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Le Soçon, un couteau namurois pas comme les autres, arrive dans la poche de ses 300 acheteurs

© Le couteau de Namur – Greenpig

08 sept. 2022 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Arnaud Pilet

"Soçon", ça veut dire compagnon, camarade ou associé. Et après une campagne de crowdfunding réussi, 150 de ces couteaux ont été remis à leur nouveau compagnon ce jeudi 7 septembre. Une idée qui a fait du chemin pour finalement se concrétiser en quelques mois.

Ils en ont rêvé et ils l’ont fait. Une bande de copains, sept Namurois, du cru ou d’adoption, ont pensé à un couteau spécialement réalisé à Namur (et alentours) qui pourrait se balader dans la poche. Un couteau pliable avec des matériaux bien particuliers : du bois, récupéré çà et là sur des échasses cassées des échasseurs namurois, de la charpente du 16e de la Halle al'Chair récemment rénovée ou de tonneaux qui ont servi à la maturation de la bière du 175e anniversaire des 40 molons. Un concentré de patrimoine pour trancher un morceau de saucisson ou mieux, partager une avisance : "Nous sommes là pour restaurer l’Histoire coutelière de Namur qui a disparu mais qui était importante il y a des siècles, explique Frédéric Bovesse, président de l’asbl "Le couteau de Namur". Et si la lame ne pouvais être réalisée ici, nous avons souhaité mettre dans le reste de ce couteau d’exception reflète l’esprit de Namur".

Le couteau de Namur – Greenpig

Namurois (ou presque) dans le corps et l’esprit

Pensé par des Namurois, assemblé par des Namurois, le seul point qui n’est pas du coin donc reste la lame confectionnée à Thiers en Auvergne, capitale mondiale du couteau d’où proviennent 80% des lames de France. Marie Taillardat, coutelière thiernoise de renom et Pierre Castin, coutelier namurois et membre à part entière de cette épopée, se chargent ensuite de l’assemblage, du montage et de l’affûtage du Soçon. : "Il ne reste plus que deux endroits en Europe où on peut retrouver des lames de qualité comme celle-ci, résistante, correctement aiguisable avec un tel acier", explique Michel Pauss, l’un des 7 compagnons de cette aventure. Pour le reste, pas de doute, c’est de l’ultra local. Les manches en bois de récupération à haute valeur patrimoniale ont été fabriqués à la Ressourcerie namuroise où les bois bruts redeviennent plaquettes avant l’assemblage, le collage et la mise en forme : "Ceux qui me connaissent savent que l’économie circulaire c’est mon truc et là on a mis en notre expertise avec notre équipe pour faire ce manche de A à Z", détaille Marc Detraux, créateur de la Ressourcerie namuroise et trésorier du projet.

Une réussite totale avant la naissance du tout premier exemplaire

L’ancrage local avec des poinçons en forme de S pour rappeler le nom mais aussi les méandres de la Sambre et de la Meuse qui se rejoignent dans la capitale wallonne ou la finition de l’étui en jeans, issus des pantalons de l’équipe, le cuir récupéré par la Ressourcerie et enfin la qualité annoncée de la lame n’ont pas manqué de faire mouche : "Le projet était de faire un crowdfunding de 3 mois pour produire 300 couteaux, explique Michel Pauss. La somme a été atteinte… en 9 jours à peine !".

Une semaine avant les fêtes de Wallonie, le rendez-vous a été fixé à la brasserie de la Houppe pour la remise en main propre à 170 des 300 acheteurs. La concrétisation d’une conversation d’amis : "Nous sommes tous des passionnés de couteau, de bons repas gastronomiques et de notre ville de Namur et autour d’un repas, l’idée a été lancée et voilà, un an et demi plus tard, le couteau est là. Il est beau, bien fait, permettra de couper le saucisson, de beurrer la tartine et même de passer de père en fille par exemple.", explique Marc Detraux.

Mais 300 couteaux ne feront pas l’affaire. Les demandes continuent d’affluer et d’autres Soçons verront encore le jour. Une liste d’attente de près de 150 personnes existe et pour les Namurois mais aussi parfois, des commandes venues de l’étranger, chacun peut venir commander un couteau.

Le couteau de Namur – Greenpig

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