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Le solaire photovoltaïque belge égale désormais la puissance nucléaire

Le solaire photovoltaïque belge égale désormais la puissance nucléaire
24 févr. 2021 à 10:51 - mise à jour 24 févr. 2021 à 10:51Temps de lecture4 min
Par Belga

Le solaire photovoltaïque belge égale désormais la puissance nucléaire, mais cependant pas encore l'énergie, signale mercredi l'APERe, l'ASBL de promotion des énergies renouvelables. 2020 détrône ainsi 2011 et devient la meilleure année d'équipement solaire dans le pays avec 1 GWc installé, ce qui porte le parc photovoltaïque à 6 GWc (6.036 MWc). Le photovoltaïque a ainsi fourni plus de 6% de l'électricité totale consommée en Belgique l'an dernier.

La croissance des installations photovoltaïques se poursuit donc, selon les statistiques d'APERe. La Flandre porte la dynamique avec plus de 800 MWc installés en 2020, suivie par la Wallonie, avec environ 140 MWc, et Bruxelles, qui bat son record en dépassant les 50 MWc. La capacité annuelle installée a crû de 25% par rapport à 2019, un record.

Alors que le nord et le centre du pays se sont démarqués positivement, l'association constate une diminution des installations au sud du territoire. Si la Région Wallonne avait suivi la performance des autres Régions, elle aurait ainsi installé 3 fois plus, soit entre 350 et 400 MWc. Pour l'APERe, ce ralentissement wallon s'explique notamment par une baisse de 60% des grandes installations (250 à 750 kWc) et d'un effondrement de 85% sur les très grandes structures (> 750 kWc). Les petites installations se maintiennent, elles, partout sur le territoire ou y sont en forte augmentation, comme en Flandre.

Ces petites installations (inférieures ou égales à 10 kWc) représentent 60 à 65% de la puissance installée à l'échelle belge, les 10 à 250 kWc représentent 10%, et les grandes et très grandes installations représentent 2% respectivement, détaille l'ASBL.

Si la puissance du parc photovoltaïque belge est maintenant équivalente à celle de tous les réacteurs nucléaires, il n'en va pas de même pour l'équivalence des quantités annuelle d'électricité produite, analyse encore l'association. En cette matière, cela dépend de la disponibilité des réacteurs nucléaires, le rayonnement solaire étant, lui, constant d'une année à l'autre.

Si on considère le standard international de 80% de disponibilité nucléaire, le solaire belge permet de compenser 75% de la production annuelle d'un gros réacteur nucléaire. Si l'on regarde la disponibilité réelle de 2020 (62,3% de disponibilité nucléaire), le photovoltaïque belge permet de compenser la totalité de la production de ce réacteur.

Avec un peu plus de 5 TWh d'électricité solaire produite l'an dernier, le solaire représente 30% de l'équivalent de la consommation des logements belges (3.500 kWh/an par ménage) ou un peu plus de 6% de la consommation électrique totale de la Belgique (82 TWh).

Puisque l'objectif d'arriver à 5 GWc d'installation photovoltaïque d'ici 2020 a été atteint, voire même surpassé, une ambition mesurée serait de proposer un rythme d'installation de 1,5 GWc par an d'ici 2030 et donc d'atteindre au moins 22 GWc, au lieu des 11 GWc actuellement visés, estime l'APERe.

Un scénario réalisable dans la mesure où la Belgique a déjà eu deux années à 1 GWc d'installation durant la dernière décennie et que la moyenne des quatre dernières années est de 650 à 700 MWc installés par an, cela avec des prix qui deviennent toujours plus abordables, appuie l'association.

Selon elle, une politique réellement ambitieuse pourrait fixer des objectifs plus importants, rappelant que le premier qui avait été fixé pour 2020 avait déjà été atteint dès 2011.

Dans une réaction, Edora, la fédération des énergies renouvelables, considère 2020 comme une année favorable aux projets photovoltaïques à l'échelle de la Belgique, et en particulier de Bruxelles, où le nombre d'installations a crû de 25%.

Par contre, "le gouvernement wallon se doit donc de relancer structurellement ce secteur en apportant une visibilité suffisante à ses acteurs, via un mécanisme de soutien adéquat et spécifique au développement des différents types d'installations, tout en dégageant les moyens nécessaires lui permettant de répondre aux enjeux climatiques et énergétiques", soutient Edora.

Alors que la Wallonie s'était fixée dans son Plan National Energie Climat (PNEC) un objectif correspondant à une installation annuelle de 220 MWc d'ici à 2030 -et que le gouvernement wallon lance un vaste chantier de révision à la hausse de ses objectifs climatiques-, celui-ci est loin d'être atteint avec 140 MWc installés en 2020, observe la fédération.

Il en va de même pour la filière éolienne, qui n'a installé que 70 MW en 2020 (pour un objectif de 100 MW), laissant présager un problème structurel pour le secteur renouvelable et le respect des engagements climatiques de la Région, redoute Edora.

La Wallonie doit dès lors se donner les moyens de réaliser ses objectifs en élargissant les enveloppes de certificats verts disponibles, déjà épuisées pour 2021 et laissant actuellement peu de perspectives pour la concrétisation de nouveaux projets renouvelables cette année, préconise notamment la fédération.

Le moment est également venu de prendre les mesures tarifaires qui s'imposent en matière d'autoconsommation collective et de communautés d'énergie renouvelable, pour favoriser la consommation "en circuit court" de l'électricité renouvelable produite par les installations renouvelables décentralisées, conclut Edora.

Procès photovoltaïque: JT 23/02/2021

Suite du procès photovoltaïque : les arguments de la région wallonne

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