pour empêcher que ces images puissent se propager", estime-t-il. Il plaide pour la création d’un "point de contact joignable 24H sur 24", qui permettrait d’agir rapidement pour bloquer la diffusion d’images.

Le ministre de la Justice reconnaît que dans le passé, les victimes ont été abandonnées à leur sort. "Avec ce plan, nous voulons tout mettre en œuvre pour que les victimes, toutes, soient mieux protégées", conclut Vincent Van Quickenborne.

Suicide d'une adolescente: le Premier ministre condamne et annonce des mesures

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