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Coronavirus

Le nombre de contaminations au Covid a triplé après le Doudou et le Graspop : l’été est-il une vraiment une saison "sûre" pour le Covid ?

Comme dans d’autres pays européens, le nombre de contaminations au Covid-19 est en train de remonter en Belgique avec l’émergence de la mutation BA.5 du variant Omicron. Et les hospitalisations semblent suivre la même tendance, même si, il faut le souligner, la tendance reste par contre peu perceptible en soins intensifs : 72 lits actuellement occupés par des patients Covid, c’est le niveau le plus bas observé depuis l’été 2020.

En Flandre, une inquiétude semble pourtant poindre après le festival Graspop 2022 : selon les médias néerlandophones, de nombreux témoins rapportent avoir été probablement contaminés lors de cet événement. Même si les visiteurs venaient d’un cercle bien plus large, on peut noter en effet une hausse soudaine des cas dans le petit village de Dessel (+345% et une incidence de plus de 500 cas/100.000 habitants).

Même constatation après la ducasse de Mons, qui a attiré la toute grande foule du 8 au 19 juin : 625 cas en deux semaines, c’est une augmentation de 250%, soit des contaminations qui ont plus que triplé en deux semaines de temps.

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Alors, faut-il remettre en question les discours rassurants selon lesquels la pandémie se développe peu en été avec le retour des événements de masse et surtout l’abandon des mesures de prévention ? Surtout avec un variant Omicron qu’on dit plus transmissible et des mutations qui le rendent moins détectable ?

Plus transmissible, vraiment ?

Selon l’épidémiologiste de l’ULB Simon Dellicour, il est très difficile de déterminer si Omicron, version BA.5 est réellement plus transmissible ou s’il est simplement moins bien reconnu par notre système immunitaire : "La raison principale pour laquelle les contaminations augmentent en ce moment avec BA.5, c’est probablement l’échappement immunitaire que lui procurent certaines de ses mutations".

C’est-à-dire que ses mutations font qu’il est moins reconnu par notre système immunitaire dans un premier temps, même si on a déjà été infecté et/ou que l’on est vacciné. Mais certains experts pensent aussi que certaines mutations d’Omicron en général et de BA.5 en particulier pourraient favoriser aussi la transmission au niveau du mécanisme de fixation et d’entrée du virus dans nos cellules. "C’est difficile de se prononcer à ce stade, on est seulement en train d’étudier le comportement de BA.5", tempère Simon Dellicour.

La question qui se pose dès lors, c’est : est-ce que l’évolution de la pandémie observée en 2020 et 2021 sera identique avec une population certes mieux immunisée, mais des événements de masse qui reprennent pour la première fois, et un virus potentiellement plus transmissible ?

Une gestion du risque

Tous les experts le reconnaissent : il est une bonne chose que ces événements de masse se déroulent en été, cela diminue le risque de transmission. Cela le diminue, mais ça ne l’annule pas : "Il est évident que si vous avez 30.000, 60.000 personnes rassemblées en un même lieu, vous multipliez les risques qu’il y ait une personne infectée qui puisse en contaminer d’autres".

Le risque de transmission par aérosol est faible, mais le risque de transmission directe reste en effet présent : avec des personnes qui sont à moins d’1 mètre les unes des autres de façon prolongée, qui se parlent, qui crient, la possibilité que des gouttelettes contenant du virus est loin d’être négligeable. Multipliée par le nombre de personnes présentes, le risque d’un "foyer" reste important. "Avec un tel nombre de personnes, le risque de transmissions est fortement probable" reconnaît l’infectiologue Yves Van Laethem.

Mais des foyers isolés ne conduisent pas nécessairement à une vague.

La propagation exponentielle

Pour connaître une vague qui arrive à un point que cela complique la vie de nos hôpitaux, il faut deux choses : un nombre de contaminations plus important, on y arrive, mais aussi, une propagation exponentielle.

Autrement dit, les festivals et autres gros rassemblements, même en extérieur, peuvent constituer ce qu’on a appelé des "clusters", des foyers importants.

Mais la grosse différence avec d’autres périodes de l’année, c’est que ces contaminés, en nombre plus important, ne vont pas nécessairement chacun contaminer plus de personnes. Justement parce qu’une partie des contacts sociaux se fait en extérieur, à une distance telle que la contamination aérosol est inexistante, que l’aération est beaucoup plus importante, et que les contacts prolongés dans des locaux non ventilés sont moins nombreux.

Les personnes vulnérables

Une grosse vague telle que celles qu’on a connues au printemps 2020 et à l’automne 2020 et 2021 semble peu probable cet été. Cette hausse des contaminations et ces foyers liés aux gros événements doivent cependant inciter à la prudence selon Yves Van Laethem : "On ne va pas l’imposer mais on peut se poser la question du port du masque. Ces événements sont surtout fréquentés par des jeunes en bonne santé, qui ne courent pas un risque important. Le danger, c’est s’ils vont voir papy ou mamy dans les jours qui suivent. On recommandera donc une certaine prudence, de porter le masque dans les jours suivant ces événements, et surtout si on a des symptômes de se tester, et déviter des contacts avec des personnes fragiles".

Les autorités recommandent aussi d’effectuer sa dose de rappel si ce n’est pas encore fait, rappelle Yves Van Laethem.

Car l’immunologue Michel Goldman nous le rappelait, la vaccination classique ne suffit plus, avec OMicron BA.5 à protéger les personnes les plus vulnérables : il encourage celles-ci à aller chercher une deuxième dose de rappel, et à être très vigilant pour les personnes immuno-déprimées, dont le système immunitaire réagit insuffisamment : pour elles, des traitements précoces existent.

Le Covid continue en effet à tuer plus de 4 personnes par jour.

 

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