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Regions Liège

Le procès des comités de secteur fera-t-il "pschiiiiit" ?

Pschiiit ?
13 nov. 2019 à 18:49 - mise à jour 14 nov. 2019 à 08:58Temps de lecture2 min
Par François Braibant

Mener le procès des comités de secteur en vaut-il encore la peine ? La première "vraie" audience se tient ce 14 novembre. Celle de mars dernier avait servi à fixer le calendrier. Mais un peu comme dans un célèbre roman d'Agatha Christie, le nombre de personnages a fondu. Ils étaient quarante au début de l'affaire, poursuivis pour faux, usage de faux, abus de biens sociaux et concussion. En mars, dix étaient cités à comparaître. Ils ne seront désormais plus que sept. 

Les comités de secteur : rappel

Le scandale des comités de secteur de Publifin éclate il y a trois ans, en décembre 2016. C'est Cédric Halin, échevin des finances de la commune d'Olne qui découvre le pot aux roses. Chez Publifin, 25 élus politiques sont membres de trois comités : télécom, Liège-ville et énergie. Ces comités-Théodule ne décident de rien. Ils se réunissent peu. Et quand ils se réunissent, les absents sont quand même payés. S'ils sont payés, c'est qu'il ne s'agit pas de jetons de présence, mais de rémunérations fixes. 

En deux jours, les comités de secteur sont supprimés, mais l'affaire s'emballe très vite et elle éclabousse tout le milieu politique liégeois. Les démissions s'enchaînent. Le PS André Gilles, l'homme fort de la Province se défend très mal devant la commission d'enquête du Parlement Wallon. Son "Je suis là selon mon bon plaisir" restera longtemps dans les mémoires. André Gilles, l'un des grands organisateurs, est exclu du PS. Son compère, le bourgmestre d'Ans, Stéphane Moreau, prend les devants. Il démissionne du parti et de son mayorat. Mais il reste le grand patron de Nethys. Devant la commission d'enquête, Stéphane Moreau reconnaît du bout des lèvres gagner pas loin d'un million d'Euros par an. 

A partir de là, Stéphane Moreau devient l'homme à abattre. Il est présenté comme celui qui se trouvait au centre du système. C'est avec lui que les partis traditionnels négociaient pour leurs élus de seconde zone les postes très convoités des comités de secteur. Stéphane Moreau se maintient de toutes ses forces à la tête de Nethys. Son traitement est réduit des trois quarts. La tempête met trois ans à l'emporter. C'est un tour de force qu'il faut comparer aux quelques petites semaines de résistance des Dominique Drion, Georges Pire, Claude Parmentier et André Gilles. 

Pourquoi ne seront-ils plus que sept ?

Ces André Gilles, Dominique Drion, Gil Simon dont les noms figurent dans le dossier pénal en qualité de suspects, Stéphane Moreau, Bénédicte Bayer, d'habitude présentés comme les têtes pensantes du système, ne figuraient pas sur le banc des prévenus en mars dernier et ne seront pas là ce jeudi. Les avocats des autres prévenus, que nous avons interrogés, aimeraient savoir si ces "gros poissons" ont payé pour éviter le procès.

Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que le Parquet Général a proposé aux suspects une transaction pénale en échange d'un arrêt des poursuites. Et la majorité d'entre eux a accepté. Trois viennent encore de se décider : Raphaël Amieva, Marie-Noëlle Mottard et Serge Manzato.

Ne resteront donc parmi les prévenus que sept personnes : Georges Pire, Pierre Stassart, Pol Guillaume, Catherine Maas, Jean-Marie Gillon, Robert Botterman et André Denis. Toutes ont fait partie du conseil d'administration de Publifin - anciennement Tecteo. La justice leur reproche d'avoir voté en 2013 la mise en place du système des comités de secteur. Et c'est autour de cette question que tout le procès va tourner : ceux qui restent sont-ils bien les responsables ? Ou le procès va-t-il manquer sa cible ?
 

Journal télévisé 13H

Publifin : procès pour réunions fictives

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