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Le Parlement des Serbes de Bosnie fait un pas vers le séparatisme

Milorad Dodik
10 déc. 2021 à 20:401 min
Par Belga

Réuni dans la ville septentrionale de Banja Luka, chef-lieu de la Republika Srpska (RS), le Parlement de l'entité serbe de Bosnie a donné au gouvernement un délai de six mois pour organiser ce départ de trois institutions cruciales de l'État central: l'armée, la justice et les impôts.

"La Bosnie va dans une direction que nous n'avions pas convenue en signant l'accord de paix de Dayton", qui avait mis fin à la guerre intercommunautaire en 1995, a lancé le leader politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik. "C'est le moment de la conquête de la liberté pour la Republika Srpska".

L'homme politique de 62 ans, membre serbe de la présidence collégiale bosnienne, martèle que le pays qu'il co-dirige est "impossible". Il brandit depuis des années la menace de sécession mais semble cette fois-ci décidé à faire des pas dans cette direction.


►►► À lire aussi : Serbie : la tension monte avec le Kosovo, le niveau d’alerte est relevé à la frontière


 

L'accord de Dayton a mis fin au conflit qui avait fait 100.000 morts mais consacré la division de la Bosnie en deux entités, la RS et une entité croato-musulmane, tout en instituant un millefeuille administratif censé prévenir des violences interethniques.

Dans les années qui ont suivi, un faible État central s'est doté d'institutions communes, sous la pression des puissances occidentales.

Jadis un modéré protégé des Occidentaux, aujourd'hui un nationaliste soutenu par la Russie, il accuse les premiers d'avoir au fil des années affaibli la RS en renforçant l'État central par des réformes imposées.

Après huit heures de débats, les députés ont adopté le texte proposé par 49 voix pour et trois contre. 

 S'il a réussi par le passé à rassembler toutes les forces politiques en RS, Milorad Dodik n'a pas fait l'unanimité cette fois.

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