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Le portrait de la semaine: Conni, fashion designer éthique et durable

Le portrait de la semaine: Conni, fashion designer éthique et durable

S’il est relativement facile d’approvisionner son frigo en achetant des produits locaux, remplir sa garde-robe avec des vêtements made in Europe, voire in Belgium, l’est nettement moins. Entre des t-shirts fabriqués en Chine, au Bangladesh ou au Maroc ce n’est pas le choix qui manque. Mais comment savoir dans lequel de ces pays les conditions de travail sont-elles les plus acceptables, ou plutôt, les moins déplorables ?

Alléchées par des avantages fiscaux et une main d’œuvre bon marché, les grandes enseignes de l’industrie textile délocalisent leurs entreprises en masse vers des pays en développement. Chaque année, 80 milliards de sweatshirts, pantalons, vestes, etc. sont confectionnés à travers le monde. A elle seule, l’Asie représente 80% des exportations mondiales de textiles. Un chiffre saisissant qui se reflète directement sur les étiquettes de nos vêtements. Avant t’atterrir dans les rayons des magasins d’habillement, nos pulls et jeans sont produits en Asie, en Afrique ou en Europe de l’Est par des travailleurs maltraités, sous-payés et qui n’ont parfois même pas atteint la majorité.

Conni Kaminski, Valérie Berckmans & le made in Europe

Pour réaliser leurs lignes de prêt-à-porter 100% éthique, Conni Kaminski et Valérie Berckmans n’ont pas hésité à faire appel au savoir-faire de couturiers européens. Ces stylistes belges possèdent chacune un atelier-boutique à Bruxelles. Elles y vendent des créations uniques fabriquées en Europe et en Belgique. " Je travaille notamment avec des ouvrières françaises qui, après que leurs patrons aient liquidé l’entreprise, ont décidé de reprendre la société et de la transformer en coopérative. Aujourd’hui, leur atelier de confection tourne bien, mais il reste difficile pour elles de rester concurrentielles " nous raconte Valérie Berckmans.

A l’inverse de nombreux pays asiatiques, les travailleurs européens et, plus particulièrement, belges sont très protégés. Par-conséquent, engager du personnel en Europe coûte beaucoup plus cher que de recruter des ouvriers étrangers. " Ce serait beaucoup plus facile et rentable pour moi de dessiner mes vêtements et de les faire fabriquer en Inde. En effet, ce qui me revient le plus cher c’est la main-d’œuvre. En comparaison avec les boutiques qui vendent des vêtements aux mêmes prix que les miens, mais qui les font fabriquer à l’étranger, ma marge de bénéfice est minime ".

De toutes les matières, c’est l’textile bio que je préfère

Afin de rendre nos habits colorés, brillants et résistants, l’industrie textile n’hésite pas à utiliser des produits chimiques nocifs pour la santé. Ces substances hautement toxiques se diffusent dans l’air, polluent l’environnement et empoisonnent les ouvriers et consommateurs qui entrent en contact direct avec les vêtements. C’est pourquoi le choix des matières et les procédés de teinture et finition utilisés lors du traitement des tissus est primordial pour définir si un vêtement est éthique ou ne l’est pas. Exit le cuir, la fourrure, le polyester, … pour fabriquer de façon durable et responsable on évite les matières issues de l’agriculture intensive et on privilégie les matières organiques certifiées, les fibres recyclées ou les fibres synthétiques biodégradables.

Lors de la confection de ses tenues, Valérie Berckmans privilégie le coton bio. " Le lin et le chanvre sont des matières qui sont très écologiques et qui ont l’avantage de pousser dans nos régions. Cependant, j’ai une préférence pour le coton bio. Je me fournis en matières premières auprès d’une entreprise allemande très stricte et exigeante par-rapport aux tissus qu’elle commercialise. Sur place tout est vérifié. Par-exemple, l’usine contrôle si les teintures utilisés pour colorer les textiles ne contiennent pas de métaux lourds. " En collaborant avec des ateliers et entreprises implantées dans les pays limitrophes, la créatrice de mode valorise le savoir-faire européen et diminue la distance entre les lieux de fabrication et les points de vente. Résultat, elle réduit l’empreinte écologique de ses vêtements.

Autre caractéristique de la styliste : elle ne veut rien jeter. Avec les chutes de tissus qu’il lui reste, Valérie Berckmans confectionne des vêtements pour enfants, des badges ainsi que des inserts de langes lavables, des ronds démaquillants et des serviettes hygiéniques vendus par sa soeur dans SuperGreenMe un magasin bio que les deux femmes ont monté ensemble.

Les grandes marques passées au crible

H&M et Zara font partie de la longue liste des marques vestimentaires qui surfent sur la vague des textiles bio. Lignes de prêts-à-porter socialement et écologiquement soutenables, actions de recyclage des vieux vêtements, tenues fabriquées à partir de coton naturelle, … ces entreprises ne lésinent pas sur les moyens pour donner à leur marque une image durable et responsable. Et pendant ce temps-là, que font les ouvriers cambodgiens ? Ils s’activent à la tâche pour fabriquer des jeans en bouteilles recyclés. Ben voyons ….

Il est vrai qu’à vue d’œil, il est impossible (ou presque) de différencer un t-shirt fabriqué de manière responsable d’un t-shirt qui ne l’est pas. Des sites spécialisés dans l’analyse des impacts humain et écologique des fabricants de textile permettent d’y voir plus clair parmi l’offre infinie de tenues et accessoires commercialisés par les grandes enseignes. Rankabrand est un comparateur de marques qui note les entreprises en fonction de critères écologiques et équitables. Chaque article répertorié par le site reçoit une cotation entre A (maximum) et E (minimum) qui atteste de sa durabilité.

Pour sa part, Fair Wear, le label international pour les droits des travailleurs dans l’industrie textile collabore avec des marques vestimentaires. Les entreprises qui adhèrent à la Fair Wear Foundation s’engagent dans un processus vérifié et transparant d’amélioration des conditions de travail des manufacturiers. Figurent dans la liste belge des magasins affiliés à FWF, les boutiques Mayerline, JBC, Claudia Sträter, Fabrimode et Stanley and Stella.

Et si vous aimez la mode, que vous désirez adopter un comportement responsable, mais que vous ne voulez pas casser votre tirelire pour vous dégoter des vêtements et accessoires… pas d’inquiétude! Restent toujours les points de vente de seconde main, parfaite alternative entre les chaînes de magasins d’habillement et les ateliers-boutiques haut de gamme. L’offre y est très variée, les vêtements de bonne qualité (ils n’ont parfois jamais été portés) et les prix cassés.

Conni, fashion designer qui mise sur la qualité et le local

Alors, on change: s'habiller malin

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