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Monde Europe

Le petit village d’Happisburgh en Angleterre ne résiste pas à l’érosion

À cause du réchauffement climatique, ce village anglais se fait engloutir petit à petit par les grandes marées.
17 mars 2021 à 18:43Temps de lecture2 min
Par Philippine Wambersie

À Happisburgh, un petit village à l’est de l’Angleterre, les habitants sont forcés d’abandonner une partie de leur jardin, leur maison ou même un bout de leur village. En cause ? L’érosion. De gros blocs de falaise, des plages et même des routes sont emportés par l’océan. En 20 ans, 35 maisons ont été englouties.

Rob Hayward habite ce village depuis 24 ans. Une petite maison rouge au bord du littoral qu’il affectionne tout particulièrement. Depuis son arrivée, il a vu son quartier s’effondrer peu à peu. Et aujourd’hui, c’est sa maison qui risque de s’écrouler si la situation ne s’améliore pas. "Il ne reste plus que huit ou neuf mètres de terre entre ce coin de la maison et le précipice. Dans deux à trois mois, nous en serons à un point où il faudra détruire préventivement la maison. Nous sommes vraiment énervés."

La maison rouge, c’est celle de Rob. Après 42 ans, il vide sa maison quelques mois avant sa destruction.
La maison rouge, c’est celle de Rob. Après 42 ans, il vide sa maison quelques mois avant sa destruction. EVN

Partir est inévitable

Il y a 10 ans, les autorités ont proposé aux habitants de racheter les dernières maisons pour les détruire. Mais les indemnités du gouvernement, Rob n’en veut pas. "Avec ce qu’on nous proposait, on aurait jamais pu se racheter une maison comme celle-là, proche de la mer."

Le cas de Happisburgh n’est pas unique. En Grande Bretagne, l’érosion défigure les milliers de kilomètres de côtes anglaises. La situation est alarmante d’autant plus que 17 millions de Britanniques vivent près du littoral. Le gouvernement a débloqué des aides financières pour les villages les plus peuplés ou les plus touristiques…

Mais Happisburgh n’en fait pas partie. Alors, pour essayer de limiter l’érosion, les habitants financent eux-mêmes l’installation de barrières de pierres mais ça ne suffit pas. Même si Rob et les autres habitants du village veulent rester et sauver leur terre, le combat est perdu d’avance. Ils doivent partir.

Nicola Bayless constate les dégâts. La route s’est fait engloutir par la marée.
Sans aide du gouvernement, les habitants financent eux-mêmes une barrière de protection. Bien insuffisante…

La faute au réchauffement climatique

Si l’érosion est un phénomène naturel, le réchauffement climatique ne fait qu’empirer les choses selon les scientifiques. Avec les tempêtes et la montée des eaux, quatre mètres de terre sont emportés chaque année et la cadence s’accélère. À chaque marée haute, c’est le même scénario : l’eau emporte un peu plus la falaise sablonneuse.

Une autre habitante, Nicola Bayless ne peut que constater les dégâts. Montrant un poteau qui longe le bord de la mer, elle raconte qu'il y a "encore un sacré morceau qui est tombé. Ce poteau, on pouvait passer derrière il y a encore deux semaines je dirais."

Selon le comité du changement climatique britannique, si l’érosion continue à cette vitesse, 100.000 maisons risquent de s’effondrer d’ici 60 ans.