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"Le monde du football est une bulle spéculative qui va éclater"

Jean-Michel De Waele dans le studio de Matin Première

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08 juin 2012 à 06:44 - mise à jour 08 juin 2012 à 06:56Temps de lecture2 min
Par Julie Calleeuw

Plusieurs hommes politiques européens, notamment Didier Reynders, ne se rendront pas en Ukraine pour assister à des matches de l’Euro2012 pour protester contre le sort réservé par le pouvoir à l’opposante Ioulia Timochenko. Une réaction hypocrite, selon Jean-Michel De Waele. "L’opposition ukrainienne ne demande pas le boycott et la diplomatie polonaise non plus. Je trouve que le boycott en dernière minute comme ça est un peu hypocrite. Si on voulait vraiment boycotter l’Ukraine, on n’aurait pas envoyé nos équipes de football. Ne pas envoyer nos ministres voir une finale, mon dieu, les dirigeants ukrainiens vont trembler… (…) Moi j’aurais préféré qu’ils aillent dans le pays et qu’ils prennent des positions à la télé, à la radio…"

Pour lui, c’est sûr que la situation se dégrade en Ukraine, mais là encore il dénonce l’hypocrisie des dirigeants européens. "Il y a de plus en plus d’autoritarisme, le régime se referme. Mais Mme Merkel n’a pas l’air de tenir le même discours envers la Russie, mais évidemment c’est un pays plus riche dont on a besoin…"

D’hypocrisie, il en est encore question en parlant du monde sportif. Michel Platini a affirmé que la Pologne et l’Ukraine avaient fait un saut dans la modernité grâce à l’Euro. Risible, selon le professeur. "Quand Michel Platini dit que la Pologne et l’Ukraine ont fait un bond de 30 ans grâce à l’euro, c’est évidemment tout à fait risible. La Pologne est un pays qui se développe bien, un des rares qui ne connait pas la crise financière. Quant à l’Ukraine, son retard de développement reste important, c’est une économie qui reste gangrenée par les oligarques et la corruption".

Il dénonce la schizophrénie des dirigeants sportifs. "Dire qu’il faut aller à l’est, demander l’aide des pouvoirs publics et puis dès qu’il y a un problème politique, dire qu’ils sont apolitiques. On fait de la politique quand ça vous arrange mais dès qu’il y a un problème ou dès qu’il faudrait prendre ses responsabilités, on se replie vers les valeurs éthiques du sport".

Pour Jean-Michel De Waele, si le monde du football semble épargné par la crise, ce n’est qu’une illusion. "Le monde du football connait la crise, c’est une bulle spéculative qui va éclater. La plupart des clubs espagnols sont en faillite. C’est étonnant de voir l’endettement des clubs qu’on laisse, avec des salaires mirifiques pour les joueurs, alors que l’Espagne doit rembourser sa dette…"

J.C.

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