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Le péril kazakh

Le péril kazakh
11 janv. 2017 à 10:07 - mise à jour 11 janv. 2017 à 10:072 min
Par Philippe Walkowiak

C'est sans doute une première dans l'histoire pourtant déjà passablement agitée de la Chambre : les députés auront sur les bras trois commissions d'enquête parlementaire en sus de deux commissions spéciales.

N'en jetez plus, la coupe est pleine, comme l'on dit...

Encombrement

La petite dernière s’appelle : Commission d'enquête parlementaire chargée d'enquêter sur les circonstances ayant conduit à l'adoption et l'application de la loi du 14 avril 2011 portant des dispositions diverses, en ce qui concerne la transaction pénale (sic!).

Son intitulé alambiqué reflète bien l’embarras qu’il y a eu à l’installer.

Cette commission "Kazakhgate", autour du milliardaire belgo-kazakh Patok Chodiev et la manière dont celui-ci a pu échapper à une condamnation grâce à une loi taillée sur mesure en 2011 embarrassent.

Elle vient s'ajouter à la commission spéciale sur la fraude fiscale dite Panama Papers ou celle sur le terrorisme et les commissions d’enquête sur la faillite de la banque flamande Optima et celle sur les attentats du 22 mars.

Cette dernière travaille pour la plupart du temps à huis-clos. Une enquête judiciaire est toujours en cours.

Les commissions répondent généralement à un moment de tensions politiques, souvent entre majorité et opposition et cela devient souvent le moyen de faire retomber la pression avant de tenter d’aller au fond des choses. Loin des médias.

Danger kazakh

La Commission "Kazakhgate" a connu quelques hoquets avant de démarrer.

Elle est aussi intimement liée à ce qui est devenu en parallèle l'affaire De Decker, et du rôle trouble qu'a joué l'ancien ministre MR, ex-président du Sénat, avocat de circonstance du milliardaire Chodiev.

Le président de cette commission, le socialiste flamand Dirk Van der Maelen, l'a rappelé crûment : à chaque étape du dossier on retrouve un MR : Serge Kubla lors de la naturalisation express du milliardaire kazakh de Waterloo, Yves Leterme (alors Premier Ministre) et Carina Van Cauter (députée Open-VLD) pointe le rôle de Didier Reynders lors de la préparation de la loi en 2011 et bien entendu Armand De Decker en entremetteur à 740 000€.

Cela fait beaucoup mais le Mouvement Réformateur est resté relativement serein dans le flux continu de révélations. Serge Kubla et Armand De Decker ont leur carrière derrière eux et Didier Reynders aura beau jeu de dire qu’il était loin d’être seul dans une coalition en affaire courante avec CD&V, PS, CDH, etc.

Plus généralement, la commission pourrait révéler certaines pratiques dans les coulisses du pouvoir entre Justice et Politique, des arrangements scabreux dans une Belgique alors en déliquescence (le pays était alors au cœur des 541 jours sans "vrai" gouvernement) qui pourrait assez vite s’apparenter à une affaire d’état ou à un royaume bananier…

@PhWalkowiak

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