Environnement

Le monstre du Loch Ness : la science démêle l'énigme d'un monstre marin préhistorique

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11 août 2020 à 14:00Temps de lecture2 min
Par Chloé Rosier

Le Tanystropheus avait été découvert en 1852 mais il avait fallu attendre 1973 pour que le squelette soit reconstitué.

Le mystère a déjà été en partie résolu depuis longtemps puisque les paléontologues savent que cette espèce étrange vivait il y a environ 242 millions d’années dans le bassin du Monte San Giorgio en Suisse. De plus, grâce à la reconstitution du squelette, on sait que ce "monstre" mesurait 6 mètres et avait un cou vraiment long puisqu'il faisait la moitié de sa longueur totale (donc 3 mètres).

Deux petites informations qui laisse cependant le mystère entier. Après de nombreuses années de recherches et l'aide de nouvelles technologies, voici enfin des réponses, relayées par CNN.

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Grâce aux nouvelles technologies, comme la tomodensitométrie (CT), les scientifiques ont pu reconstruire numériquement les crânes écrasés des fossiles. Une grande aide pour comprendre dans quel milieu cet animal se déplaçait. Sans grande surprise, il vivait dans l’eau. En effet, vu le poids de son cou en comparaison avec son corps, il aurait été très surprenant qu'il puisse se déplacer sur terre.

"Pour ceux qui s’intéressent aux reptiles du Trias, cela a toujours été non seulement un fossile emblématique, mais aussi un sujet de controverse et de discussion", a déclaré Olivier Rieppel, paléontologue au Field Museum de Chicago et l’un des auteurs de l’étude. "J’étudie le Tanystropheus depuis plus de 30 ans, c’est donc extrêmement satisfaisant de voir ces créatures démystifiées."

Un animal aquatique qui ressemblerait au montre du Loch Ness

Grâce à la reconstitution du crâne et à l'observation de l'anatomie du Tanystropheus, il est clair que cet animal était aquatique, le placement des narines ne fait aucun doute. De plus, son long cou était probablement un atout de prédateur et il l'utilisait pour s'élancer sur ses proies.

"Ce long cou n’était pas très flexible, il ne contenait que 13 vertèbres et il y avait des côtes qui limitaient encore plus sa mobilité", a expliqué Rieppel. "Mais notre étude montre que cette étrange anatomie était beaucoup plus adaptative et polyvalente que ce que nous pensions auparavant."

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Un deuxième mystère résolu

Le mystère ne s'arrêtait pas à savoir où il vivait mais également à comprendre pourquoi les archéologues avaient retrouvés deux squelettes de taille très différentes dans la même région.

Logiquement, une des théories était que les plus petits fossiles seraient la version bébé du Tanystropheus adulte. En effet, les petits squelette sont très similaires aux grands mais mesuraient seulement 1m20 comparé aux 6 mètres de la taille 'adulte'.

Après avoir examiné les anneaux de croissance dans les coupes transversales des os, les scientifiques ont été étonné de voir qu’il s’agissait en fait de deux espèces différentes.

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"Les petits individus sont également pleinement développés, et c’est surprenant", a déclaré le co-auteur Torsten Scheyer, chercheur associé à l’Université de Zurich.

Il existait donc deux espèces distinctes de reptiles à long cou dans la même zone. Surprenant! Comment faisaient-ils pour se partager le territoire et les terrains de chasse? Une des théories serait qu'ils avaient des techniques de chasse différentes qui n'empietaient pas l'une sur l'autre. Une théorie prouvée en partie par les dents des deux espèces qui sont très différentes et témoignent de régimes ou de techniques de chasse éloignés.

"Les ressources alimentaires dans un écosystème sont limitées et les animaux qui se ressemblent développent souvent des stratégies différentes… C’est ce qu’on appelle le partage de niche", a déclaré Scheyer à CNN. "Donc, ils partageaient le même habitat, mais ne se gênaient pas trop."

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