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"Le quatrième mur" donne le ton du festival des Libertés

"Le quatrième mur" donne le ton du festival des Libertés

Débats, théâtre, ciné, concerts : Bruxelles Laïque propose comme chaque année une programmation foisonnante et mobilisatrice. La notion de "système" y sera interrogée sous plusieurs aspects. Avec, entre autres, Aka Moon, Camille et Puggy en tête d’affiches musicales.

Une ligne de démarcation, des snipers embusqués, des balles qui sifflent aux oreilles des civils. L’absurdité d’une guerre, une de plus, portée par des questions d’appartenance ethniques et religieuses. Le soleil inonde ce Liban des années 80, déchiré par un conflit armé qui ne cesse de durer entre les chrétiens, les musulmans, et leurs déclinaisons, maronites, sunnites, chiites, etc.

Pas besoin de tout comprendre à la spécificité de ses oppositions idéologiques et identitaires pour être totalement happé par " Le quatrième mur " brillamment mis en scène par Julien Bouffier, interprété par la Compagnie Adesso-E-Sempre sur base du roman de Sorj Chalandon (1).

Cette performance est pour nous emblématique de la démarche du festival des Libertés : sur la forme d’abord. Du théâtre multidisciplinaire, rempli de surprises. De la vidéo, des incrustations, un va et vient permanent entre le vivant et le filmé. Le tout enrobé dans une musique interprété en live. Deux actrices à la fois sobre et poignante et une petite fille en contrepoint solaire de ce voyage sombre et violent au cœur de la déraison et de l’aveuglement humain. C’est totalement immersif et prenant de bout en bout !

Sur le fond ensuite car l’enjeu du récit est de monter une représentation d’Antigone au cœur même de la ligne de séparation des Beyrouth est / ouest avec des acteurs issus de chaque communautés. Au-delà du symbole de la coopération en plein milieu de la guerre, il propose une réflexion sur l’utilité voir le sens même de l’art face aux atrocités.

On est évidemment ici au cœur du propos porté par Bruxelles Laïque, organisateur de cet événement multi disciplinaire qui interroge notre monde, ses modes de résistances et ses solidarités. L’art comme vecteur de dialogue, de coopération et de construction commune. L’expression d’une angoisse, d’un désir, d’une conviction à proposer et à débattre. Le tout dans un esprit festif qui célébrera notamment les 25 ans de l’aventureuse ingénieuse carrière d’Aka Moon le 24 octobre. Ou encore le retour de Linton Kwesi Johnson pour une clôture en apothéose.. Sans oublier Camille, le 25, dont le grain de folie comme parfaitement à l’énergie de l’événement (2).

Une semaine pleine de tentations culturelles et citoyennes, à consommer sans modération !

Le Festival des libertés, au Théâtre National jusqu'au 28 octobre

(1) Journaliste au " Canard enchainé ", il a passé près de 40 ans à " Liberation ", il est l’auteur de sept romans et à obtenu le prix Goncourt des Lycéens pour " Le quatrième mur "

(2) Ce concert est complet. Elle sera de retour le 29 mars prochain à l’Ancienne Belgique.

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