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Le saviez-vous : "Poupée de cire, poupée de son" de France Gall et Gainsbourg est inspirée de Beethoven

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Il est le maître incontestable en matière de musique classique cachée dans ses chansons. Serge Gainsbourg a notamment été inspiré par deux sonates de Beethoven pour Poupée de cire, poupée de son et Ma Lou, Marilou. Analyse dans le feuilleton L’histoire pas si classique des chansons cultes.

Serge Gainsbourg est le spécialiste pour glisser des partitions du grand répertoire dans ses compositions. Il disait d’ailleurs lui-même " j’emprunte à la grande musique ".

Il a déjà repris la Symphonie du Nouveau Monde pour Initials B.B., une partition d’Antonín Dvořák. qu’on retrouvait dans Requiem pour un con.

Serge Gainsbourg a aussi puisé dans une Symphonie de Johannes Brahms pour la chanson Baby Alone in Babylone de Jane Birkin.

Et l’homme à la tête de chou ne s’est pas arrêté là. Il a aussi été inspiré par Ludwig van Beethoven. 

Une musique 'révolutionnaire'

En 1794, Ludwig van Beethoven a 24 ans et il commence à composer un cycle de sonates pour piano à Vienne. La première de ces sonates pour piano est achevée en 1795 et Beethoven la dédie à son professeur : Joseph Haydn.

Beaucoup de musicologues s’accordent sur la Révolution que Beethoven a initiée avec ses œuvres pour piano. Il s’inspire de son professeur, Haydn, mais aussi de Mozart qui vient de mourir en 1791Puis, Beethoven admire aussi l’œuvre de Jean-Sébastien Bach.

Beethoven révolutionne la musique et, plus particulièrement, il va transcender l’écriture pour ce nouvel instrument qui est en train de se développer : le pianoforte. Il ouvre ainsi la voie au Romantisme musical. Mais ça, c’est une autre histoire…

En tout, Beethoven écrira 32 sonates pour piano dont certaines sont plus connues que d’autres. La première sonate a donc inspiré Serge Gainsbourg en dans les années 1960 pour écrire une chanson qu’on connaît tous : Poupée de cire, poupée de son.

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"Poupée de cire, poupée de son" sur la même mélodie que Beethoven

C’est la chanson qui permet à France Gall de remporter le Concours Eurovision de la chanson le 20 mars 1965 à Naples, alors qu’elle représente le Luxembourg. France Gall n’avait alors que 17 ans. Et elle interprète cette chanson de Serge Gainsbourg, orchestrée par Alain Goraguer.

Cette chanson se base sur un thème musical du quatrième mouvement de la Sonate pour piano n°1 de Beethoven. Ce quatrième mouvement est assez rapide, il est noté en Prestissimo.

Si on ralentit la partition de Beethoven, on remarque que Beethoven est bien caché dans "Poupée de cire, poupée de son !

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Une autre sonate dans "Ma Lou, Marilou"

On le sait, Beethoven a été un véritable précurseur dans sa musique avec des mélodies qui ont traversé les siècles.

Serge Gainsbourg est aussi un précurseur, selon lui, comme il l’affirmait à Christophe Deborsu en 1990 à la RTBF. Mais il est aussi un génial caméléon ! Car après Poupée de cire, poupée de son, en 1976, Gainsbourg réitère : il emprunte à nouveau à Beethoven pour une autre chanson : Ma Lou, Marilou.

Cette fois, il puise dans la sonate n°23, appelée aussi Sonate Appassionata / Passionnées. Beethoven commence à l’esquisser en 1804 et la termine fin 1805, début 1806. Le 3ème mouvement est sans doute son passage le plus connu de cette sonate. Mais ce n’est pas là que Gainsbourg puise son inspiration. C’est le tout début de cette sonate qui nous intéresse, et, plus particulièrement, les premières notes du 1er mouvement. Si on accélère, cette fois, la partition de Beethoven, c’est peut-être plus évident.

Pile 170 ans plus tard, en 1976, Serge Gainsbourg s’inspire de cette mélodie pour Ma Lou Marilou. Une chanson qu’on retrouve sur son album concept L’Homme à la tête de chou.

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La Trois

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