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Chroniques Culture

Le saviez-vous : Simone de Beauvoir avait conclu un pacte amoureux avec Sartre

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre en ballade sur la plage de Copacabana, à Rio, le 21 septembre 1960.

Il l’appelait "castor" faisant référence à ces animaux qui "vont en bande et ont l’esprit constructeur". Pendant 50 ans, l’auteure du célèbre "Deuxième Sexe" restera aux côtés d’un des plus grands philosophes de sa génération : Jean-Paul Sartre. Un amour en marge des normes sociales mais en accord avec leurs propres valeurs morales.

Sur les bancs de l’auditoire

Ils se rencontrent tous deux sur les bancs de la Sorbonne, à la fin des années 20. Élevée dans un environnement pieux, Simone de Beauvoir, 21 ans, arrive deuxième à l’agrégation de philosophie, derrière un certain Jean-Paul Sartre, 24 ans, issu d’une famille bourgeoise et longtemps moqué à cause de son strabisme.

Sans tarder, les deux jeunes se découvrent l’un chez l’autre un bagage intellectuel et une vivacité d’esprit. À ce stade, ils ignorent encore qu’ils passeront 50 ans de leur existence côte à côte. Cette relation sera scellée par un pacte en marge des bienséances sociales mais qui fera toute la particularité – et sans la pérennité – de leur couple.

Un amour libre d’avant-garde

Il faut dire que, de prime abord, la carrière de ces deux génies intellectuels rendait impossible la vie rangée des couples traditionnels. Sartre muté au Havre, Simone de Beauvoir à Marseille, ils refusent le mariage tout en n’envisageant aucunement de se séparer.

Ce qui les unit, c’est un pacte : de 2 ans, renouvelable, permettant de distinguer leur amour – dit "nécessaire", au nom de l’écriture et des idées – des amours contingents, secondaires. À mille lieues du mariage bourgeois classique, cette relation bâtie par Simone et Jean-Paul ne peut se maintenir qu’à une condition : ne jamais se mentir, ne rien dissimuler à l’autre, l’honnêteté avant tout.

À une époque où le concubinage est encore décrié, ce polyamour doit, pour le couple, briser les tabous et incarner un modèle d’émancipation. C’est ainsi que seule la mort n’aura raison de l’union entre Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. Ils partagent vies, idées et s’épaulent dans leurs combats, en s’inspirant mutuellement. Parmi les nombreux coins du monde qu’ils explorent, ils se rendent dans des pays communistes et serrent la main de Mao ou encore Fidel Castro.

L’épanouissement personnel au centre, ni l’un ni l’autre ne se privera donc d’entretenir des relations secondaires voire même, en ce qui concerne l’actrice Olga Kosakiewicz, faire ménage à 3. Le pacte n’empêche pas non plus le duo iconique de connaître des passions plus sérieuses, comme Simone avec Nelson Algren, et Dolorès Vanetti dont Sartre est tombé amoureux.

Avant de mourir en 1980, le philosophe dira aux micros de RTL : "Sartre ne peut se concevoir sans de Beauvoir, ni de Beauvoir sans Sartre". Au moment de la disparition de Sartre, l’icône féministe déclare "Sa mort nous sépare, la mienne ne nous réunira pas. C’est ainsi. Il est beau déjà que nos vies aient pu si longtemps s’accorder."

Un envers du décor ?

En 2006, l’auteure britannique Hazel Rowley consacre un livre sur ce couple de légende, montrant également l’envers du décor à partir de nombreux témoignages et documents inédits. À la manière d’un Sherlock Holmes, elle enquête et révèle les vérités que le couple s’est, malgré leurs intentions, gardé de révéler l’un à l’autre.

"C’est sans doute l’une des plus formidables histoires d’amour de tous les temps c’est en tout cas une formidable histoire. Et c’est exactement ce qu’ils voulaient que soit leur vie." déclare-t-elle.

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre sont enterrés côte à côte, à 8 ans d’intervalle, au cimetière Montparnasse.

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