Vivacité

Le squelette d’une "femme vampire" a été découvert par des archéologues

Déclic et des claques

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

06 sept. 2022 à 14:39 - mise à jour 07 sept. 2022 à 07:36Temps de lecture3 min
Par Hélène Maquet et Philomène Parmentier

En Pologne, des archéologues ont fait une étrange découverte : les restes d’une femme, enterrée avec une faucille au-dessus du cou, pour l’empêcher de se relever d’entre les morts. Analyse d'Hélène Maquet dans Déclic.

C’est dans un cimetière, du 17e siècle, situé dans le village de Pień en Pologne qu’une équipe d’archéologues de l’université Nicholas Copernic a fait cette étonnante découverte. Les chercheurs ont découvert les restes d’une femme avec une faucille au-dessus du cou.

Pour les scientifiques, cette faucille est une protection contre les vampires. En effet, impossible pour le défunt de "revenir en tant que vampire" puisqu’en se levant il se serait blessé. "La faucille n’était pas posée à plat mais placée sur le cou de telle manière que si le défunt avait essayé de se lever… la tête aurait été coupée ou blessée", a expliqué Dariusz Poliński au Daily Mail. Et pour être sûr que la présumée vampire reste bien dans sa sépulture, elle avait également un cadenas attaché à son gros orteil gauche.

En analysant la dentition de cette femme vampire, les archéologues ont constaté qu’elle possédait une dent de devant particulièrement pointue. Une particularité physique qui a probablement scellé le destin de cette femme.

Plusieurs techniques pour éviter d'être tués par les morts

Pour les scientifiques, les rites anti vampires étaient monnaie courante au Moyen-Âge et ce, jusqu’au 18e siècle. Pour empêcher les vampires de revenir d’entre les morts, les citoyens ont développé de nombreuses techniques comme décapiter les défunts, les empaler sur une tige en métal, leur couper les jambes, les placer face contre terre pour mordre dans le sol, les brûler, mettre des pierres dans la gorge ou encore les lapider. Les personnes décédées prématurément pouvaient être redoutées et leurs corps mutilés pour empêcher une éventuelle résurrection.

Ce sont donc des tombes qui ne correspondent pas à la manière traditionnelle d'enterrer dans une culture ou dans un endroit donné. C'est ce qu'on appelle des pratiques apotropaïques. Des pratiques qui détournent le mauvais sort, les influences maléfiques.

Selon les recherches de l'américaine Lesley Gregoricka, qui a étudié ces fameuses tombes de vampires, en Pologne et en Europe de l'est, parues en 2014, il ne s'agit pas de personnes qui ont des origines différentes, ou qui sont de passage dans la ville ou le village où elles ont été enterrées.

À Pien, la tombe qui vient d'être découverte, a été enterrée avec soin. La dépouille portait un bonnet de soie, qui coûtait cher au 17e siècle, signe extérieur d'une personne au statut social élevé.

Les vampires, d'infâmes... tuberculeux ?

Si ce n'est pas leur statut social ou leur origine qui font que ces sont enterrés différemment...
Qu'est-ce qui peut expliquer qu'on ait pu penser qu'ils étaient des vampires ?

Lesley Gregoricka pose l'hypothèse suivante : et si les vampires étaient en réalité des personnes malades ? Il y a des épidémies de cholera qui correspondent aux lieux et époques où ces fameuses tombes de vampires ont été découvertes.

Lesley Gregoricka n'est pas la seule a faire ce lien vampire/maladie. Dans les années 1990, les archéologues américains ont découvert une tombe dans le Connecticut : un homme dont le crâne et les fémurs avaient été disposés en "crâne et os croisés". L’examen des os a permis aux anthropologues légistes de déterminer que cet homme était mort de la tuberculose.

Dont les symptômes sont : amaigrissement, perte d’appétit, pâleur, toux accompagnée parfois de crachat de sang. Du coup, certains malades compensaient la perte de sang en en buvant
Les tuberculeux ont également les yeux rouges ou jaunes ce qui crée une sensibilité à la lumière.

Et puis en temps d'épidémie, on peut imaginer comment émerge l'idée d'une première personne infectée qui meurt vient rechercher les autres membres de la famille qui vont mourir tout à tour. Et puis, à l'époque, on connaît mal le phénomène de décomposition des cadavres, après plusieurs semaines.

Or, on déterre les corps pour trouver les vampires. Qu'est-ce qu'on trouve : le cadavre qui a perdu de sa rigidité, le tube gastrique qui se décompose et qui laisse sortir un liquide sombre de la bouche.

Voilà comment les marqueurs du vampire sont aussi ceux de la tuberculose. Cela reste une hypothèse scientifique.

Sur le même sujet

À Prague, cette structure vieille de 7000 ans est plus ancienne que les pyramides et Stonehenge

Patrimoine

Waterloo : de nouveaux ossements de la bataille de 1815 mis au jour

Régions Brabant wallon

Articles recommandés pour vous