Luxembourg Matin

Le subside pour l'espace communautaire pour personnes âgées de Paliseul refusé par la Région : les petites communes défavorisées ?

Des activités trois fois par semaine

© - CG

19 oct. 2022 à 07:12Temps de lecture2 min
Par Clément Glesner

À la maison d'accueil pour personnes âgées de Paliseul, la soupe est sur le feu et les quiches sont enfournées. Trois fois par semaine, le troisième âge est invité à pousser les portes pour rompre la solitude. "J'ai perdu mon mari il y a 25 ans. Alors être seule, vous savez, c'est quelque chose. Je viens ici deux jours par semaine. C'est très bien !", confie Marie-Thérèse. 

Mais cette structure est déficitaire. L'an dernier, c'est un trou de 36.000 euros que le CPAS local a dû combler. Pour soutenir ce genre d'initiatives, la Région wallonne lançait il y a quelques mois un appel à projets. À Paliseul, on n'a pas hésité. Un dossier a été monté et a été rentré auprès de l'administration. 

Les quatre dossiers luxembourgeois jugés irrecevables

Le dossier n'aura même pas eu l'occasion d'aller jusqu'au bout de la procédure de sélection qu'il se voit rejeter. "L'appel à projets stipule que sont concernées les structures qui accueillent des personnes âgées pour lutter contre la solitude. Dans le cas de Paliseul, ils souhaitent accueillir des personnes souffrant d'Alzheimer. Cela demande d'autres infrastructures. Cela ne rentre donc pas dans le champ d'action que l'on souhaite financer", affirme Stéphanie Wilmet, porte-parole de la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale.

À entendre le directeur général du CPAS de Paliseul, il s'agit là d'un malentendu. Un malentendu qui aurait pu être évité si l'administration communale comptait en ses rangs un spécialiste des procédures d'appel à projets. "Mais chez nous, celui qui gère les aspects techniques, RH et financiers est seul. D'autres communes peuvent compter sur de vastes équipes qui peuvent répondre de manière rapide à de tels appels. Cela est plus difficile pour nous", remarque Fabrice Hinck. 

Le bourgmestre de Paliseul, Philippe Léonard, abonde : "C'est quelque chose que l'on rencontre très régulièrement. Les délais sont courts. Il faut faire appel à des experts externes à travers des marchés publics. Puis faire passer en Conseil et en Collège le dossier. C'est pratiquement impossible de répondre à des appels à projets en deçà de deux mois. Donc on se retrouve très très régulièrement face à de gros soucis pour répondre à des appels à qui nous sont proposés."

Cette fois-ci, ce sont 94.000 euros qui passent sous le nez du CPAS paliseulois. Au sein du cabinet de la ministre, on est conscient du problème : "Il est clair que la situation est plus difficile pour les petites communes. C'est la raison pour laquelle dans la mesure du possible on essaye que ces dernières puissent unir leurs forces. Dans tous les cas, nous essayons toujours de nous assurer qu'aucune zone géographique ne soit oubliée.

Sauf pour cette fois, sans doute. Sur la quarantaine de dossiers déposés, quatorze ont été déclarés irrecevables. Dont les quatre projets soutenus par des acteurs issus de la province de Luxembourg. 

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Articles recommandés pour vous