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Le raton laveur une espèce encombrante pour la biodiversité européenne

Le raton laveur une espèce encombrante pour la biodiversité européenne

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Johan Michaux, notre scientifique utopiste, comme il se présente dans les capsules diffusées sur notre page Facebook du Jardin Extraordinaire, évoque au travers du cas du raton laveur, les problématiques liées à l’introduction d’espèces exotiques dans la préservation de la biodiversité locale. Avec son masque de Zorro, ses pattes qui ressemblent à des mains d’humain, le potentiel "sympathie" de cet animal est plutôt important. Pourtant, il ne faut pas s’y fier. A l’heure actuelle cette espèce représente un danger pour la biodiversité européenne.

Pourquoi dit-on raton laveur ?

Tout d’abord, pourquoi appelle-t-on cette espèce, le raton laveur ? Le raton laveur a une très mauvaise vue et par ailleurs, cette espèce est principalement nocturne. Comment dès lors le raton laveur va-t-il savoir si la proie capturée ou la nourriture récoltée est bonne ou mauvaise pour lui ? Au travers de l’évolution, cette espèce a mis au point deux stratégies tout à fait particulières. Premièrement, il a un odorat très développé et deuxièmement, il présente des centaines de milliers de petites terminaisons nerveuses à l’extrémité de ses mains. C’est ainsi que grâce à ces deux sens, il va être capable de détecter si la nourriture est bonne ou mauvaise pour lui. Et ces deux sens vont être d’autant plus optimaux que la nourriture qu’il vient de récupérer est humidifiée, et donc lorsque le raton laveur a la possibilité, il va la tremper dans l’eau.

Un raton laveur en train de se lécher la patte.
Un raton laveur en train de se lécher la patte. Getty images

A partir de 1930, le raton laveur a rejoint l’Europe

Le raton laveur est une espèce qui, à l’origine, provient d’Amérique du Nord. Il s’agit d’une espèce assez commune aux États-Unis et au Canada, où on la retrouve un peu partout mais il ne pullule pas puisqu’il est régulé. Il est en équilibre avec des espèces de plus grands prédateurs comme le puma, le loup, le lynx du Canada ou encore la martre d’Amérique.

Le problème vient du fait que cette espèce a été introduite dès les années 1930 en Europe. Premièrement, en Allemagne, lors d’élevages pour récupérer sa fourrure ou alors comme animal de compagnie dans les bases de l’OTAN qui ont éclos un peu partout en Europe après la dernière Guerre mondiale. Ces animaux sont en effet assez facilement apprivoisés et aux États-Unis, il n’est pas rare que les gens les utilisent comme animaux de compagnie. Malheureusement, ces ratons laveurs vivant autour des fermes d’élevage ou dans ces centres de l’OTAN se sont rapidement évadés pour retourner à la vie sauvage.

Le raton laveur était élevé pour sa fourrure.
Le raton laveur était élevé pour sa fourrure. © Tous droits réservés

Peu visibles et pourtant bien présents

C’est là que le problème est apparu puisque sans prédateurs naturels au niveau de l’Europe, et sachant que le raton laveur a une potentialité de reproduction extrêmement importante, il peut faire jusqu’à neuf petits par portée, une fois par an.

Cette espèce a commencé à augmenter et a proliféré dans nos forêts européennes. On estime par exemple que pour l’Allemagne, il y aurait plus de 1 million de ratons laveurs, en Wallonie on estime à plusieurs dizaines de milliers de ratons laveurs vivant déjà dans nos forêts. Pourtant on en voit très peu des ratons laveurs, ils se font plutôt discrets. Comme cette espèce est principalement nocturne, c’est vrai qu’il est assez rare de la rencontrer. Et pourtant, les naturalistes en Région wallonne qui installent des pièges photographiques dans leur jardin observent de plus en plus fréquemment cette espèce.

Coucou je suis là  semble exprimer le raton laveur.
Coucou je suis là semble exprimer le raton laveur. © Tous droits réservés

Plusieurs problématiques liées à la présence du raton laveur

Cette prolifération occasionne plusieurs problèmes. Le premier est que le raton laveur peut être porteur de toute une série de maladies qui peuvent se transmettre à l’homme, mais également à toute la faune européenne (la rage, la leptospirose ou encore la maladie de carré).

Deuxièmement le raton laveur, est une espèce plutôt carnivore, il va se retrouver en compétition directe avec nos carnivores européens comme le renard, la fouine, la martre ou le chat forestier.

Troisièmement, le raton laveur présente un régime alimentaire qui est extrêmement diversifié, de type opportuniste, c’est-à-dire qu’il va à la fois se nourrir de maïs, de baies de fruits, d’insectes, d’amphibiens, de mollusques ou encore d’oiseaux et de mammifères.

Que retenir de l’importation du raton laveur en Europe ?

Une série d’études récentes a montré que le raton laveur aurait un impact négatif sur des espèces d’oiseaux, par exemple, qui nichent dans les arbres, dont certaines espèces sont très rares et menacées, comme la cigogne noire ou encore les rapaces diurnes.

Le raton laveur est un bel exemple pour démontrer à quel point l’introduction d’une espèce exotique dans une nouvelle région peut s’avérer problématique pour la préservation de la biodiversité locale.

Un conseil, si vous avez des animaux exotiques dans vos maisons, surtout, ne les relâchez jamais dans la nature, car à partir d’un très petit nombre d’individus, on peut avoir des dégâts très importants pour la biodiversité de nos régions.

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