Belgique

Le retard de la vaccination dans la capitale, "c’est la responsabilité du gouvernement bruxellois", tacle Cieltje Van Achter

18 mai 2021 à 07:15Temps de lecture3 min
Par RTBF

La semaine dernière, le taux global de Belges vaccinés était de 30,8%. Mais seuls 23% des Bruxellois étaient vaccinés. Par ailleurs, les communes bruxelloises les moins vaccinées ont également enregistré le plus grand nombre de cas positifs l’année dernière. Comment l’expliquer ? Est-ce un problème de gestion des autorités ? Selon Cieltje Van Achter, la cheffe de groupe des nationalistes (N-VA) à Bruxelles, dans l’opposition au parlement, la réponse est oui. "C’est la responsabilité du gouvernement bruxellois qui a toujours tardé."

"Pour revivre normalement, il faut deux paramètres : avoir un taux de vaccination de 70% dans la population, et pas plus de 500 patients dans les soins intensifs. C’est important aussi d’obtenir ce même taux de vaccination à Bruxelles". Cietlje Van Achter ne remet pas en cause la nature socio-économique du problème. "Mais ce n'est pas une fatalité", il suffit de comparer la situation anversoise. "Anvers est une ville cosmopolite où les gens viennent de partout. Pourtant, le taux de vaccination est de 93% chez les personnes de plus de 65 ans."

Le retard bruxellois

Pour amplifier l’adhésion, "il aurait fallu travailler beaucoup plus tôt avec les ambassadeurs dans chaque communauté. Dès octobre, c’est ce qui était fait à Anvers. Des volontaires informaient leur entourage, leur communauté. D’abord sur le covid en lui-même, ensuite sur la quarantaine, le testing et à présent sur la vaccination", explique Cieltje Van Achter.

On voit qu’à Bruxelles, une tranche de population vit encore en marge de la société.

Outre le retard des autorités bruxelloises, elle regrette aussi le manque d’informations dans certaines communes. "On a bien vu les problèmes avec les réserves de vaccin. On a tous la responsabilité de convaincre tout le monde de se faire vacciner." Selon l'élue nationaliste, le retard dans la vaccination bruxelloise s’explique aussi "parce que nous n’avons pas encore de parcours d’intégration obligatoire pour les nouveaux arrivants. On voit qu’à Bruxelles, une tranche de population vit encore en marge de la société."

Fraude à la vaccination

Quant aux Wallons et aux Flamands qui se font vacciner à Bruxelles, la cheffe de groupe des nationalistes (N-VA) à Bruxelles dénonce un manque de contrôle. "Je ne comprends pas que ce genre de problèmes puissent arriver. C’est important de ne pas perdre de vaccins. Bruvax fonctionne bien, mais maintenant on entend qu’il y a des Wallons et Flamands qui viennent à Bruxelles parce que c’est trop facile… Moi j’ai été contrôlée lors de ma vaccination, ils ont vérifié ma carte d'identité. On pouvait vérifier si j'étais Bruxelloise ou pas. Je ne comprends pas."

Ce n’est pas une course entre région, c’est une course contre le virus

A l’instar du ministre Président flamand, Jan Jambon, Cieltje Van Achter partage son inquiétude quant aux disparités entre régions. "Si on entend le Ministre Rudi Vervoort dire que ce n’est pas une course, il a tort : ce n’est pas une course entre régions, c’est une course contre le virus. Le taux de vaccination de 70% est une immunité collective qu’on doit atteindre à Bruxelles." Si Bruxelles reste à la traîne, la capitale pourrait-elle rester sur le carreau de la réouverture ? D’après l'élue, "si Anvers atteint un taux de vaccination suffisant, un centre culturel ne pourrait-il pas ouvrir ? En ce sens, c’est donc la responsabilité de chacun d’obtenir ce taux de vaccination important."


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A ces questions logistiques, s’ajoute celle des coûts des vaccins. Et les deux sont liées. En effet, les vaccins ne coûtent pas la même chose dans chaque Régions. Ils sont plus élevés en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre. En cause, notamment les coûts des transports des doses à travers le pays. La question de savoir comment répartir les coûts est au cœur des débats. "On parle de sommes importantes, c’est l’argent du contributeur. Il faut évidemment l’utiliser de manière efficace. Ce n’est pas le vaccin qui ne coûterait pas la même chose d’une Région à l’autre. Le problème c’est la gestion. Mais évidemment qu’il pourrait avoir des différences entre Régions, je n’ai pas de problèmes avec ça du moment que le taux de vaccination est atteint. "

Mettre fin aux aides de l’Horeca

Autre sujet sur la table, les aides destinées à l’Horeca. Dès la reprise du secteur au mois de juin, la N-VA souhaite y mettre fin. Pour l’élue bruxelloise, c’est évident. "Ce sont des aides de transitions prévues pour quand l’Horeca est à l’arrêt. Quand ça ouvre, il est donc normal de les arrêter." Pour elle, le problème n'est pas là mais concerne le plan de relance. A ce propos, la cheffe du groupe nationaliste à Bruxelles se montre à nouveau critique. "Il faut un plan de relance pour le tourisme, comme pour l’Horeca. La ministre Demir a proposé un grand plan pour la Flandre. Mais à Bruxelles, il n’y a pas vraiment de plan de relance. Le plan de relance bruxellois, c’est l’accord de gouvernement avec quelques mesures. Pourtant, c’est très important pour la région bruxelloise."

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