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Chroniques Culture

Le saviez-vous : les hauts talons n'ont pas toujours été assimilés aux femmes

L’actrice américaine Marilyn Monroe donne le coup d’envoi, lors du match de football opposant le club Hapoel d’Israël à l’équipe américaine des All-Stars, au stade D’Ebbets Field de Brooklyn, le 16 mai 1957, à New York.
31 déc. 2021 à 14:462 min
Par Romane Carmon

Portés à nouveau par des hommes, notamment sur les défilés haute couture, et pourtant, les hauts talons restent aujourd’hui un symbole de féminité. Si je vous disais que, dans l’Histoire, il n’en a pas toujours été ainsi ?

Le côté pratique avant l’esthétique

Avant d’incarner une mode, les ancêtres de nos hauts talons actuels avaient d’abord pour but de répondre à un aspect tout simplement pratique.

Dans l’Egypte antique, les bouchers se servaient de chaussures élevées pour éviter de patauger dans le sang qui jonchait le sol. Au XVe siècle, les cavaliers perses portaient des petits talons pour stabiliser leurs pieds dans l’étrier.

Marqueur d’une distinction sociale, pas encore de sexe

Outre l’usage pratique, les hauts talons deviennent progressivement un moyen d’afficher sa (haute) position sociale. Aux pieds des acteurs de théâtre de la Grèce et Rome antique, on retrouvait des cothurnes – des sandales à plateforme – pour indiquer le haut rang social de leur personnage.

L’époque médiévale a vu l’arrivée des chopines, l’ancêtre des semelles compensées actuelles. Celles-ci pouvaient s’élever jusqu’à 60 cm de hauteur, plaçant son ou sa porteuse "au-dessus des petits", mais la contraignant, en même temps, à se déplacer à l’aide d’une canne.

Peu confortables, les chopines sont finalement abaissées et creusées au centre, laissant ainsi apparaître un talon à l’arrière. En cette moitié du XVIe siècle, les talons hauts ont la cote chez les hommes, notamment les nobles, qui aimaient dominer la foule de leur hauteur.

Cette tendance venue d’Italie arrive en France par le biais de Catherine de Médicis. Celle-ci voulu allonger ses 1,50 m de hauteur lors de son mariage avec Henri II, en 1533. Louis XIV, aussi, n’était pas satisfait de ses 1m63. Aussi, les hauts talons devenaient un moyen d’élancer le mollet masculin.

L’exclusivité féminine : l'élégance et le pouvoir de séduction

Vous l’avez compris : quelques siècles se sont écoulés avant de voir apparaître les hauts talons comme le symbole même de la féminité.

La Révolution Française avait fait tomber les froufrous habituellement assimilés aux mieux nantis : désormais, l’homme bourgeois s’habille sobrement car il travaille. Pas les femmes : en réalité, ce sont elles qui deviennent la vitrine sociale de leurs maris.

Délaissés pendant la Seconde Guerre Mondiale, les hauts talons connaissent une recrudescence dans les années 50, pour atteindre les 8 centimètres de hauteur.

C’est l’arrivée des talons aiguilles, omniprésents sur les podiums des grands couturiers français et italiens, et adoptés par de grandes figures hollywoodiennes comme Marilyn Monroe.

Au-delà de l’attirance qu’ils procurent à la gent masculine, ces hauts talons sont aussi la source de maux pour ces femmes. Fini de souffrir pour être belle, s’exclament les féministes des années 60, rappelant aussi que l’usage des hauts talons n’a d’autres intérêts que d’alimenter cette image de la femme-objet.

Une utilisation démocratisée, mais controversée

On constate aujourd’hui que le port de hauts talons s’est largement démocratisé – lui qui était longtemps resté un signe de distinction sociale.

Quant à ses conséquences morales et sociétales, les féministes des années 1990 se positionnent différemment de leurs aînées des années 1960 : les femmes ne sont-elles pas, après tout, libres de porter ce qu’elles veulent ?

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