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Le nouveau guide pratique des noms des voies publiques sort ce mercredi : pour éviter de refaire l’erreur du "Quai Staline" de Tournai

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Nouveau guide des noms de voies publiques en Belgique francophone

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Rue de la Belle au Bois Dormant, rue du Nom de Jésus, rue des Pendus. Comme les prénoms, les noms de rue ne sont parfois pas faciles à porter. Ils peuvent en tout cas susciter la polémique. Ce mercredi, le nouveau guide pratique des noms des voies publiques en Belgique francophone est publié. Comment bien choisir les noms des voies publiques ? Florian Mariage, membre de la Commission royale de toponymie et dialectologie, coordinateur de ce projet, rappelait dans Matin Première qu’autrefois, c’étaient les habitants qui se chargeaient de nommer leur rue : "au début, l’attribution des noms de rues répond à des fonctions pratiques pour les habitants. Ils vont se référer par exemple à des métiers, à un bâtiment pour choisir ce nom. Et puis finalement, c’est assez récemment, à partir du XIXᵉ et surtout du XXᵉ siècle que les autorités publiques vont vraiment attribuer des noms de rues et leur donner une fonction supplémentaire, symbolique et culturelle, parce qu’il y avait des besoins croissants en matière d’adressage. Et cette pratique d’attribution par les autorités publiques a encore cours aujourd’hui et c’est pour ça que c’est intéressant effectivement de respecter une série de règles. Les autorités elles-mêmes ont édicté toute une série de règlements pour veiller à ce que les choses se fassent correctement".

Il y a d’abord une fonction pratique de localiser une maison, mais également une fonction supplémentaire qui est de plus en plus importante, "de patrimoine culturel immatériel, au même titre que la langue, que des événements folkloriques par exemple. Et donc, à ce titre, il y a un enjeu de transmission du patrimoine que l’on reçoit et que l’on va transmettre aux générations futures. Et c’est vrai que les noms de rue racontent l’histoire d’une localité, raconte ses caractéristiques, son paysage, ses fonctions anciennes. Et donc, quand on attribue de nouveaux noms de rues aujourd’hui, on va se poser la question : est-ce que ces choix de noms ont vraiment perduré ? Est-ce que la valeur qu’on va leur attribuer sera encore celle que les habitants dans son temps vont leur donner ? Il y a vraiment une responsabilité par rapport à ces attributions qui est importante".

"On recommande quand même d’avoir un certain recul par rapport à l’Histoire et d’avoir un certain délai, par exemple de 20 ans, pour pouvoir être sûr qu’effectivement, dans un temps, on se rende compte que l’histoire de cette personne, les valeurs que l’on associe à cette personne méritent d’être rappelées. Il y a toujours besoin d’avoir un peu de recul par rapport à ces attributions pour ne pas faire les mauvais choix. Des mauvais choix ont été faits notamment à Tournai après la guerre, après la Libération où on a attribué le nom d’un quai de l’Escaut, quai Staline, dans un contexte de libération. Et puis quand on s’est rendu compte de toutes les atrocités qui avaient été commises, on a dû changer ce nom en quai Sakharov. Et ça, finalement c’est l’héritage, l’apprentissage de la connaissance de l’histoire qui nous a permis d’avoir ce recul-là, mais dans un contexte émotionnel, c’est vrai que parfois on fait des choix qui sont malheureux".

 

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