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Belgique

Le Premier ministre et la ministre de l'Energie présentent l'accord sur le nucléaire et le dossier "Energie"

Le Premier ministre et la ministre de l'Energie présentent l'accord sur le nucléaire et le dossier "Energie"
23 déc. 2021 à 09:31 - mise à jour 23 déc. 2021 à 11:434 min
Par Jean-François Noulet

Le gouvernement fédéral a trouvé jeudi matin un accord sur la sortie du nucléaire, à l’issue d’une nuit de discussions. Le scénario A, soit la fin des réacteurs nucléaires actuels en 2025, est "renforcé" mais 100 millions d’euros seront investis dans la nouvelle technologie nucléaire.

En outre, l’option d’une prolongation de réacteurs nucléaires reste en suspens jusqu’à la mi-mars. Il reste en effet à lever des obstacles à la mise en œuvre des alternatives au nucléaire. L’option de la construction d’une centrale au gaz à Vilvoorde est en effet barrée par le gouvernement flamand qui refuse d’octroyer le permis de construire cette installation. Sans ce permis, d’autres options doivent être envisagées et affinées d’ici la mi-mars.

Ce jeudi, lors d’une conférence de presse le Premier ministre et la ministre de l'Energie ont présenté les détails de l’accord conclu cette nuit entre les partenaires de la majorité.

Le Plan A, celui de la sortie du nucléaire est "renforcé"

Offrir une sécurité absolue et laisser de la place à l'innovation technologique, voilà les principaux axes de l'accord conclu au sein du gouvernement.

La sécurité est "garantie grâce un plan A renforcé", avec "un processus clair ancré dans la loi", a explique Alexander De Croo, le Premier ministre. Il reconnaît que c'était essentiel car le refus du gouvernement flamand d'accorder un permis à une future centrale au gaz à Vilvoorde "avait semé un certain trouble", selon le Premier ministre. 

Ce qui a été décidé cette nuit s'inscrit bien dans la logique de l'accord de gouvernement.  La fermeture des centrales nucléaires en 2025 reste le but à atteindre, mais il y a encore quelques étapes à affiner dans les prochains mois.  Les conditions inscrites dans l'accord de gouvernement, à savoir la sécurité d'approvisionnement et la maîtrise des prix, restent les lignes directrice dans ce dossier. 

Objectif : le 15 mars 2022 pour peaufiner les projets d'alternatives au nucléaire

Le gouvernement se laisse jusqu'au 15 mars pour voir si le projet de construire une centrale électrique au gaz à Vilvoorde peut se concrétiser ou pas.  

Pour rappel, pour garantir l'approvisionnement énergétique du pays après la fermeture des réacteurs nucléaires en 2025, la ministre de l'Energie a été chargée de préparer des alternatives. A côté des options "renouvelables", comme les éoliennes offshore ou la filière "hydrogène", la construction de centrales au gaz a été actée.  Des investisseurs ont été invités à participer à des enchères et à rentrer des projets pour de telles centrales et un mécanisme a été mis en place pour garantir à ces investisseurs de rentrer dans leurs frais puisque ces centrales au gaz ne tourneraient que lorsque la production des autres sources d'énergie serait insuffisante.  Le projet de centrale au gaz le plus "intéressant" est celui d'Engie, à Vilvoorde. Ce projet est actuellement bloqué par le gouvernement flamand qui refuse de lui accorder un permis.

Ce dossier de la centrale de Vilvoorde pourra-t-il être débloqué d'ici le 15 mars?  Si oui, l'affaire est réglée. Sinon, la ministre de l'Energie ira chercher les projets suivants dans la liste des autres dossiers d'investisseurs ayant participé aux enchères.  "Il y a suffisamment de projets possibles avec permis pour choisir d'autres capacités de production", a communiqué la ministre Van der Straeten lors de la conférence de presse. 

Le Plan B, celui du nucléaire, reste en tant que "filet de sécurité"

L'option nucléaire, celle de la prolongation de deux réacteurs, n'est pas définitivement enterrée. 

Pour le 17 janvier, l'AFCN, l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire, et la Direction générale "Energie"  sont chargées de préparer un rapport.  Il s'agit de dresser la liste de ce qu'il y aura lieu de faire s'il s'avérait nécessaire de prolonger deux réacteurs nucléaires.  Ce serait le cas si les alternatives au nucléaires prévues dans le plan de la ministre de l'Energie ne permettait pas de garantir l'approvisionnement du pays.  Le Plan B, celui du nucléaire, serait alors activé.

Pour le 18 mars, Elia, le gestionnaire du réseau électrique, doit aussi prévoir un rapport sur la garantie d'approvisionnement.  

"On exécute le Plan A, mais on garde, pour les imprévus, un filet de sécurité", a réagit Alexander De Croo, lors de la présentation de l'accord. 

Si le Plan A peut être activé, le Plan B, celui de l'option nucléaire, tombera.
 

Objectif suivant : 2050. La porte est ouverte à des réacteurs nucléaires de nouvelle génération

L'objectif de la Belgique reste la neutralité climatique à l'horizon 2050.  Le développement de l'hydrogène vert, par exemple, s'inscrira dans cette optique

Cependant, même si la sortie du nucléaire comme moyen de production d'électricité est inscrite dans la loi, le gouvernement d'Alexander De Croo ne ferme pas totalement la porte à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

"Nous prenons congé de vieux réacteurs, mais nous gardons un oeil sur le nucléaire du futur", a déclaré Alexander De Croo.  

Le gouvernement a ainsi  prévu d'investir 100 millions d'euros d'ici 2025, à concurrence de 25 millions d'euros par année. Cet argent sera consacré à la recherche sur le nucléaire du futur, en particulier sur la technologie des SMR, les Small Modular Reactor.  Il s'agit de plus petits réacteurs sur lesquels d'autres pays, dont la France, misent.  Des réacteurs "plus petits et plus sûrs", a estimé Alexander De Croo. Les recherches s'effectueront au niveau du CEN, le Centre d'étude nucléaire, basé à Mol. 

Le gouvernement entend "créer de l'espace dans notre pays pour de nouvelles technologies", dont les SMR. 

Par ailleurs, toujours en rapport avec le nucléaire, le gouvernement s'est penché sur le démantèlement des centrales actuelles et sur la gestion des déchets nucléaires. C'est le principe du "pollueur-payeur" qui doit être appliqué, a rappelé la ministre de l'Energie.  "Un nouveau cadre est établi pour faire en sorte que tous les moyens, 14 milliards d'euros, soient en Belgique en 2030, au plus tard", a précisé la ministre Tine Van der Straeten.

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