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Le secteur du cargo aérien en Belgique dénonce des mesures mettant en péril son avenir

Le secteur du cargo aérien en Belgique dénonce des mesures mettant en péril son avenir
03 avr. 2017 à 14:04Temps de lecture2 min
Par RTBF avec Belga

L'avenir du cargo belge et européen est menacé et, avec lui, l'emploi de centaines d'Européens. Tel est le cri d'alarme lancé lundi par la Belgian Cockpit Association (BeCA) au regard de plusieurs dossiers qui agitent le secteur. L'association des pilotes s'en est notamment prise aux droits de trafic accordés l'an dernier à Ethiopian Airlines mais aussi aux opérations "illégales" des opérateurs cargo américains UPS et FedEx en Europe. Le projet de la Commission européenne d'amender une réglementation protégeant l'industrie aéronautique et les emplois liés est également dans leur ligne de mire.

Des activités "illégales"

La BeCA a donc tout d'abord dénoncé les droits de trafic accordés par l'ex-ministre de la Mobilité Jacqueline Galant en février 2016 à Ethiopian Cargo, filiale de Ethiopian Airlines, lui permettant de transporter du fret depuis la Belgique vers n'importe quel aéroport dans le monde (jusqu'à 28 vols par semaine). Dans la réalité, selon l'association de pilotes, la compagnie africaine opère comme une société basée en Belgique, par où passent plus de 55% de ses activités cargo. Tout cela sans être soumise aux mêmes contraintes fiscales et sociales que ses équivalents belges, déplore-t-elle.

Les activités "illégales" d'UPS et de FedEx sont également dans le collimateur. En vertu des accords signés entre l'Europe et les Etats-Unis, les compagnies américaines ne peuvent organiser de service 'tout-cargo' en Europe qui ne ferait pas partie d'un service desservant leur propre pays. Une réglementation qui n'est pas respectée, a pu démontrer la BeCA. La Commission européenne se réfugie cependant derrière une interprétation "ultra-libérale" des textes, selon l'association de pilotes.

Sauvegarder les emplois européens 

Enfin, l'exécutif européen souhaite amender une disposition de la réglementation sur le 'wet leasing', soit le fait pour un avion non-européen et son équipage d'opérer provisoirement pour une compagnie européenne. Une limite de temps y est appliquée mais la Commission souhaite lever celle-ci. Une mesure qui ferait basculer toute l'industrie aérienne européenne dans un système sous pavillon de complaisance, craint la BeCA.

Inquiètes des répercussions sur le cargo belge et européen, l'association de pilotes et sa maison-mère, l'European Cockpit Association, demandent aux différentes autorités de protéger l'industrie et sauvegarder les emplois européens.