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Belgique

Le point sur la situation de sécheresse en Wallonie : l'heure est à la vigilance

L'invité dans l'actu

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08 juil. 2022 à 08:18Temps de lecture3 min
Par Maud Wilquin sur base de l'Invité dans l'Actu de La Première

La spécialiste du Centre de crise de la Wallonie (CRC-W), Stéphanie Ernoux, était l'invitée La Première ce vendredi 8 juillet. Au menu : la situation de sécheresse en Wallonie et le rôle du Centre de crise.

Depuis 2017, le Centre de crise a activé ce que l'on appelle "la cellule sécheresse". Une cellule créée à la suite de vague de sécheresse successive. "La cellule se réalise systématiquement de mai à octobre parce qu’on est vraiment préoccupé par la récurrence de ces périodes de sécheresse. Et on est vraiment attentif, chacun dans son domaine d’expertise, à suivre des groupes de travail, des rapports et des analyses, même au niveau européen pour amener, au sein de la réunion, cette expertise et partager les conseils, les retours d’expérience, que ce soit dans le domaine agricole, le forestier, la pêche. Les distributeurs et opérateurs de l’eau aussi participent à énormément de réunions et de rapports d’expertise pour nous amener tous les éléments d’information qui nous permettent d’avoir une vue transversale sur cette sécheresse."

Pour l'experte, la mi-sécheresse de l'IRM indique pour l'instant une situation pour la Wallonie qui se rapproche d'un scénario sec. L'heure est donc à la vigilance. "On vient de l’entendre au bulletin météo, on annonce très peu de précipitations pour les dix jours à venir et donc on va certainement évoluer vers le très sec pour l’est de la province de Liège ainsi que pour la province de Namur, dans le sud de la province de Luxembourg."

Et ce temps sec, cette sécheresse, ont de multiples conséquences environnementales et financières. 

Ainsi par exemple, "il faut s’attendre malheureusement à ce que les tronçons commencent progressivement à fermer pour la circulation des kayaks. C’était déjà le cas depuis quelques semaines pour le Viroin. Pour une partie effectivement du tronçon de l’Ourthe, c’était déjà fermé en aval de Nisramont et ça va certainement être interdit du barrage de Barvaux jusqu’à Comblain-au-Pont et il y a une portion aussi du tronçon de la Semois qui va être fermé." Les nouvelles fermetures seront toutes notifiées sur le site kayak.environnement.wallonie.be qui signale effectivement chaque fois les tronçons qui sont progressivement fermés.

Les inondations favorables à la recharge des nappes phréatiques

La sécheresse influence également l'agriculture. Les faibles pluies et pluies orageuses que nous avons connues ces derniers jours ne compensent la sécheresse des sols qu'en surface. "Certaines plantes en plus vont chercher profondément l’eau. C’est le cas du froment, donc elles peuvent encore s’en sortir mieux que d’autres, comme la pomme de terre qui a un enracinement moins profond et plus de surface. Au niveau des nappes phréatique par contre, on est dans une situation relativement confortable parce qu’on a bénéficié d’une bonne recharge hivernale. Et il faut être clair, les inondations de juillet l’année dernière ont été favorables à la recharge des nappes phréatiques."

Eviter les incendies

La sécheresse peut également être un facteur de départ d'incendie. Bien qu'à ce stade, les risques de départ d'incendie restent assez faibles, rien n'empêche de respecter des règles de sécurité, confie sur la Première ce vendredi Stéphanie Ernoux. "Le printemps est dans les Hautes Fagnes une période délicate parce que la végétation est très peu développée. Donc, elle retient moins bien l’eau et le risque de départs d’incendies est alors plus élevé. Les consignes prévalent en tout temps de ne pas jeter de mégots, de ne pas laisser traîner des tessons de verre qui auront un effet de loupe. De ne pas évidemment faire des barbecues sauvages, mais dans les aires qui sont prévues à cet effet-là. Si vous voulez aller vous balader, veillez aussi à vous garer avec votre voiture sur les espaces qui sont prévus, des espaces de parking et ne pas vous garer sur les bas-côtés ou les hautes herbes. On oublie souvent, mais quand on a circulé et que le pot d’échappement est chaud et qu’on se gare sous des hautes herbes et que c’est en contact avec le bas de votre voiture, ça risque de déclencher un incendie. On en a connu les années précédentes. C’est un type de départ d’incendie auquel on ne pense pas souvent, mais qui est assez classique."

Contrôler les zones de baignade

Le Centre de crise de la Wallonie s'occupe également de la préservation et de la qualité de l'eau. Ainsi, des contrôles de qualité sont réalisés tous les quinze jours dans les 25 zones de baignades ouvertes sur le territoire depuis le 15 mai dernier. "Nous sommes très attentifs à la prolifération de ce qu’on appelle des cyanobactéries, qu’on appelle aussi les algues bleues. Et on est aussi attentif par rapport à des pluies orageuses, qui ont en fait un effet qu’on appelle de rinçage. Suite à des précipitations violentes, on a un rinçage dans les égouts et les canalisations, qui peuvent amener les matières qui peuvent amener l’eau de baignade à être de mauvaise qualité. Dans ces cas-là, on contrôle plus souvent."

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