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Le prix du carburant bientôt à 1,50 euro le litre en France : comment est-ce possible ? Et chez nous ?

24 juil. 2022 à 12:18 - mise à jour 24 juil. 2022 à 15:21Temps de lecture3 min
Par Fabien Van Eeckhaut

Le litre de carburant à 1,50 € le litre, une bonne nouvelle face à l’envolée des prix de l’énergie qui a eu lieu ces derniers mois pour les automobilistes. Mais attention, c’est uniquement valable Outre-Quiévrain, de l’autre côté de la frontière donc.

Ce samedi, le gouvernement français a en effet fait savoir que la ristourne sur les prix de l’essence va être augmentée à la rentrée : elle passera de 18 centimes par litre – ristourne accordée depuis 2 mois – à 30 centimes en septembre et octobre 2022. Ensuite, elle va décroître et sera fixée à 10 centimes par litre en novembre et décembre 2022.

Total Energies forcé de faire un geste

Le prix du litre de diesel ou d’essence se situe toujours autour de 2 euros, un peu partout en France, mais il va baisser.

Cette ristourne à la hausse, c’est le fruit d’un savant compromis politique au sein de l’Assemblée nationale : elle a été décidée, d’un commun accord, avec le groupe parlementaire de la Droite, à savoir Les Républicains, dans le cadre des débats du projet de loi de finances rectificative pour 2022.

Mais la baisse du prix du carburant sera aussi complétée par un solide coup de pouce du géant gazier et pétrolier français Total. L’entreprise a en effet proposé, de son côté, une remise de 20 centimes au litre dans l’ensemble de son réseau de stations-service en septembre-octobre (10 centimes en novembre et décembre). Une remise rognée sur ses bénéfices – "les surprofits" disent certains – liés à l’envol des prix des produits pétroliers. Ce qui va donc s’ajouter pour le groupe à la remise de 12 centimes par litre promise jusqu’au 31 août, mais là uniquement dans plus de 100 stations réparties sur les autoroutes.

 

Le geste de Total est une réponse à la demande du gouvernement, qui avait appelé le groupe pétrolier à accentuer ses efforts dans la participation à la lutte contre l’inflation, jugeant insuffisants les gestes consentis jusqu’ici.

L’Etat français avait même été jusqu’à agiter la menace d’une taxation directe ou indirecte sur les raffineries pour aider Total à prendre sa décision. Il faut dire aussi qu’en France – contrairement à la Belgique -, les grandes enseignes de supermarchés concurrencent les pétroliers sur leur terrain et écrasent aussi leurs marges à la pompe, l’objectif étant d’attirer les clients vers leurs rayons.

Ce qui fait dire à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie qu'"avec la remise proposée par Total et celle du gouvernement, vous auriez dans certaines stations-service en France, un carburant à 1,50 euro". Un prix inédit depuis longtemps à la pompe en effet.

Les autres partis politiques français, eux, se demandant déjà ce qui se passera ensuite et s’inquiétant de la limite dans le temps de cette ristourne.

Des élus qui s’inquiètent aussi du fait que selon des études notamment du Conseil d’analyse économique (CAE, l’organisme placé auprès de la Première ministre et chargé d’éclairer les choix économiques de l’exécutif), le dispositif de ristourne sur le prix des carburants a surtout bénéficié aux Français les plus aisés contrairement aux plus pauvres : les plus aisés sont ceux qui consomment le plus de carburants et donc profitent davantage en montant absolu de la remise accordée par le gouvernement… Mais ceci est une autre histoire.

Et chez nous ? Rien dans l’immédiat

En Belgique, depuis ce samedi, les prix des principaux produits pétroliers et donc le prix à la pompe ont baissé aussi, mais c’est la seule conséquence de l’évolution des cotations des produits pétroliers sur les marchés internationaux, pas d’une mesure gouvernementale. Il faut dire que là rien n’est vraiment prévu dans l’immédiat.

Du côté du gouvernement fédéral – désormais en vacances -, on rappelle que l’État a déjà largement mis la main au portefeuille, avec une réduction d’accises de 17,5 centimes par litre depuis mars (soit une économie de 10 euros sur un plein).

Cette mesure a été prolongée jusqu’à la fin de l’année - cela a été confirmé lors du conseil des ministres du 15 juillet - et coûte des centaines de millions d’euros à l'État, même si son effet paraît déjà "invisible" ou quasi là la pompe.

Des débats ont eu lieu au sein de la Vivaldi pour baisser encore le niveau d’accises au minium imposé par l’Europe, mais il n’y a pas eu d’accord. Certains partis, les Verts notamment, refusant de donner un coup de pouce fiscal à une énergie fossile.

De leur côté, les experts du groupe "pouvoir d’achat", réunis autour du gouvernement de la Banque Nationale de Belgique, ont, eux, plaidé pour une réforme de la taxation et de la TVA sur l’énergie, mais le chantier – vaste – a été repoussé à plus tard.

Ceci alors que la dépréciation de l’euro par rapport au dollar n’aide pas, les échanges commerciaux liés au pétrole se faisant en dollar.

Rajouter aussi le fait qu’en pleine période estivale et de vacances, la demande en carburant reste forte, tout ceci maintient des prix élevés.

L’automobiliste a donc intérêt chez nous à prendre son mal en patience, espérant un début de baisse des prix à la rentrée au plus tôt. Ou alors envisager d’aller précisément faire son plein côté français… Cela mérite réflexion. A vos calculettes !

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