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Le pianiste Sergei Redkin vagabonde chez les romantiques

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04 nov. 2022 à 02:00Temps de lecture1 min
Par Nicolas Blanmont

En 2021, Jonathan Fournel remportait une curieuse édition du Concours Reine Elisabeth, avec moitié moins de finalistes et surtout un public absent des salles où se produisaient les candidats. Ce huis clos a sans doute contribué aussi à occulter, plus encore que d’habitude, les autres lauréats, mais il serait injuste d’oublier Sergei Redkin, deuxième classé de cette cuvée mais à jamais premier dans le cœur de certains.

Le pianiste russe a la bonne idée de se rappeler à notre souvenir avec un disque éminemment personnel sous le titre de Vagabund, mot allemand choisi parce que, en russe, la Wanderer Fantasie de Schubert se traduit par un mot qui se réfère plus au vagabond sans abri qu’à l’errant. Il y a sur ce disque une alternance de Schumann (les Humoreske op. 20 et les trois Klavierstücke op. 111) et de Schubert (les transcriptions par Liszt des lieder Der Wanderer et Der Müller und der Bach, mais aussi et surtout, justement, la Wanderer Fantasie). C’est joué avec pudeur, couleur, force et ce qu’il faut de distance, et c’est accompagné d’un magnifique texte de pochette signé par le pianiste. Un texte écrit, explique-t-il, dans le train entre Luxembourg et Bruxelles (ce qui laisse du temps, on le sait), et qui parle des œuvres jouées mais aussi de son enfance, du fameux Concours et même du rôle d’un pianiste aujourd’hui : celui qu’il décrit comme " le fou du quartier qui se promène, les yeux écarquillés, en déblatérant sur l’amour et la mort, les dieux et les démons, et l’inévitable fin, celle d’être seul et ridicule. "

CD Fuga Libera/Outhere

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