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Le "Partygate" pourrait saper les mesures sanitaires annoncées par Boris Johnson

Le "Partygate" pourrait saper les mesures sanitaires annoncées par Boris Johnson
09 déc. 2021 à 16:06 - mise à jour 09 déc. 2021 à 16:412 min
Par Daphné Van Ossel avec agences

Appelez-le “Partygate”, l’affaire de la fête. C’est le nouveau scandale dans lequel Boris Johnson est empêtré, alors qu’il vient d’annoncer de nouvelles restrictions liées au Covid-19.

Rien à voir avec le bébé (le septième “au moins” selon la presse britannique) auquel sa femme vient de donner naissance ce jeudi. Les tabloïds font évidemment leurs choux gras de cette annonce, mais la nouvelle risque de ne pas suffire à couvrir le concert de critiques dont Bojo fait l’objet.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Un exemple parmi d’autres : le Sun titrait ce jeudi matin : “Do as I say… Not as I Christmas Do”. “Faites ce que je dis pas ce que je fais”, le “Christmas” renvoyant à la fête de Noël, rassemblant une quarantaine de personnes, qui se serait tenue l’année passée au 10 Downing street (résidence du Premier ministre), en dépit des restrictions sanitaires, alors que toute la population se retenait de voir ses proches. 

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Une enquête interne

Une vidéo, diffusée par la chaîne ITV après les premières révélations, montre son ancienne attachée de presse, Allegra Stratton, se préparant, avec l’aide de ses collaborateurs, à répondre à des journalistes qui poseraient des questions sur une fête de Noël.

L’un de ses collègues lui demande : “J’ai vu des tweets selon lesquels il y a eu une fête de Noël vendredi soir, vous reconnaissez ces informations ?” Allegra Stratton répond en rigolant : “Je suis rentrée à la maison.” On les voit ensuite, toujours en plaisantant, chercher d’autres réponses possibles : “Cette fête imaginaire était en fait une réunion d’affaires.” “Et il n’y avait pas de distanciation sociale” complète-t-elle.

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L’attachée de presse a démissionné, le Premier ministre, qui a nié l’existence de cette fête, tout en affirmant qu'aucune règle n'avait été enfreinte, a fini par annoncer une enquête interne.

Un parcours pavé de mensonges

Mais le problème c’est que les Britanniques ont du mal à croire leur chef d’Etat. “Le parcours professionnel de Boris Johnson est pavé de mensonges” écrit le Guardian dans un édito cinglant, rappelant la liste de ses bobards. “Toute personne qui a suivi les relations dysfonctionnelles du Premier ministre avec la vérité ne peut le croire lorsqu’il nie avoir eu connaissance d’une fête de Noël à Downing Street le 18 décembre 2020”, poursuit le quotidien.

Or, en ces temps de pandémie, la confiance dans les autorités est primordiale. Boris Johnson vient de lancer (mercredi soir) son “Plan B” pour faire face au variant Omicron, qui se répand rapidement dans le pays : retour au télétravail, introduction du pass sanitaire dans certains lieux, port obligatoire du masque élargi.

Noël avant l’heure

Selon des experts cités par le Guardian, le “partygate” risque de mettre à mal cette stratégie, de saper les efforts visant à contrôler la pandémie. "L’une des choses qui m’inquiètent dans les reportages sur les violations des règles du No 10, dit l’un d’entre eux, c’est qu’ils pourraient nuire aux comportements de conformité du public, alors qu’ils sont plus importants que jamais…

Les experts citent en exemple les effets délétères observés à la suite d’un autre scandale : le voyage effectué en mars 2020 par Dominic Cummings, ancien conseiller de Boris Johnson, à 400 km de chez lui alors que le gouvernement imposait de ne sortir que pour des besoins essentiels.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais”, on y revient. Sans compter que, selon le Daily Mirror, l’enquête annoncée par Boris Johnson a été élargie à 3 fêtes de Noël présumées. Pluie de cadeaux aux 10, c’est Noël avant l’heure.

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