Politique

Le ministre Henry sous protection policière après avoir reçu des menaces : "Je ne vis pas bien d’être menacé par rapport à des décisions à prendre"

27 juil. 2022 à 16:08 - mise à jour 27 juil. 2022 à 16:32Temps de lecture2 min
Par Jean-François Noulet, avec une interview de Rudy Hermans

Sous protection policière depuis quelques jours après avoir reçu des menaces, le ministre Philippe Henry (Ecolo), vice-président du gouvernement wallon et ministre du Climat, des Infrastructures, de l’Énergie et de la Mobilité au sein du gouvernement, a accordé une interview à la RTBF. Les menaces qu’il a reçues ont été jugées inquiétantes par la police qui a enclenché la procédure pour que des mesures de protection soient prises. "C’est clair que ce n’est pas agréable d’être menacé", "ce sont des menaces inadmissibles qui font craindre un passage à l’acte ou une agression d’une manière ou d’une autre", a expliqué le ministre. Le ministre n’en a pas dit plus sur le contenu des menaces, mais elles sont liées aux dossiers politiques sur lequel il travaille au niveau wallon. "La démocratie ne peut pas se laisser dicter des comportements par des personnes qui seraient menaçantes, qui ne respecteraient pas les règles du débat démocratique", a ajouté le ministre Henry.

Des menaces liées à l’action du ministre au sein du gouvernement wallon

"Des menaces clairement très agressives envers ma personne". C’est par ces mots que le ministre Philippe Henry qualifie les menaces qu’il a reçues dernièrement et qui lui valent aujourd’hui d’être placé sous protection policière. "Ils ont considéré qu’il fallait prendre des mesures", a ajouté Philippe Henry.

Les hommes et femmes politiques sont habitués aux critiques, aux messages de contestation et à une certaine forme d’agressivité, notamment sur les réseaux sociaux. "Ici, ce sont des menaces inadmissibles qui font craindre un passage à l’acte ou, en tout cas, une agression d’une manière ou d’une autre", a expliqué le ministre.

Pourquoi ces menaces ont-elles été adressées au ministre ? Philippe Henry est resté vague. "Malheureusement, la police ne souhaite pas exprimer en détail", a-t-il confié à la RTBF. Toutefois, "cela vise des décisions régionales, des mesures que nous devons prendre", a-t-il ajouté, faisant allusion à "une situation où il y a pas mal de mesures, de réformes à mener", "une période de crise à différents niveaux, une période de transition énergétique, climatique, sociale, etc". "Cela peut évidemment bousculer les uns et les autres", a ajouté Philippe Henry.

"Ce n’est pas comme ça que je vois l’action politique et le débat démocratique"

Cependant, si les politiques qui doivent être menées prochainement au niveau wallon peuvent "susciter des oppositions et des réactions", "il n’est pas question non plus de se laisser empêcher de travailler", a estimé le ministre. "C’est clair que ce n’est pas agréable d’être menacé", a ajouté le ministre. "Ce n’est pas agréable d’être entravé dans sa liberté de déplacement et de fonctionnement", a-t-il poursuivi. "Il n’est pas admissible que certaines personnes, sur base de menaces, empêchent le fonctionnement démocratique et l’exercice des fonctions publiques", a estimé le ministre Henry. "Je ne le vis pas bien, ce n’est pas comme ça que je vois l’action politique et le débat démocratique", a fait remarquer le ministre.

Le ministre a appelé à ce qu’on retrouve "une forme de sérénité dans le débat public", constatant "un délitement du débat public". "C’est une grande menace pour la démocratie parce qu’on doit pouvoir avoir des débats, s’exprimer, défendre des idées et assumer des décisions", a estimé Philippe Henry.

"La démocratie ne peut pas se laisser dicter des comportements par des personnes qui seraient menaçantes, qui ne respectent pas les règles du débat démocratique", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les conséquences que les menaces reçues pourraient avoir sur son action politique, "ce serait un échec grave si on quittait la politique pour cette raison-là", a répondu le ministre.

Sur le même sujet

Le ministre Henry sous protection policière : qui décide ? Comment et pourquoi ?

Belgique

Le ministre wallon Philippe Henry placé sous protection policière

Belgique

Articles recommandés pour vous